Interview HUGEL


 

Fin juin, nous avons eu la chance de participer à la première édition du Water Mix Festival. Une édition réussie pour l’événement toulousain, dont vous pouvez retrouver notre report ICI. Nous en avons profité pour rencontrer et poser quelques questions au marseillais Hugel. De son nouveau titre « Baby », à David Guetta en passant par ses projets, retrouvez l’intégralité de ses propos ci-dessous :


Salut Hugel, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Florent Hugel. Je viens de Marseille. Je suis producteur et DJ. Je fais de la musique pour la… *CENSURE* (rires) ! Je produis de la musique house influencée par tout ce qui est black music, que ce soit disco, funk, ou encore hip hop.

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

Je pense que c’est une musique qui permet d’emmener les gens au plus loin par rapport à sa production. C’est à dire que la production de la musique électronique n’a rien à voir avec la production musicale générale, qu’elle soit funk, disco, peu importe, ou la musique acoustique plus généralement. Je crois que la musique électronique peut emmener les gens plus loin parce qu’elle a un traitement électronique grâce à des outils pour la faire, qui sont différents de l’acoustique, qui peuvent être plus profond, notamment dans le bas, dans le sub. Ça permet de percer ta cage thoracique et de t’emmener plus loin quand tu la reçois en festival, avec le soundsystem.

Ton nouveau single “Baby”est sorti il y a quelques jours. Peux-tu nous en dire plus sur l’histoire de ce morceau ?

Justement “Baby”, je pense que ça représente bien ce que j’aime dans la musique. C’est du RnB, Brandy dans les années 90, 1992 exactement je crois. C’est de la black music que j’ai essayé d’amener dans ma vibe à moi, c’est à dire un peu plus house. C’est vraiment un titre qui navigue entre black music et house music.

Tu as remixé de nombreux artistes : David Guetta, les Nervo, Feder, Robin Schulz (remix que j’adore)… Préfères-tu remixer ou produire de toutes pièces ?

J’aime faire de la musique en studio que ce soit un remix ou bien une production originale. Après pour être honnête, il y a toujours plus d’engouement quand tu fais une production originale. Parce qu’en général, tu as beaucoup travaillé à écrire la chanson ou alors tu as trouvé un sample que tu as kiffé, comme j’ai fait là avec Brandy pour “Baby”. Ça m’arrive aussi d’avoir des sessions d’écritures avec des songwriters en Angleterre. Si je dois être honnête, je préfère produire mais j’adore remixer aussi. J’ai beaucoup de remixes là qui arrivent notamment un remix de “Attention” de Charlie Puth, que j’ai joué ce soir d’ailleurs.

C’est la première édition du Water Mix Festival, dans ce joli cadre. Quelles sont tes premières impressions du festival ?

Très bonne énergie ! J’ai trouvé que les gens étaient très festifs. Peu de monde par rapport à la taille mais pour moi quand les artistes d’en face sont en train de jouer et que j’ai déjà devant moi des gens qui sont en train de crier, ça fait plaisir, c’est magique.

Dans une semaine, tu joues au Stade Vélodrome pour le Summer Stadium Festival, en compagnie de Dimitri Vegas & Like Mike par exemple. Toi qui es marseillais, on suppose que c’est génial de jouer dans un tel événement à domicile ?

Clairement, si je veux être honnête je vais te dire que jouer au Vélodrome c’est exceptionnel mais pas pour Dimitri Vegas & Like Mike. C’est exceptionnel pour l’Olympique de Marseille tout simplement parce que c’est le stade où les joueurs jouent, j’y vais depuis que je suis petit pour voir l’équipe de ma ville, l’OM et là j’y vais pour jouer. Mais c’est absolument pas pour Dimitri Vegas & Like Mike. Dis le bien (rires) ! C’est pas pour eux que j’y vais, c’est juste parce que c’est le stade de ma ville et que cela représente quelque chose. Mon père, ma mère, ma famille seront là. Ce stade est un emblème, c’est un terrain de football et chez nous, c’est une religion. C’est exceptionnel ! Donc c’est vraiment pour cela que je viens et par pour Dimitri Vegas & Like Mike.

En suivant, tu joueras un peu partout tout au long de l’été ! Tu seras sur 5 dates de la soirée “Big” de David Guetta à Ibiza, et à l’affiche de nombreux festivals, comme le célèbre Tomorrowland. Jusqu’où comptes-tu aller ?

J’ai pas de “ jusqu’où je vais aller”. L’objectif ? C’est de sortir ma musique, la partager avec les gens qui l’aiment. L’idée est de continuer à sortir ma musique, de jouer partout pour la diffuser, de passer des bons moments, de voyager, j’adore voyager, c’est un kiff de fou. Voilà, j’ai pas d’objectif “où aller”, je souhaite continuer à sortir de la musique, la partager avec les gens et on verra où cela nous mène. J’ai pas dis “je vais là et j’y vais”. Je fais ce que j’aime et j’en vis. Je pense que c’est une chance énorme par rapport à tous les gens qui font de la musique. Pourvu que ça continue le plus longtemps possible.

En parlant de David Guetta, certains producteurs français pensent qu’il leur a “ouvert les portes”. Quelle est ta relation avec lui ?

Je pense que David Guetta est un boss. C’est clairement le premier DJ à avoir dit “je suis DJ mais je fais de la pop”. Même s’il est critiqué par beaucoup de gens sur les réseaux sociaux, je crois qu’ils oublient assez rapidement. Jetez juste un coup d’oeil à sa discographie, vous allez vite voir qu’il n’y en a pas un qui lui arrive à la cheville. Regardez le nombre de titres que le mec a depuis qu’il a commencé et je pense qu’aujourd’hui, il n’y a personne qui peut dire ne serait-ce qu’une seconde “j’ai un peu rattrapé David” ,parce que vous êtes loin derrière les gars. Pour moi, c’est un honneur de jouer avec lui. C’est énorme parce que quand j’étais à l’école, à la rentrée, on devait remplir la fiche avec ce que l’on voulait faire dans la vie, je disais qu’un jour je voudrais mixer avec David Guetta. Le professeur me disait que c’était pas un métier, il faut que tu mettes un vrai métier. Je répondais que je m’en fichais, que je voulais jouer avec David Guetta, qu’un jour je le ferai. Aujourd’hui, je joue avec lui et pour moi c’est notre président de la musique électronique, c’est à dire notre ambassadeur à l’international. C’est un énorme accomplissement pour moi et mon entourage de jouer avec lui, que ce soit à Ibiza au Pacha ou bien lors de ses premières parties que ce soit en Espagne ou bien aux Maldives. C’est un honneur.

Il ne rend pas indifférent en France. Certains l’adulent et sont admiratifs de sa carrière, alors que d’autres trouvent qu’il est “dépassé” et qu’il est le cliché de l’artiste EDM. Tu en penses quoi, toi ?

Moi, je pense qu’en France, les gens ne supportent pas le succès. Je pense qu’on aime bien critiquer. Après que si vous faites attention aux détails, vous comprendrez que les gens qui critiquent ne sont jamais des gens heureux dans leur vie. C’est à dire qu’un mec qui est à l’aise dans sa vie, qui kiffe ce qu’il fait professionnellement, sentimentalement, que le mec est bien dans ses baskets, il critiquera jamais parce qu’il n’a pas le temps pour ça vu qu’il kiffe sa vie. Et en face, il y a tous les gens qui ont quelque chose qui ne va pas dans leur vie, qui ont besoin de se prouver quelque chose ou parce que cela fait cool de dire par exemple “j’aime bien Black Coffee plutôt que le mainstream”. Moi aujourd’hui, je pense que David Guetta est quelqu’un qui a aidé toute la nouvelle génération à s’exporter et à vivre de ce que l’on fait. Moi j’ai pas été à l’école, j’ai pas le bac, j’ai rien du tout. Aujourd’hui, je vis à 100 % de ma musique, je fais vivre mon père avec ma musique et ça n’a pas de prix. C’est grâce à des gens qui me supportent comme Robin Schulz, David Guetta etc… Donc je ne pourrais jamais dire à ces mecs-là “ouais c’est trop mainstream ce morceau-là”. Il y a des gens qui critiquent, je pense que ça fait partie du genre humain. Mais si tu es bien dans tes baskets, tu ne critiques pas les gens.

Est-ce que tu penses qu’en France, il y a un manque de solidarité entre DJ’s producteurs et de patriotisme contrairement à un pays comme la Hollande ?

Je ne trouve pas. D’ailleurs, je tiens à remercier énormément tous les DJ’s résidents français. Que ce soit des DJ’s qui se trouvent dans des bars, des restaurants, dans des clubs. Peu importe où ils sont résidents, même s’ils sont résidents chez leur grand mère, je tiens à tous les remercier parce qu’aujourd’hui tous ces gens-là jouent ma musique, la supportent, m’écrivent régulièrement. J’essaie de répondre à tout le monde même si parfois c’est difficile de répondre à tous mais j’essaie de le faire. Pour moi, ces gens-là m’apportent le plus grand support car ils diffusent ma musique. Aujourd’hui, si ma musique est vue, c’est parce qu’elle est diffusée dans les bars, les restaurants, les clubs grâce à ces gens-là, on ne va pas se mentir. Donc j’ai énormément de respect pour eux. J’ai été résident pendant 10 ans avant donc j’ai énormément de respect. Après, qu’il y ait un manque de solidarité entre les producteurs “guest” et les organisateurs, j’y accorde pas d’importance pour être honnête. Moi ce qui m’intéresse, c’est que les français de mon pays, les résidents, ceux qui au final diffusent le plus la musique à travers toutes les villes continuent à jouer ma musique. Grâce à eux ma musique est diffusée. En revanche, un manque de solidarité entre DJ’s, moi ce que je pense, c’est qu’à partir du moment où tu fais ton truc, tu attires des jaloux. Je crois que dans la vie tout le monde veut que tu réussisses mais jamais mieux qu’eux. Donc est-ce qu’il y a un manque de solidarité ? Je ne pense pas mais en France, il y a ce problème : dès que tu deviens dangereux, ils deviennent jaloux et te tournent le dos. Mais je m’en fiche parce que moi j’ai mes potes avec lesquels j’ai grandi à Marseille, ce sont des bons, avec lesquels il n’y a aucun problème et le reste je ne m’en occupe pas.

Reparlons de production… Avec quel(s) artiste(s) aimerais-tu collaborer ?

Drake, The Weeknd, des gars qui ont un certain groove, un feeling par rapport à la musique. Je pense que si l’on se connaissait dans la vraie vie, ils pourraient être des potes à moi. Calvin Harris en DJ producteur parce que j’aime beaucoup ce qu’il fait. C’est un mec qui n’a pas peur, qui n’hésite pas à proposer, qui a envie de faire changer les tendances.

Quels sont tes projets à venir ? EP, album ?

Pour la suite, c’est de continuer à sortir des singles. Essayer de « dropper » un hit, quelque chose de fort pour passer à une étape supérieure. Continuer de remixer à mort. Mais je pense que la prochaine étape pour moi, c’est de faire un hit, un vrai gros hit, éventuellement plusieurs derrière pour vraiment passer à un niveau au dessus.

Merci d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Le message à faire passer, c’est croyez en vos rêves même si les gens jalousent, ils sont haineux, ils vont avoir tendance à vous décourager parce qu’ils ont peur tout simplement. Ils ont peur d’eux-mêmes parce qu’ils ne sont pas au niveau. Quand on est pas au niveau soi-même, le seul moyen de se réconforter avec cela, c’est de dire à l’autre “t’es pas bon”. Je pense que ce n’est pas la solution. Moi à l’école, on m’a dit que je finirai à la poubelle. Je suis parti de chez mes parents à 17 ans, j’ai continué à croire en mes rêves et je n’ai pas arrêté. Ce n’est même pas une revanche, je crois que la chose qui sauvera le monde, c’est l’amour et pas la haine. Ceux qui l’ont compris réussissent et ceux qui sont dans la haine échouent. Quand on aime ce que l’on fait, qu’on le fait avec amour, qu’on a confiance en soi, il n’y a aucune raison que vous ne réussissiez pas. Le message à faire passer c’est donc de continuer à croire en ses rêves, ignorer ceux qui vous dégradent parce qu’au final 99% de votre entourage le fera. Mais je pense que l’avenir appartient à ceux qui sont capable de rêver et qui parviennent à transformer leurs rêves en réalité.

Réalisation : Valso / Préparation : Valso, So et Ben Altet / Retranscription : So

Photo : Facebook de l’artiste

(L’interview ayant eu lieu lors du Water Mix Festival, certains propos/questions sont donc à remettre dans leur contexte temporel)

 

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