Interview : Soulblast

A l’occasion de la Fury! organisée par Karnage Records, nous avons eu la chance d’interviewer la pépite de l’Uptempo à la française : Soulblast ! De son amour pour l’Uptempo à ses bookings, en passant par son déménagement aux Pays-Bas… Retrouvez l’intégralité de ses propos ci-dessous :

Salut Soulblast, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Moi c’est Soulblast, j’ai 27ans, je suis français mais j’habite aux Pays-Bas. Je suis DJ producteur d’Uptempo.

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

Wouaw, c’est vaste comme question ! Pour moi la musique électronique c’est une musique digitale, actuelle, qui peut nous faire vibrer tout autant que le Hard-Rock par exemple, qui est faite avec des instruments physiques. L’avantage c’est qu’on peut autant faire de la musique ancienne avec des vrais instruments qu’avec un ordinateur. Avec un logiciel, tu peux tout faire.

Tu as commencé en mixant du Raw, comment es-tu arrivé dans ce milieu et quelles sont les raisons de ta bifurcation vers l’Uptempo ?

Avant tout, j’étais DJ en station de ski. L’avantage c’est que toutes les semaines, j’avais une clientèle totalement différente : Français, Espagnols, Allemands, Italiens… C’était à moi de m’adapter. Mon but était d’amener les gens à la musique « hard », autant Hardstyle que Psytrance ou Frenchcore. À un moment, j’en ai eu marre de jouer la musique des autres, j’ai tout arrêté, je me suis construit un studio chez mes parents, du mieux que j’ai pu. Je me suis enfermé dedans à ne faire que de la production. Pendant six mois, c’était inaudible mais il faut bien passer par là. J’ai fait quelques production Raw, dont une sortie sur label. Pour le nouvel an 2018, je suis allé à Brutality et à partir de là je me suis converti à l’Uptempo.

Quelles sont tes références en termes d’artistes ou de tracks, dans la Hard Music ou de manière plus élargie ?

Tout, je ne me bloque pas, je suis ouvert d’esprit et je trouve l’inspiration de partout. Tu vois la track de « Jackass » (ndlr : « Jack Your Ass »), j’étais dans la voiture, total silence puis l’idée m’est venue et j’ai commencé à chanter l’air. Pour la soirée des Fruitos, j’ai samplé la pub Oasis sur Youtube. En artiste, je n’ai pas vraiment de référence mais si je devais en choisir un, ce serait The Prophet. Toutes ses tracks sont des bangers, autant en Hardstyle, Hardcore ou Uptempo.

Du coup tu écoutes d’autres styles de musique en dehors de la Hard Music ? 

J’écoute de tout : opéra, jazz, funk, rap Français ou US… En fait j’adore la musique, je peux avoir autant de frissons avec les Pixies que Headhunterz.

Un de tes premiers gros festivals était le Timeless Festival, cette date représentait-elle un tournant dans ta carrière ?

Oui, j’ai gagné le DJ Contest, c’était pour mixer sur la deuxième scène qui était un 4×4 avec seulement une remorque et deux enceintes au niveau du camping. Ils m’ont proposé de mixer l’anthem, j’ai accepté en négociant de le jouer sur la main stage. C’était vraiment incroyable.

Ensuite, tu t’es fait connaître notamment grâce à ton remix de “Master This”. As-tu une histoire particulière avec la track originale ?

« Master This » c’était tout con, j’étais booké à Lyon dans une petite boite un vendredi soir. Je me suis dit que j’allais faire un edit vite fait, je retrouve « Master This » et vu que j’avais pas le temps j’ai gardé la track telle qu’elle est, j’ai changé le drop et accéléré à 200bpm. Je la joue à cette soirée et la semaine suivante à Bordeaux avec Lady Dammage. Dans la voiture, une amie passe mon remix… Elle a de suite accroché ! La semaine d’après, elle l’a joué sur la main stage du Titanium avec Bulletproof. À mon avis, Lady Dammage a envoyé ma track à Bulletproof avant leur set puisque Partyraiser l’a également jouée à l’Emporium. Après ça, j’ai eu plein de stories Instagram avec la track et Partyraiser l’a jouée régulièrement tout le reste de l’année, c’est grâce à ça que j’ai vraiment décollé.

Tu vas d’ailleurs jouer à la prochaine Defqon 1 en 2022, c’est le Graal suprême pour un producteur de Hard Music ?

Oui, clairement, le samedi en plus !

Tu as eu des bookings un peu différents avec les “HARDER KAN TOCH NIET” lors de la période COVID, sans public. Est-ce compliqué de se produire dans ces conditions ?

Ce n’est pas pareil, c’est des lives stream dans une toute petite salle avec le strict minimum. Les gens étaient fous puisqu’il n’y avait rien d’autre à cause du Covid. Permettre aux gens d’avoir une soirée gratuite et accessible, c’était vraiment bien. Ça m’a permis de percer aussi, ils m’ont proposé de venir jouer… Ils se sont dit que le petit français avait la rage, au final j’y suis allé 4 fois ! C’était une super bonne expérience. Je pense qu’il ne faut pas l’oublier, même si on peut à nouveau faire des soirées en physique, je pense qu’il faut continuer ce type de format. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, qui habitent loin… Tous les artistes disent oui aux lives stream, ce n’est pas une question d’argent mais de partage et de plaisir.

Hier tu as joué du côté de Lyon à l’occasion de la soirée Les Fruitos à laquelle tu avais déjà participé en juillet dernier, c’est important pour toi de soutenir de plus petites organisations ?

Bien sûr, et puis ce sont des copains de festival. Dès leur première soirée j’ai essayé d’aider, arranger mon booking pour pas leur coûter trop cher et faire de la visibilité. C’est la troisième soirée, ça grossit à chaque fois, et les line-up sont fous.

Au vue de ton expérience plus que forgée, trouves-tu une différence majeure entre le public Français et le public Hollandais ?

Oui, tu vois hier je suis arrivé à l’aéroport, Malice ne savait pas que j’étais français. Ça m’a fait rire parce qu’il m’a dit “The French people are so crazy that you can put some House music in the middle of your set and the crowd will scream! They are crazy!” (traduction : “Les français sont tellement fous que tu peux mettre de la house au milieu de ton set et tout le public va crier ! Ils sont fous !”). La vraie différence, c’est que pour les hollandais c’est leur culture, c’est encré en eux. Peut-être que tu auras plus d’ambiance en France, ça va plus gueuler parce que justement ils ont moins l’habitude. A côté de ça, les Néerlandais sont, je pense, respectueux. Il n’y a jamais aucun problème, il y a toujours ceux qui prennent trop mais c’est minime. Les gens se tiennent plus, c’est leur culture. Ce n’est vraiment pas vu de la même manière en France et aux Pays-Bas. Pour les manifestations, tu peux avoir un char Hardstyle voire Hardcore/Uptempo avec un petit de 2 ans et une mamie danser ensemble. Alors qu’en France, j’ai fait des soirées qui finissent en Hardstyle et pour certains c’est de la musique de facho ! C’est en train de changer mais ça ne sera jamais la même ambiance.

Tu as récemment déménagé aux Pays-Bas, l’objectif était de diminuer les trajets vers chaque booking ou seulement une volonté d’un cadre de vie différent ? 

Pour autant de raisons professionnelles que personnelles, ça faisait longtemps qu’on y pensait mais on a eu la bonne opportunité grâce à la copine de The Dope Doctor.

Ton premier album “Doomsday” (dont vous pouvez retrouver notre article ICI) vient de sortir avec donc 18 tracks et de belles collaborations. Ce nom d’album reflète-t-il tes inspirations ?

Je suis un éternel insatisfait, cet album ça fait au moins deux ans que je bosse dessus mais dans les 18 tracks, aucune n’a été faite il y a deux ans. Au début je voulais 13/14 tracks, mais je n’arrivais pas à m’arrêter, ça a été beaucoup de boulot. J’ai fait l’école de DJ à l’UCPA, à Lyon, il fallait présenter un projet et le mien c’était Doomsday. “Doomsday” représente le jugement dernier, quand tout va péter. Après le Doomsday, il n’y a plus rien, donc c’est un album bien énervé. Ce nom m’inspirait depuis longtemps.

En ce moment, on trouve pas mal de tracks incluant du Gabber / Oldschool, pourquoi ne pas avoir suivi le mouvement dans cet album ? 

Je les garde à coté pour les sortir une par une en “free release”. Je les tease en story, je les passe en soirée pour créer la hype et j’attends un peu avant de les sortir. C’est important de faire des tracks gratuites sur SoundCloud, pour ceux qui n’ont pas Spotify ou Deezer.

Tu le publies sur le label Offensive Rage de Cryogenic. Les artistes de ce label ont-ils apporté des nouveautés sur ta façon de travailler ?

Rien du tout, je ne refuse pas les collaborations mais il n’y en a pas vraiment entre les différents artistes d’un label. Au final, tout ce que je recherche c’est que mon travail ait du sens, il faut que les artistes avec qui je collabore soient complémentaires avec moi. Par exemple j’ai fait un set HARDER KAN TOCH NIET avec The Dark Horror (notre interview à retrouver ICI) mais je n’aime pas ce qu’il fait, je trouve que nos styles ne sont pas complémentaires. On est pote mais nos styles de musique n’ont pas de sens ensemble. Avec l’expérience, il faut réussir à trouver avec qui ça colle le mieux.

Quels sont tes projets pour la suite ?

J’ai signé des nouveaux contrats, ça va arriver d’ici 2022, des nouvelles collaborations avec des gros noms.

Merci d’avoir répondu à nos questions ! As-tu un dernier message à faire passer ?

Rave on!

Réalisation : Lutel / Préparation : Lutel, Listel / Retranscription : Listel, Lutel

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