Interview : Honey & Badger

© Julian Dhoir

Lors de leur dernier set en Belgique pour la Purge, nous avons posé quelques questions au duo montant de la Bass House : les talentueux Honey & Badger. De leur ascension fulgurante chez Confession à leurs ambitions futures en passant par leur vision de la musique, découvrez l’intégralité de leurs propos :

Salut ! Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Honey : On est un duo belge qui s’appelle Honey & Badger et on vient de Bruxelles. On produit de la House, Bass House, Tech House inspirée d’artistes assez anciens dans le milieu comme Crookers et Chris Lake.

Badger : Oui, on s’inspire de tout, d’artistes comme Tchami, Malaa, Bellecour mais également de courants comme la Fidget House etc. On a créé le duo il y a un peu moins d’un an et demi et voilà (rires) !

Alors c’est la question de base de notre site qu’on pose vraiment à tous les artistes. Quelle est votre définition de la musique électronique ?

Honey : Pour moi, c’est la musique qui dégage un sentiment donnant envie de bouger, mais c’est aussi ma vie. Je ne me souviens pas d’un moment où je n’en écoutais pas !

Badger : C’est ma vie ! J’en produis depuis six ans et c’est devenu mon quotidien.

Honey : C’est aussi une musique qui évolue. Aujourd’hui, la musique électronique se mêle à d’autres styles et c’est grâce à cela qu’on a notre musique. Alors qu’avant, il n’y avait que l’électro. Aujourd’hui, c’est notre passion !

Vous venez de sortir « Aerschot » sur Found Frequencies, le label de Lost Frequencies. Pourriez-nous en dire plus ?

Honey : Alors, c’est un morceau qui était prêt depuis 1 an dans nos tiroirs mais cela a pris plus de temps que prévu.

Badger : Il y avait un vocal dessus à la base qui datait des années 90 et ça a pris des mois pour le clear (ndlr : nettoyer). On n’a jamais réussi et on a pris finalement la décision de le remplacer. Lost Frequencies l’avait pris il y a un pour son label mais à cause du vocal, cela a pris du temps pour la release finale.

Honey : Et « Aerschot » car le vocal de base disait « I’m the hoe, she’s the hoe »…Ceci explique cela (rires) !

Badger :  À la base,  c’était aussi censé être un espèce de follow-up de « Manneken Peace« . .Cela s’entend un peu je pense. C’est pour ça que ça renvoie à des sonorités qu’on avait vraiment au début. Et petite anecdote, j’avais refait le master avant de l’envoyer et cela avait été validé par Lost Frequencies etc. J’ai réécouté le morceau peu après et je me suis rendu compte que notre sample signature était totalement niqué… Ce qui également impactait la qualité du morceau. Le problème, tout était déjà signé etc. On a réussi à faire changer le morceau sur Spotify mais pas la version Mixed de la compil’ de Found Frequencies. Donc si vous écoutez la version Mixed du morceau, vous entendez l’erreur dans le sample… C’est la version « buggée » du track (rires).

Le label est connu pour sa Deep House colorée et ensoleillée. Ce n’était pas une surprise pour vous de signer un titre très Bass chez Lost Frequencies ?

Honey : On lui avait déjà envoyé des trucs et il avait accroché sur « Manneken Peace« , il avait d’ailleurs joué un Ushuaia à Ibiza l’année passée. J’étais justement là et je l’avais rencontré. Il nous alors demandé d’autres morceaux et « Aerschot » était dans la même vibe que « Manneken Peace ». On lui a envoyé et il a accroché dessus. Il l’a mise dans sa compilation et voila !

Badger : Je pense qu’en single, ce ne serait pas passé mais en mixtape, ça passe vraiment bien !

Honey : De plus, Felix (ndlr : Lost Frequencies) est fort à la recherche d’artistes belges, il est toujours occupé à contacter, écouter etc. Il nous a contacté, on lui a envoyé et il a kiffé. Cela s’est fait assez naturellement en fait.

Vous avez étonné tout le monde en signant directement des tracks à succès et chez Confession en plus ! Comment avez-vous réussi cette prouesse ? Avez-vous déjà eu le sentiment que tout allait trop vite ?

Badger : On fait du son depuis six ans. Quand on a décidé de lancer Honey & Badger, j’ai envoyé les sons à mon bon ami Movenchy. Il a vraiment kiffé et nous en a mis en contact avec Tchami. Ce-dernier nous a répondu dans les 3h et il a vraiment accroché sur nos sons.

Honey : On avait envoyé 7 morceaux et Tchami en a pris 5. Il y avait « Manneken Peace », « Belga« , « Zodiak« , « French Fries » et « Delirium« . Mais il n’a pas pris tout en une fois. Malaa et lui en ont joués dans leurs sets et cela s’est fait avec le temps, avec à la fin un EP sur le label.

Badger : Et pour le sentiment que cela a été trop vite, je pense pas parce qu’on est toujours des petits artistes.  De plus, avant de signer chez Confession, je voyais ça comme une finalité mais au final c’est plus un tremplin. Une fois que tu arrives là, tu peux espérer viser plus haut !

Honey : C’est clairement ça ! Etre sur Confession, ça ouvre des portes car tu es considéré comme un artiste ! Tu as la légitimité du label etc et ça, c’est un vrai tremplin ! C’est un vrai gage de qualité.

Badger : Trop vite non ! On s’est fait un petit nom sur le label mais on n’a pas explosé non plus !

Pourtant vos morceaux cartonnent ! « Delta« , à l’UMF, « Belga » et « Manneken Peace » au Zénith à Paris, chacun de vos morceaux joués par Tchami et Malaa sont à chaque fois bien reçus !

Badger : « Delta« , c’est assez fou comme histoire. On l’a produit et envoyé à Malaa sans réaliser que c’était un banger. Quand il l’a joué en intro à l’UMF, on n’était pas au courant du tout. On a vu tout le monde chercher le titre sur Youtube, certains pensaient que c’était un ID de Malaa…. Et c’était nous en fait (rires).

Honey : Mais là, on a vraiment réalisé que c’était un banger !

Pour le moment, vous n’avez pas encore remixé d’autres artistes. Pourtant, on sait que remixer un artiste “plus connu” est bénéfique pour la notoriété. Est-ce un choix de votre part de ne pas revisiter les morceaux d’autres producteurs ?

Badger : Non non, on a reçu des offres d’artistes. On a essayé mais ça ne donnait rien qui nous satisfaisait. On veut un remix qui soit qualitatif et qui signifie quelque chose pour nous. Il y en a un peut-être dont on est très content et on espère qu’il sortira bientôt ! On verra (rires).

Chacun de vos titres est une référence à la Belgique et plus précisément à Bruxelles. Ouvrez-vous un livre sur la culture du plat pays quand vous devez nommer un nouveau morceau ?

Badger : C’est arrivé qu’on cherche mais jamais longtemps ! On trouve facilement des noms, ça se fait naturellement.

Honey : Oui, c’est rare qu’on cherche vraiment. On a eu quelques cas où on a dû pousser un peu plus loin. Pour le morceau « Imperia« , il y a un bruit de klaxon à un moment. « Imperia » était une ancienne marque belge de voiture, on a nommé le morceau comme ça. Il y a toujours un petit lien avec la Belgique et surtout Bruxelles en ce moment, car on vient de là.

Jay Dunham, Hooders, Honey & Badger, Hego, les Belges ont le vent en poupe dans la Bass House. Comment expliquez-vous l’essor de cette nouvelle génération ?

Honey : Je pense qu’à la base, tous ces gars étaient dans ce son ou très proches de ce style. Il est certain que les labels ont ouvert les portes à ce genre de musique ce qui a amené une vague d’artistes. En plus, chacun s’envoie ses sons, cela crée une vraie communauté…

Badger : Je pense aussi qu’il y a vraiment un énorme mouvement en train de se passer en France avec tous les artistes français comme les mecs de Noir sur Blanc, Gold Digger etc. Et tout ça, ça motive les Belges à se lancer. On n’est toujours pas beaucoup comparé aux Français… Mais tous ceux que tu as cités commencent à faire du bruit autour d’eux.

Honey : Et malheureusement, tu ne le sens pas spécialement en Belgique. Chez nous, tu marches quand tu as déjà marché à l’étranger.

Badger : Oui c’est vrai ! C’est vraiment la France qui motive les autres pays francophones à se bouger un peu je pense.

Fidget House, Future House, Deep House, G House, Bass House… C’est toujours difficile de catégoriser vos morceaux. Pensez-vous qu’il est encore nécessaire de donner des étiquettes à tous les genres et sous-genres électroniques ?

Badger : Non, on s’en tape ! Tant que tu kiffes le son, on s’en fout de savoir si c’est de la Future House ou de la Bass House ! Voilà, c’est ma réponse (rires).Mais après, tu as les grandes catégories : House, Trap, Dubstep etc. Après, les sous-genres et ceux qui sont là dans les commentaires « Non, ce n’est pas de la Deep House, c’est de la Basse House », on s’en tape ! Si tu kiffes, tu kiffes !

Honey : De toute façon, aujourd’hui, tout est mélangé. Il y a du Hip-Hop mélangé à la House etc.

Badger : Ça part dans tous les sens ! Chacun peut inventer son style… Si on veut, demain, on créé notre propre style et on appelle ça de la Crotal House (rires). Kiffez le son et c’est tout !

Honey : On ne se pose jamais en studio en se disant : «On va faire ce style ». Non, on fait notre son et c’est influencé d’autres styles etc.

Badger : Si tu écoutes « Stoemp« , il y a des influences de Techno et House. Tant que tu kiffes, c’est bon !

Vous commencez à tourner de plus en plus. Pour ceux qui n’ont pas encore la chance de vous voir, Honey & Badger, c’est comment en live ? Bientôt des dates en France ?

Badger : C’est du trip et de la bonne musique ! On essaie de se marrer, on a mis des masques etc. On fait ça détendu et on joue ce qui nous plait.

Honey : On joue principalement nos morceaux et ceux de nos potes ! On essaie de faire découvrir le style aux gens non-initiés et on fait ça à la cool.

Badger : Pour les dates, on n’a rien en 2019. On y travaille pour 2020.

Quels sont vos projets à venir ?

Honey : On clôture l’année avec un set au Ministry of Sound à Londres en support de Malaa. En 2020, on vise l’étranger car le style s’exporte. Encore rien de confirmer mais on y bosse.

Badger : Et niveau morceau, on vient de sortir « Zinneke » qu’on a fait avec un Moog qu’on a acheté. Il y a également un autre titre qui sera un ovni complet dans notre discographie. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on a fait avant (rires). Le track a été joué par AC Slater qui a bien kiffé et l’a signé directement.

Honey : On bosse comme des malades et on verra pour la suite. On ne vise pas la masse mais la qualité !

Un dernier message à faire passer ?

Honey : Hâte de revenir en France. Il y a un bon public et c’est à chaque fois ouf !

Badger : Venez à la prochaine date (rires).

Réalisation : Remicrd, Pierre / Préparation : Remicrd & Valso / Retranscription : Remicrd

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