Mandragora @ Garorock Festival – © Oceb / Valliue

Courant juillet, nous avons discuté de longues minutes avec Mandragora aux Halles de la Transition. De ses belles dates prévues pour la rentrée à un potentiel changement de style musical, en passant par ses relations avec son public… Découvrez les propos du producteur mexicain ci-dessous :

(english below)

Salut ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Salut, je m’appelle DJ Mandragora, je viens du Mexique et je fais de la bonne musique !

Tu nous prépares un nouveau live pour la rentrée de Regarts, au Bikini le 15 septembre. À quoi doit-on s’attendre ?
C’est déjà prêt ! Qu’est-ce qu’on peut attendre de ce show ? C’est une très bonne question d’un point de vue marketing mais si je vous le dis, alors où est le mystère ? Où est la magie ? Il faudra être là pour voir. Peut-être que tu vas aimer, peut-être que tu seras déçu… Mais je ne vous le dirais pas. Si je vous le dévoile, ce n’est pas marrant ! (ndlr : billets ICI)

Qu’en est-il de ton show prévu à l’Olympia de Paris à la fin septembre ?
J’ai une grosse responsabilité. Il y a 3000 places à vendre. L’Olympia est un lieu légendaire. Les Beatles ont joué là donc je dois faire un bon boulot. Donc aidez-moi. Partagez tous les posts que je fais sur Instagram, partagez-les avec vos cousins, avec tout le monde parce que je dois vendre 3000 putains de tickets. Et on va avoir une jolie fête, et il y aura un after après ça, c’est Paris bébé ! (ndlr : event ICI)

On t’a vu jouer un super DJ Set au Garorock début juillet ! Tu as joué notamment de vieux classiques comme Codéine ou Carousel. Prends-tu autant de plaisir à les jouer plusieurs années après ? Ou c’est nécessaire pour ne pas perdre ton public ?
Les deux ! A chaque fois que je joue ces tracks, je prends plus de plaisir parce qu’à chaque fois je vois que ça fonctionne, comme pour Codéine. Quand j’arrive à Garorock, j’étais en mode : “Ok, je n’ai jamais joué Codéine avec autant de cris”. Tu peux avoir un verre de vin chez toi mais aussi le boire en regardant le coucher de soleil, ou à la piscine et c’est une expérience différente à chaque fois.
Jouer ce son dans un petit club ou dans un énorme festival où je n’ai encore jamais joué est toujours une expérience nouvelle et bien sûr que si je suis un fan d’un artiste que j’ai suivi toute ma vie, je m’attends à ce qu’il joue certains classiques. Donc je pense que c’est nécessaire mais si tu ne le sens pas, ne joue pas ces classiques. Moi tu sais quoi, je les aime toujours beaucoup !

À la fin de ta prestation, tu t’es assis aux devants de la scène pour profiter de la foule. Ensuite, tu es allé voir la première ligne afin de les prendre dans tes bras et taper dans leurs mains. Quelle est ta relation avec ton public ?
Et bien dans ce genre de gros show et aussi dans les plus petits, je pense que c’est une véritable relation quand tu es sur scène qui s’établit avec ton public. On travaille tous ensemble. C’est à dire que si je viens et que j’apporte beaucoup d’énergie et que tout le monde dans la foule a passé une mauvaise journée, et qu’ils n’ont pas une bonne énergie, peut-être que la fête ne va pas être mémorable. Mais parfois, c’est moi qui n’arrive pas avec la meilleure énergie et c’est le public qui a une énergie folle. Dans ce cas, ils me redonnent de la force et parfois, quand on arrive avec mon équipe avec une énergie en or, on leur apporte cette dernière. C’est comme un transfert d’énergie à énergie, ça va dans les deux sens. Donc comme tout, tu les remercies, c’est de la gentillesse.

Natif du Mexique, tu es une superstar internationale en Amérique du Sud. Te considères-tu comme un porte-parole de la scène culturelle mexicaine ?
Non, je pense que je suis un artiste avec de la notoriété originaire du Mexique mais je ne pense pas être un porte-parole de la scène culturelle mexicaine. La culture mexicaine est très variée et en tant que Mexicain, je peux te dire que je suis très ignorant vis à vis de cette dernière. Je souhaiterais la représenter d’une meilleure façon. Donc je ne peux pas affirmer ça. Cependant, je peux dire que j’apprécie vraiment tous mes fans mexicains, c’est grâce à eux qu’ils ont fait de moi l’artiste mexicain de musiques électroniques le plus joué du pays. Cela ne veut pas dire que je suis le meilleur, ce ne sont que des chiffres, que de la quantité mais cela veut surtout dire que beaucoup de gens écoutent ma musique et j’en suis reconnaissant.

Nous t’avons interviewé à Elektric Park en 2019. 4 ans après, l’article fait encore plusieurs centaines de lectures tous les mois. Est-ce dû à peu d’interventions médiatiques ?
Non, je pense qu’en fait quand tu regardes mes interviews ou que tu lis mon contenu, tu as quelques petites pépites à droite à gauche à récupérer pour toi. Mais la plupart des artistes qui se font interviewer c’est comme si on avait regardé la recette de ces dernières et qu’on se disait : “Si je ne fais pas exactement comme les autres, les gens vont me trouver bizarre”. Mais non, on s’exprime juste et je pense que les gens peuvent comprendre parce que peut être que je vais dire quelque chose ou que je vais jouer un son et que les gens vont le détester mais peut être que cinq personnes vont être en mode : “Ok, il a joué ça ? C’est pas possible !” Et qu’ils vont l’enregistrer et parler de ça et tout ce que j’en pense c’est : tu me donnes une manière de m’exprimer et certaines personnes veulent savoir ce que j’en pense et je ne sais pas pourquoi.

Lors de cette interview, tu définissais la musique psytrance comme un courant musical populaire, comme “le nouveau rock”, penses-tu que ce type de musique électronique a atteint son pic de popularité ou au contraire cette scène se renouvelle-t-elle encore aujourd’hui ?
Dans la scène psytrance, quand je disais que c’était le nouveau rock, je pèse toujours mes mots aujourd’hui encore car, je ne vais pas sortir des noms mais si tu cherches qui joue de la psytrance maintenant, c’est un autre niveau. Même les artistes de la première heure n’arrivent pas à la cheville de la notoriété des artistes jouant de la psytrance actuellement. Donc ce que je peux dire c’est que la psytrance est un genre de musique à part entière, comme la techno, comme la house, comme la drum and bass. Si tu as des artistes qui se donnent corps et âme dans le fait de produire des bonnes tracks et que ces dernières sont bien mises en avant et sont traitées avec respect, je suis quasiment certain que tout cet art peut atteindre beaucoup de personnes qui peuvent aimer. Je pense donc que la psytrance n’a pas atteint son pic de popularité. Nous en sommes encore au stade de l’appropriation du style car tu as genre une ou deux superstars. Tu m’as considéré comme une superstar, je n’en suis pas une. J’ai quoi, 900 000 écoutes sur Spotify, regarde David Guetta, lui c’est une superstar. À partir du moment où David Guetta joue cinq tracks psytrance, là tu pourras dire que c’est mainstream. Mais actuellement, on a un seul DJ avec plus d’1 million de followers sur Instagram. Donc oui, je pense que nous en sommes qu’au début de l’appropriation de ce style auprès du marché de masse.

Dans tes lives ou dans plusieurs de tes productions, tu utilises souvent des échantillons vocaux distinctifs provenant parfois de la pop culture. Est-ce pour toi une technique pour séduire (ou embarquer) un public moins connaisseur de cette musique ?
Au Japon, et même ici en France, quand tu vois des panneaux avec écrit “attention” ou “sol mouillée” ces trucs du genre, ils mettent des petites animations. Donc quand tu mets un chat qui a l’air d’être un policier sur un truc de police, au Japon, nous psychologiquement, on va suivre peut être plus facilement les règles en communiquant de cette manière. Donc bien entendu, quand j’utilise le sample d’Harry Potter je comprends l’impact culturel derrière mais ce n’est pas la raison principale pour laquelle j’ai inséré ce sample. C’est parce que cela dit “Mandragora”. Si tu cherches ce qu’est exactement une Mandragore, tu te rends compte que ce qu’ils énoncent dans Harry Potter n’est pas de l’improvisation : cela a du sens. Ce n’est pas seulement un film pour enfants. Donc c’est de la pop culture. Je suis de la pop culture, vous, avec votre site internet, êtes de la pop culture et au final tout n’est qu’un remix.
Si t’appelles ce son “Codéine” et que tu rajoutes ce sample la première chose que t’entends c’est “Bonjour à tous”, dans la première seconde, comme pour accueillir. Comme ça, c’est difficile de ne pas se souvenir du son. Cette partie avec Harry Potter n’était pas intentionnelle. C’était juste histoire de dire : “mettons un truc sur les mandragores, pour que ça sonne comme un son de Mandragora”. Et les gens l’appellent Mandragora, alors que ça s’appelle Codéine mec !

Raconte-nous un peu ton process créatif derrière tes tracks ? Commences-tu par un élément en particulier (intro, break, drop, voix) ou tu construis la plupart de tes tracks au feeling ?
Je fais de la pop. Donc la structure de la musique pop est très simple. Quand je dis faire de la pop, c’est pour me simplifier la vie. Je n’essaie pas d’être super exotique sur la structure ou la construction du track. Je sais comment un son commence : intro, montée, drop, break. Je pense que ce qui prend 90% de mon processus créatif est pensé. Genre tout ce qui tourne autour de la recherche et ce genre de trucs. Trouver quelque chose de cool parce qu’au début, tu apprends à utiliser une machine. Tu apprends à t’exprimer musicalement et c’est super fun, et tu fais des bons sons de cette manière.
Mais je ne me dis pas que je suis un pro pour autant. Je peux m’exprimer assez bien musicalement dans plusieurs genres, c’est plus amusant pour moi. Si je n’ai pas d’intention pour un track, bien sûr que je peux m’asseoir au studio et te faire un son tout de suite mais ce sera un track sans intention derrière.
Cela sera surtout un beat. Cela peut être super cool. Peut être que si tu le mets sur tiktok cela deviendra un putain de hit, tu sais. Mais moi, je ne pense pas que cela sera quelque chose qui m’inspire. C’est juste un exercice et parfois les exercices fonctionnent.

Comment définirais-tu les styles dans lesquels tu navigues au cours de tes sets (psytrance, progressive trance…) ?
Tout à la fois je pense. Bien sûr j’ai commencé avec la psytrance, c’est ce qui m’a rendu connu. Le premier son qui est devenu semi-viral était Wild Wild West et Carousel. Ils étaient tous les deux à 140 BPM. Après j’ai eu trois sons qui ont été viraux, un dans les charts en Suède, à genre 128 BPM, un son deep house, en portugais. Cela a été retiré dans tous les cas. C’était pas à cause des droits d’auteurs, juste un accord entre les artistes, on a décidé qu’on devait le retirer.
Avoir ce genre d’expérience à produire un son minimal qui devient viral, produire un son deep house qui devient viral, produire un son progressive qui devient viral, produire un son high tech qui devient viral mixé à de la bass music qui devient viral, cela me fait dire qu’on peut faire de tout. Bien entendu, je peux me concentrer uniquement sur la psytrance ou sur un son de progressive psytrance. Ou je peux aussi me concentrer dans un son de niche, super dark mais je fais juste des tracks qui me font sentir heureux sur le moment et je sens que cela résonne avec la période dans laquelle nous vivons actuellement.

Tu as la capacité unique de rassembler à la fois ta fanbase fidèle et un public plus large qui est friand de ta musique lors de tes lives. Comment perçois-tu cette dynamique et quels sont les éléments clés de ta performance qui te permet de créer cette connexion avec un public si diversifié ?
Je pense que c’est le fait d’être honnête avec moi même parce que si je suis honnête avec moi même, je sais ce que je peux apporter ou non. Quand les gens paient pour un ticket, ils ont déjà dépensé, je sais pas, 35 euros pour me voir. Ils sont avec leurs amis au show et sont bourrés. Ces trois éléments font qu’ils passent déjà un bon moment. Ma musique peut être de la merde, ils vont toujours s’amuser parce qu’ils ont payés pour ça, donc ils ont intérêts à profiter un maximum. Ils sont avec leurs amis parce que leurs amis sont adorables, et ils sont bourrés parce qu’être bourré fait se sentir bien.
Ensuite vient la musique, en dernier. Donc si la musique est excellente, et bien tant mieux ! C’est bien mais tu t’y attendais à ce que cela soit excellent. Si la musique est médiocre, tu seras en mode : “Ok, c’est pas mauvais”.

As-tu déjà souffert du fait de ne rentrer dans aucune case particulière ? Trop énervé pour la scène mainstream, et trop mainstream pour la scène élitiste Trance ?
Je n’écoute pas ces gens. Ils ne font pas partie de ma vie.

La musique est-elle universelle et fédératrice quel que soit le genre ?
Je pense que la musique est un outil et qu’on doit l’utiliser avec beaucoup de responsabilités. Parce que oui, cela rassemble les gens ensemble mais cela peut parfois aussi avoir le pouvoir de diviser, si tu le décides. C’est pour cela que je dis que l’intention derrière le son est importante. Pour de vrai, ne faites pas de tracks avec une mauvaise vibe, tu vois ce que je veux dire. Ne produis pas de mauvaise vibe derrière ta musique car des gens vont l’écouter et quand ils écoutent, c’est comme ton âme. Quand tu attrapes ta souris, ou tu joues de la guitare, peu importe, cela va sortir et jusqu’à l’univers tout entier.
C’est mon point de vue mais je ne pense pas que l’on puisse dire : “wow le sport ou la nourriture rassemble les gens”. Bien sûr, mais tu pourrais avoir une personne qui produit des sons supers fascistes/racistes tu sais. Et cela va unir les mauvais types de personnes ensemble. Donc la musique est un outil, et il faut l’utiliser pour faire le bien, pas pour passer de mauvaises ondes.

Tu as également pu faire partie d’un groupe de métal avant de lancer Mandragora, comment ces autres types de musique ont pu t’influencer ? Est-ce un projet qui pourrait revenir dans le futur ?
Non, mais vous le saurez si cela revient dans le futur. Ce sont toujours mes amis par contre. Le Métal m’a donné l’envie d’étudier la musique plus en profondeur, de rejoindre le conservatoire pour me faire comprendre comment la musique est faite, comment elle fonctionne. Bien entendu, j’ai toujours créé ma musique par le cœur, par l’oreille, et c’est très bien. Je connais pleins de musiciens qui procèdent ainsi et ils sont bons. C’est comme savoir conduire mais que quand la voiture ne marche plus, tu sais comment la réparer. Ce n’est pas une obligation de savoir réparer une voiture mais cela peut beaucoup aider.

Existe-t-il un endroit où tu n’as pas joué, et qui te fait rêver ?
J’ai binge watché les livestreams du Space Club de Miami. Je rêve d’y jouer. J’étais en mode : “Wow c’est trop beau”. Donc oui, cela pourrait être le lieu auquel je pense à l’heure actuelle. Même si cela n’a rien à voir, c’est ce qui fait briller mon coeur maintenant.

Quels sont tes projets à venir ?
Je vais sortir pas mal de sons house parce que justement j’ai regardé ces streams. Alors oui, tu peux te dire que je trahis la scène de la psytrance. Ils peuvent dire : “Maintenant tu vas faire de la putain de house blablabla”. Oui c’est vrai, et alors ? Genre tu faisais quoi l’année dernière ? Tu fais toujours la même chose ? Parce que je ne suis pas là pour faire exactement ce que tu veux tous les jours donc si tu veux écouter des vieux sons de moi, il y a Spotify.
Je vais bien sûr toujours jouer Vapo Vapo parce que j’adore ça, même si je joue dans un club d’Ibiza à 125 BPM, pas d’inquiétude. Mais même si ce n’est pas le cas, je vais quand même faire de la house. Si ça ne marche pas, cela sera une étape dans ma carrière, et je serai en capacité de dire “j’ai essayé”. Si tu n’essaies pas, tu ne peux pas savoir. Donc je ferais mieux d’essayer. Soit je me ramasse complètement et si j’échoue je saurai où j’ai merdé et la prochaine fois je ferai mieux.

Merci d’avoir répondu à nos questions… As-tu un dernier message à faire passer ?

J’espère que tu passeras une belle journée !

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Hello, First can you introduce yourself for those who don’t know you?
Hello, my name is DJ Mandragora, I come from Mexico and I make nice music!

You’re currently preparing a new live show for your upcoming show at Le Bikini with Regarts, what can we expect?
It’s already prepared. What can you expect from this show? Like, this is a very nice marketing question but if I tell it to you guys, like then what’s the mystery, what’s the magic? You need to be like, you need to be right there and see : maybe you would like, maybe you will be disappointed but I will not tell you. If I tell you then it’s not fun.

What about the Olympia Show in Paris late september ?
I have a big responsibility. There are 3,000 spaces for sale. Olympia is like a legendary place, The Beatles played there, so I need to do a good job, so help me, share every post I make in Instagram, share it with your cousins with everyone. Because I need to sell 3000 fucking tickets in Olympia and we’re going to have a great party, and there’s going to be an after after that, it’s Paris baby!

We saw you play an amazing set earlier this month at the Garorock Festival. You played old classics like Codéine or Carousel. Are you still taking as much pleasure as before to play those songs years after they came out? Or is this necessary to not lose the interest of the audience?

Both, like every time I get more pleasure because every time I see them work more such as Codéine. When I arrived at Garorock I was like : “okay I never saw Codéine with so many screams”. Yeah it’s like you can have a glass of wine in your home but then you can have it watching the sunset or in the pool and it’s a totally different experience. Playing this song in a little club or in a huge festival I never played before is still a new experience and of course if I’m a fan of an artist that I have followed for all my life, I expect him to play some of the classics? I think it’s necessary but they’re like if you don’t feel it don’t play them. You know what, I’m still feeling them a lot.

At the end of your performance, you sat down at the forefront of the stage to enjoy the crowd. Then, you went to the front row of the crowd in order to take them in your arms and clap hands with them. What is your relation with your audience?

Well, in this kind of big show and also in the small ones, I think it’s a relationship when you are on stage and when the people are down, we’re both working together you know. Like if I come with a lot of energy and everybody in the dancefloor had a bad day and they don’t have a good energy or whatever, maybe the party’s not going to be solid you know, but sometimes I arrive with not the best energy and they have the best energy, and then : Wow ! They bring me this energy back or sometimes I feel like, when we arrive with the team with the gold energy we bring them the energy so it’s a transfer of energy, that is reciproque, so it’s like anything, you say thank you and you’re welcome it’s kind of like this, kindliness.

As a native from Mexico, you’re an international superstar in South America. Do you consider yourself as a spokesman for the Mexican cultural scene?
No, I think I am a notorious artist from Mexico but I don’t think I am a spokesman for Mexican culture. The Mexican culture is so varied and me, as a Mexican, I can tell you that I am very ignorant about my own culture, I wish I could represent it better. Now I can tell you that I really really appreciate all my Mexican supporters, they made me the most played electronic music artist in Mexico, so this doesn’t mean that I’m the best, it’s just numbers, it’s just quantity but this mean that there’s a lot of people playing that shit so I’m grateful about it.

We interviewed you back in 2019 at the Elektric Park Festival. 4 years later, our article still does hundreds of views monthly. Is this linked to the fact that you don’t do a lot of appearances in the mediatic scene?
No, I think that actually, when you come and you watch my interviews or you read my content, there’s actually some things to take back with you. Most of the artists, most of the people that get interviewed have watched the pattern and standard interviews so people are like : “If I don’t do it exactly like the other, people will say that I’m weird or whatever”. But no, you’re just like expressing yourself so I think this is what people relate to because, maybe I would say something or I will play one track and people will fuckin hate it but maybe five people will be like : “Okay, he played that ? No Way !” and they will record it and they will speak about it and like anything that I think that’s it : you’re giving me a voice, some people I guess want to hear it I don’t know why.

During this interview, you defined the psytrance music scene as a popular musical movement, as the “new rock”. Do you think this kind of electronic music reached its peak of popularity or this scene still keeps renewing itself nowadays?
Look, in the psytrance scene like when I told you that it was the new rock like, I still put my words there because, I will not drop any names but if you go and you really check who’s playing psytrance right now, it’s just been a different level. Even the psytrance people are not reaching the level of the people that are playing psytrance right now. So, what I can tell you is that psytrance is a very nice kind of music as techno, as house, as drum and bass, if you have artists that are putting soul and love and making great tracks, and those tracks are being put in the correct vitrine and are being treated with respect and moved like crazy you know, I am pretty sure that all of this art can reach many people and many people can enjoy it. So I think that psytrance has not reached the peak, it is just in the early adoption stages, like you have one or two superstars. You called me a superstar, I’m not. I have what, 900.000 listeners on Spotify, check fuckin David Guetta, that’s a superstar. You know, the moment where David Guetta play five psytrance tracks, then you can say it’s fuckin mainstream. But right now we only have one DJ with over 1 million tracks, over 1 million followers on Instagram playing on mostly psytrance sets. So yeah, I think it’s just in the early adoption of the mass market.

In your liveshows, you usually use vocal samples from pop culture. Is this a technique for you to seduce (or embark) an audience not expert of this music?
Well, if you see in Japan or even here in France, when you see things that say ‘’caution’’, ‘’wet floor’’ and stuff like this, they put little animating, so you know, they put a cat that looks like a police on the things of the police, in Japan. They use little characters and, we, psychologically, like to follow maybe more of the rules if they’re speaking to us in this way. So, of course, I would use the sample of Harry Potter, I do understand the cultural impact but this is not like the sole reason for me to put it first, it’s because it says “Mandragora”. Then, if you really go deep into what the fuck is a mandragora, or what they are saying in Harry Potter is not a freestyle, it actually makes sense : it’s not just a child’s movie. So it’s popular culture, I am popular culture, you guys with your website are popular culture and everything is a remix, in the end.
If you call the song “Codeine » and you pull this thing, it just goes and then, when you start the first thing, you’re like “Bonjour à tous”, in the first second it’s like “Hello’’, you know, it’s hard not to remember. This part was not intentional, the Harry Potter one, it was just like : “Let’s put something about mandragoras, so it’s like the mandragora’s song” and people call it mandragora, it’s not called Mandragora, it’s called Codéine bro !

Tell us about your creative and production process behind your tracks ? Do you start by a particular element (intro, break, vocals or drops) or do you build your tracks mainly on the fly?
I make pop tracks, so the pop structure is super easy. When I say I make pop tracks, it’s just to simplify my life. I really don’t try to go super exotic on the structure or the construction, I know how a song starts : intro, build up, drop, break, you know like.
I guess what takes 90% of the creative process for me is the thinking, the Lace of thinking before. Researching and stuff like this, just to find something cool because in the beginning you’re learning how to use a machine, that’s super fun and you make great songs along the way. I’m not saying that I’m a fuckin pro now, right now I can express myself pretty well musically in variety of genres, so it’s more fun to me. If I don’t have an intention for the track, of course I can sit down and make you a track right now you know, but it will be a track without intention.
It will just be a beat, I mean maybe it’s super cool, maybe you put it on tiktok and it becomes a fuckin hit but to me I don’t feel it like it was be something that came from a place of inspiration, it’s just an exercise and sometimes it worked.

How would you define the styles that you play during your sets (psytrance, progressive trance, a mix of both)?
All stages in the same stage I think. I mean, I started of course with psytrance, that’s what made me notorious, my first song that went semi-viral Wild Wild West and Carousel they were both either 140 BPM. Then I had, three viral songs that went into the charts in Sweden and it was a 128 bpm deep house song, in portuguese : it got taken down, anyways. It was not about copyright or nothing, it was between the Artists we decided we had to take it down. Having this kind of experience of making a minimal track that goes viral, making a deep house that goes viral, making a prog track that goes viral, making a high tech track mixed with bass music that goes viral tells me that I’m able to produce anything I like. Of course, I could focus on psytrance or progressive psytrance, on a super dark niched thing but, I just make stuff that makes me feel good in the moment and I feel that it resonates with the moment we’re living now.

You have the unique ability to gather both your fanbase and a wider audience that are keen on your music during your shows. How do you see this dynamic and what are the key elements of your performance that allows you to create this connection with such a large audience?
I think it’s being honest with myself. Because if I am honest with myself, I know what I can bring what I cannot bring, I know that people are paying a ticket and they already spent, I don’t know 35 euros on this thing, they are with their friends in the party, they are drunk. You know, all these three elements are already making them have a lot of fun. My music could be shit, and they would probably still have fun, because they already paid for it, so they better make the most out of it. They’re with their friends because their friends are fuckin nice, and they’re drunk and being drunk feels good. And then there’s music, you know, in the end there’s music. So, if the music is excellent, well amazing ! But it’s okay, you expected it to be excellent and if the music is mediocre, you will also be like : “Okay it’s not so bad”.

Have you already suffered to not fit in any particular box? Too much violent for the mainstream electronic scene and too “mainstream” for the elitist trance scene?
I don’t listen to these people. These people don’t make part of my life.

Is music universal and federative nevermind the genre?
I think music is a tool and we need to use it with a lot of responsibility. Because, yes, it brings the people together but it also has the power to divide, if you decide so. This is why I talked about intention for real, don’t make tracks with bad vibes you know what I mean, don’t have a bad vibe because it going to be on the fuckin track. People listen your essence, when you grab your mouse or your little guitar or whatever and you play your recorded, it will be there and then it goes to the universe. So this is my thing but I don’t think that we could say: “Wow sports unite the people or food unite the people ». Of course, but just like you know, you could have people making super fascist songs, and it will unite the wrong kind of crowd together. So music is a tool and let’s use it for good, let’s not pass bad vibes.

You were also part of a metal group before Mandragora, how those other types of music may have influenced your sound? Will this project come back in the future?
No, but you know if it will come back in the future. They’re still my friends though. Metal gave me the interest to study music more in-depth, to join the conservator , to be like : “okay this is how music is made, it’s how it works”. Because, of course I always did it by heart, by ear and that’s super cool, I know a lot of musicians that learn that way and they are great. Of course, it is good that you know how to drive but then if the car breaks and you know how to fix it, then it’s nice also because it’s not an obligation to know how to fix it but if you know, well it helps a lot.

Is there a “best place” where you never played and that you dream of?
Now I have been binge watching the streams from the Space Club in Miami, so I was dreaming about this shit: “Wow it looks so cool”, so yes that would be what I’m thinking about right now. Even though it has nothing to do with where I am, you know, it’s nice, it makes my heart shine.

What are your upcoming projects?
Well, I’m releasing a bunch of house music because I have been watching these streams, so you can feel like I am betraying psytrance. I mean they can say: “Ah yeah, now you want to make fucking house blah blah blah”. Yeah it’s true, so what? Like what were you doing last year? Are you doing the same thing? Because I’m not here to do exactly what you want everyday, so if you want to listen to the old songs there is Spotify. I will still play fucking Vapo Vapo : because I love it, even if I’m playing in a fucking Ibiza club at 125 BPM, no worries, but even if I’m not, I’m still going to do fucking house music. Even if it fucking fails, it’s a step of my career and you’re going to be able to look back and say : “But he tried it”. If I don’t try it, I don’t know, so I better try : I fail horribly and if I do I will know what the fuck I did wrong and next time I will do it better.

Thanks for answering our questions, do you have any last words to pass?
I hope you’ll have a great day !

Réalisation : Vincent & Valso / Préparation : Vincent, Valso, Joofrey, Dnzl & So / Retranscription : Vincent / Traduction : Vincent, Lutel & Lilou

By Valso

4 thoughts on “Interview : Mandragora (EN & FR)”

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