Interview : Antoine Delvig

Nouvelle interview sur Valliue. À l’occasion du Hope Festival, nous avons eu l’honneur de renconter Antoine Delvig. Le Lyonnais évoque avec nous sa dernière track « Headbutt », mais aussi « Disciples », son style novateur et ses projets à venir pour la suite. Retrouvez l’intégralité de ses propos ci-dessous :

Salut Thibaud, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je suis Antoine Delvig, dj, producteur en provenance de Lyon. J’ai signé sur Axtone, Spinnin, Revealed, et plein d’autres labels. J’essaye de faire du son et que ça plaise à tout le monde.

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

Pour moi, la musique électronique est de moins en moins électronique. Je ne sais même pas si il y a une définition même de la musique électronique, à part que les sons viennent d’un ordinateur. Vu que maintenant il y a beaucoup de samples d’instruments ou d’anciens morceaux, il y a plus cette frontière entre musique électronique et musique radio pop, tout est lié. Maintenant quand tu écoutes une musique, même du Drake, du Rihanna et que tu vas écouter un Axwell /\ Ingrosso, c’est pas réellement très loin.

Ta collaboration “Headbutt” avec Maximals est sortie il y a un mois sur Revealed. Peux-tu nous en parler ?

Cela s’est fait par management interposé, car le mien bosse beaucoup avec le leur pour s’aider avec les contacts. J’avais déjà collaborer avec SOVTH, un autre artiste de la même agence que Maximals. Du coup, Maximals avaient un drop, qu’ils m’ont envoyé avec un break et m’ont dit que ça ressemblait à ce que je fais. Ils m’ont proposé de bosser dessus, donc j’écoute et j’ai vraiment kiffé direct. En gros, j’ai pris leur partie et j’ai monté le track avec. J’ai créé le break et on a rajouté des éléments, on s’est renvoyé les sons comme on fait à chaque fois. Et petite anecdote, je l’ai fini dans le studio de Mosimann, j’étais là-bas sur le moment, et j’ai mixé et masterisé le titre là-bas parce qu’il a un meilleur matos que chez moi. On l’a ensuite envoyé directement à Revealed parce qu’il m’avait demandé des morceaux, on a vu le label manager à Miami et ils nous ont demandé des démos un peu dans le style « Jack That Body » et tout. Donc on a envoyé et ils ont pris, tout simplement.

Quand on pense à toi, on pense forcément à “Disciples”. Signée sur Axtone, jouée par les plus grands artistes sur les plus belles scènes du monde… Comment as-tu créé cette track ?

Alors elle est sortie il y a presque un an maintenant, mais je l’ai faite en janvier 2017 et j’avais l’idée en gros depuis l’ADE 2016. Je mixais pas et j’allais à beaucoup de soirées. J’ai eu un genre de flash dans la tête, j’avais envie de faire un son très électronique, très à l’ancienne avec soit une bass 303, un son très spé avec un gros break et une grosse reverb, un truc qui disparaît et le drop qui part sans crash, sans rien : juste le kick et le synthé. Donc c’était octobre/novembre, ça tourne dans la tête, puis fin janvier, j’ai posé break et drop, j’ai mis un mois à faire toute la structure. Je l’avais posté un peu sur Snapchat et j’ai eu beaucoup de retours. Mosimann m’a écrit, Tony Romera aussi. Il m’a dit que c’était ouf. J’ai mis un mois à le finir, j’avais pas trop d’idées. J’ai fais une première version instrumentale en février, je sentais vraiment le truc, mais c’était vraiment spécial. Je me suis demandé qui pouvait vouloir ça. On l’a envoyé à plein plein de monde, vraiment à tous les labels. Tout le monde était à fond, Mercer m’a dit que la track était ouf. Tiësto a hésité pour le sortir sur Musical Freedom, Spinnin était un peu chaud dessus, pareil je l’ai envoyé en premier à Quentin (ndrl :Mosimann). J’étais au McDo comme ça quand il m’a dit que j’avais fait une track de cinglé,  un son unique, que cela faisait longtemps qu’il avait pas écouté quelque chose comme ça, qu’il fallait que je la monte le plus haut possible. Puis, le management de Axtone nous a écrit et nous a dis qu’Axwell adorait le son. Au début, ils disent quand même non pour la sortir sur le label. Mais c’était la première version, et j’était content car on avait réussi à les accrocher. Du coup, je l’ai retravaillé, j’ai demandé les feeds de tous les DJs, j’ai changé le sub et le kick, j’ai rajouté une voix alors qu’au début il n’y en avait pas. Sur un coup de tête, on l’a renvoyé à tout le monde en juin et Axwell a dit qu’il aimait bien. On a demandé si c’était bon pour Axtone et il nous a dit simplement oui.

Tu as un style assez novateur, avec beaucoup de groove, comment décrirais-tu ta musique ?

Je viens de la bass house de base, mais moins vénère que celle que l’on trouve aux Etats-Unis. Il tend un peu plus vers le groove, un peu comme Tom Staar ou Kryder et je pense être entre les deux. Je kiffe ce qui tabasse bien, mais il faut qu’il y ait du groove, des drums. Voilà entre la bass house et le groove, j’ai pas de nom de style.

Tu enchaînes les titres et les collaborations, avec quel artiste rêves-tu de collaborer ?

Avec Laidback Luke, depuis toujours parce que c’est mon idole. C’est lui qui m’a donné envie de faire du son en fait. Quand j’ai commencé à écouté les Fuck Me I’m Famous de Guetta, je m’arrêtais sur des sons donc de Laidback Luke. Je cherchais des sons et c’est vraiment lui qui sortait du lot pour moi. Je surkiffais son travail, j’ai signé sur son label en 2013, c’est l’un des premiers DJs à m’avoir supporté, il a d’ailleurs joué l’une de mes tracks à Tommorowland la même année. Depuis qu’il a joué ce track, je me suis dit qu’il y avait peut-être un truc à faire, parce qu’avant je faisais un peu de la musique pour m’amuser. Ca m’a motivé à apprendre le métier. Donc une collab de rêve… Laidback Luke.

On te voit sortir des titres sur de nombreux labels prestigieux.. Revealed, Size, Axtone, Protocol, Spinnin, STMPD pour ne citer qu’eux. Y a t-il un label sur lequel tu n’as pas signé et qui t’attire ?

Beh en fait il y’en a qu’un seul, c’est Heldeep, le label de Oliver Heldens. Juste après que j’ai signé sur Guru, via Klosman, ça m’a fait passé un cap et plein de DJs ont commencé à supporter mes musiques et j’ai Oliver Heldens qui a joué l’un de mes sons. C’était un rework que j’avais fait mais jamais sorti. Je lui avais envoyé comme ça et il l’a joué. Je lui ai écrit pour le remercier et tout. Il me demande si j’ai des sons du même style, parce qu’il s’apprêtait à ouvrir son label à ce moment-là. Il me donne le mail d’un type qui bosse pour Spinnin pour le mettre en copie, donc j’étais complètement ouf, mais finalement rien ne s’est fait car les sons ne collaient pas. Récemment, je lui ai envoyé un autre truc, mais il m’a dit qu’il voulait un truc un peu plus « Disciples ». J’ai pas réussi à en faire un à peu près pareil. Donc j’ai pas réussi à signer sur Heldeep, mais c’est Heldens qui m’a fait, entre guillemets, entrer sur Spinnin. C’était au moment où j’ai gagné le contest de son track à lui. Il m’a mis dans Spinnin, j’ai signé sur OXYGEN, Spinnin, j’en ai un autre bientôt dessus, mais jamais sur Heldeep. Pourtant j’adore ce qu’il fait, donc c’est Heldeep.

Ces signatures sont également le fruit du travail de ton manager, Maël. Aujourd’hui, réussir dans le monde de la musique électronique sans management, c’est impossible ?

Non c’est pas impossible, tu peux si tu penses management dans ta tête, sinon c’est dur. Moi je sais que pour ma part, sans lui, ce serait pas possible. Je me dis chacun son rôle. Après quand on a commencé on avait vraiment rien, lui était encore en étude de management, on avait aucun contact, rien, on les a eu au fur et à mesure. Maintenant, on en a un certain nombre et on s’est servi mutuellement. Lui m’a permis de signer sur les plus gros labels, de me focus sur la musique, il me guide, me donne ses conseils et on essaye de se planifier sur six mois à l’avance. J’ai plein de tracks d’avance, ce qui me permet de ne pas être stressé lorsque je suis en studio. Je sais que j’ai cinq morceaux qui arrivent pendant quatre mois, donc en gros je me dis que je bosse pour après. Je peux souffler et me faire plaisir, tester. On a toujours fonctionné comme ça, c’est une vrai réflexion à deux. C’est mieux d’être à deux car ça libère le côté management, après lui va plus parler avec les labels et moi avec les producteurs. Et ça marche très bien. Mais on peut réussir seul, il y a plein d’artistes qui sont tout seuls et qui réussissent très bien. Et il y’en a qui malheureusement sont très bons mais qui ne réussissent pas parce qu’ils sont pas gérés. Pour moi, dès qu’on commence à attirer des noms, il faut attirer des labels. C’est bien d’être structuré et focus 100 % sur la musique, les tournées.

Après avoir eu une année très remplie, est-ce une déception pour toi de ne pas avoir joué à l’Electrobeach 2018

Oui ! Forcément, parce que tout Français rêve d’aller à l’EMF. Moi cette année, je joue plus de dates à l’étranger. On connait pas du tout les gens qui gèrent l’EMF, ce serait un rêve et un honneur d’y jouer pour une prochaine édition, mais ouais, les DJs, les Français qui étaient là méritent totalement d’être dessus. C’est un peu dommage, comparé aux autres festivals, où moi je vais en tant que public, ils mettent beaucoup plus en avant les artistes locaux, je penses à Retrovision par exemple. On peut largement rentrer dans un line-up comme ça, surtout qu’il n’y a pas de concurrence entre nous. On a chacun notre patte, on commence à attirer les gros noms, on a beaucoup de releases. Pour ma part, j’en ai eu beaucoup et j’en ai encore beaucoup cette année. Donc ouais, c’est un peu une déception, mais c’est eux, s’ils me veulent, ils me prennent et s’ils ne veulent pas, ils ne me prennent pas. Pourquoi pas 2019 !

Tu as eu un planning plutôt chargé pour la Miami Music Week, qu’en sera t-il de l’ADE ?

Alors l’ADE, c’est beaucoup plus calme. Il y a qu’une seule date à l’ADE, je suis juste planifié pour Protocol parce que j’ai une track qui sort pour sur le label là, pour la compil ADE. J’en avais déjà deux avant. Là c’est plus meeting la journée, je vois les potes djs du monde entier et le soir, c’est les soirées. Donc, je mixe qu’une seule fois.

On sent que de nombreuses releases vont voir le jour prochainement.. Peux-tu nous dire tes projets qui arrivent ?

Alors, j’ai cinq tracks qui arrivent pour 2018. On a peut être des remixes, mais faut les faire valider et c’est parfois long. J’ai un single sur Brohouse le 5 octobre. Le même jour, j’ai une track Revealed, un son sur Fonk le label de Dannic et un autre sur Protocol, tous les trois sur compil ADE. J’ai une collab’ avec Promise Land sur Spinnin, qui sort en novembre. Tout le reste va venir en 2019. J’ai une collaboration avec Deniz Koyu qui arrive. Là je suis beaucoup en studio et je me concentre sur des solos pour sortir un truc spécial dans la même veine que « Disciples ».

Merci d’avoir répondu à nos questions. As-tu un dernier message à faire passer ?

Écoutez mes musiques, suivez moi sur Instagram, kiffez la musique électronique et allez en festival ! Parce qu’en France, on est largué par rapport aux autres, bougez-vous, sortez et faîtes la fête !

Réalisation : Valso / Préparation : Valso, Ben Altet & Nscotto / Montage : So’ / Photo : Oce-B

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