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Figure incontournable de la scène EDM, Dannic s’est imposé depuis plus de dix ans comme l’un des DJs et producteurs les plus respectés de la sphère électronique. Fidèle à son style groovy et funky, il a marqué le public avec ses sets énergiques et ses collaborations, notamment aux côtés de Hardwell. À l’occasion de sa 13ᵉ participation à Tomorrowland, nous avons eu le privilège d’échanger avec lui. Voici l’intégralité de ses propos :

(english below)

Salut Dannic ! Pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Dan, mon nom d’artiste est Dannic. Je produis depuis 2012 environ et j’ai joué un peu partout dans le monde. En fait, c’est ma 13ᵉ fois à Tomorrowland — je me sens chanceux. On me connaît surtout pour mes sets énergiques et mon son big room groovy. J’ai commencé à sortir des titres sur le label de Hardwell et aujourd’hui j’ai aussi mon propre label. Je prends toujours autant de plaisir à faire ce que je fais.

C’est la question de base de notre site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

Pour moi, la musique électronique, c’est l’énergie, la positivité et des vibes euphoriques. Elle représente tout pour moi. Bien sûr, toute musique transmet des émotions, mais l’électro a quelque chose de particulier : regarde la mainstage de Tomorrowland, des milliers de personnes qui sautent en même temps, c’est unique.
Et puis c’est tellement divers et infini. Avec un ordinateur, on peut créer absolument tout ce qu’on imagine.

Aujourd’hui, tu joues à Tomorrowland sur la scène Planaxis qui a pour thème :  2010 – 2012 & Super You & Me. Que représente cette période pour toi ?

Cela représente tout pour moi ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à écouter des artistes comme Swedish House Mafia, Fedde Le Grand, Laidback Luke — pour moi, c’étaient des légendes. À cette époque, je produisais dans ma chambre, sans me dire “je veux être une star”. Je faisais juste ça par passion. Quand j’ai commencé à sortir mes premiers morceaux en 2012–2013, c’était aussi le “boom EDM”, surtout aux États-Unis, et c’est là que j’ai collaboré avec Hardwell.
Pour mon set de ce soir, je vais mélanger des nouveautés avec des classiques. J’adore que Tomorrowland m’ait donné cette opportunité : c’est fun pour le public, et ça permet aussi de faire découvrir ou redécouvrir des morceaux.

Ton style est groovy, funky mais puissant. Quelle est l’origine de cette signature sonore ?

C’est venu naturellement. J’écoutais beaucoup de house à l’époque, des titres comme Put Your Hands Up for Detroit de Fedde Le Grand ou Let Me Think About It. J’adorais leur groove et leur énergie.
En parallèle, j’ai toujours aimé la musique funky, soul ou pop — Michael Jackson, Bruno Mars. Ma musique n’est pas forcément soul, mais elle garde toujours une touche groovy.

Et comment ce son va-t-il évoluer ?

En ce moment, je sens que le cycle revient. J’ai testé pas mal de choses, mais je reviens à des morceaux mainstage avec du groove, mais mis à jour avec les sons de 2025. L’idée, c’est qu’on reconnaisse toujours Dannic, mais dans une version moderne.

En 2016, tu fondes ton label Fonk Recordings qui représente parfaitement ton empreinte musicale. Comment vois-tu l’évolution de ce projet et quelle est la suite de l’histoire ?

Je l’ai lancé pour soutenir les jeunes producteurs. Beaucoup m’envoyaient des morceaux que j’adorais et que je jouais en set, mais je ne pouvais pas vraiment les aider sans label. Hardwell et Revealed m’ont donné une plateforme au début de ma carrière, je voulais faire pareil.
On a fait de belles soirées et de belles sorties, mais l’industrie a beaucoup changé. Aujourd’hui, je sors ma musique sur différents labels — ça me donne plus de liberté, moins de pression. Peut-être que Fonk reviendra plus tard, mais pour l’instant je préfère profiter de cette flexibilité.

Justement, parlons de Hardwell. Quelle est l’histoire de votre collaboration et de votre amitié ?

Hardwell m’a offert une incroyable plateforme, comme il l’a fait pour Dyro ou d’autres. Je lui en serai toujours reconnaissant. Mais en même temps, j’ai dû bosser très dur moi-même.
On est encore proches aujourd’hui : on s’envoie nos morceaux, on s’échange des retours, on discute de nouvelles techniques de prod. Le plus important, c’est l’honnêteté : il peut me dire “je n’aime pas ce titre” sans problème, et moi pareil. Ça nous aide à progresser.
Je suis fier de ce qu’il a accompli — c’est un DJ et un producteur incroyable, mais aussi un vrai ami. Et nos tournées en bus de l’époque, c’était légendaire, un vrai tourbillon.

Dans la scène francophone, on idolâtre souvent la scène néerlandaise pour son entraide entre artistes. Est-ce que cette communion entre artistes néerlandais est omniprésente, ou c’est une image un peu faussée ?

Je pense que c’est culturel. Quand j’ai commencé, on jouait dans des bars locaux et on s’échangeait des morceaux pour s’entraider. On était une équipe, pas seulement des concurrents.
Et travailler avec des jeunes artistes m’inspire : ils ont des sons ou des approches nouvelles qui me donnent des idées. C’est ça, une bonne collaboration.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune artiste ?

Concentre-toi sur la musique d’abord. Aujourd’hui beaucoup pensent au marketing avant même de finir leurs morceaux. Mais c’est la musique qui ouvre les portes.
Bien sûr, le contenu et la communication comptent, mais si tu n’as pas de bons titres à partager, ça ne sert à rien. Crée beaucoup de musiques dont tu es fier, ensuite seulement pense à la promo.

Comment vois-tu l’industrie musicale aujourd’hui par rapport à tes débuts ?

Je trouve ça génial. Il y a énormément de musique qui sort, et avec l’IA de nouvelles possibilités apparaissent. La seule difficulté, c’est que les gens consomment très vite : ils veulent toujours le prochain morceau. Mais globalement, c’est une période excitante.

Tu es aussi reconnu pour tes mashups. Comment as-tu développé cette compétence ?

J’ai commencé comme DJ, donc j’ai toujours voulu que mes sets soient uniques. Les mashups me permettent de connecter avec le public : mélanger quelque chose qu’ils connaissent avec du nouveau. J’essaie d’être créatif : changer les tonalités, les tempos, surprendre avec des drops inattendus. Ça crée l’effet “wow” sur le dancefloor.

Tu viens de sortir ton EP “Silver”, comprenant notamment “Knock N Load” et “Kick It” sortis indépendamment quelques mois avant. À l’heure où la musique se perd vite dans les plateformes de streaming, était-il important pour toi de leur donner une seconde vie avec ce nouvel EP ?

Je voulais revenir à de la musique club. Aujourd’hui, on trouve surtout de la techno très dure ou de la house très douce, et je pense qu’il manque quelque chose entre les deux.
Bingo Players, qui est un ami, m’a demandé des morceaux pour ses sets. Je lui ai envoyé Knock & Load, ça lui a rappelé les sons old school. De là est née l’idée de faire un EP ensemble.

Selon moi, tu as toujours réussi à préserver ton ADN musical unique, de « Ignite » à tes nouvelles releases !

Merci, c’est le plus beau compliment. J’ai connu des périodes où mon son n’était pas “à la mode”, mais aujourd’hui le cycle revient. J’essaie de rester fidèle à moi-même tout en évoluant.

Un dernier mot pour tes fans français ?

Vous me manquez ! Ça fait un moment que je n’ai pas joué en France, mais j’ai vu mes collègues DJs aux festivals chez vous, et la foule est incroyable. J’espère vraiment revenir bientôt. Merci pour votre soutien après toutes ces années. Merci beaucoup !



Hi! Could you introduce yourself for those who may not know you yet?

I’m Dan, my artist name is Dannic. I’ve been producing since around 2012, and I’ve played all over the world. Actually, this is my 13th time at Tomorrowland—I feel blessed. People might know me for my energetic sets and my big-room groovy sound. I started releasing on Hardwell’s label, and now I also run my own label. I just really enjoy what I do.

That’s our go-to question on the site… What’s your definition of electronic music?

For me, electronic music is energy, positivity, and euphoric vibes. It means the world to me. Music in general makes you feel a certain way, but electronic music has something unique—you can see it here on the Tomorrowland main stage: thousands of people jumping together. Nothing compares to that.
It’s also so diverse and infinite, because with a computer you can create anything you imagine.

Today, you’re playing at Tomorrowland on the Planaxis stage, which is themed around 2010–2012 & Super You & Me. What does that period mean to you?

Everything. That’s when I started listening to artists like Swedish House Mafia, Fedde Le Grand, Laidback Luke—legends to me. At that time I was just producing in my bedroom, not thinking of becoming famous, simply enjoying music.
When I started releasing in 2012–2013, it was also the “EDM bubble,” especially in the US, and that was when I began working with Hardwell. For tonight’s set, I’ll mix new tracks with classics—I love that Tomorrowland gave me this chance. It’s fun for the crowd, and also a way to educate people musically.

Your style is groovy, funky but also powerful. What’s the origin of this signature sound?

It came naturally. Back in the day, I listened to house tracks from people like Fedde Le Grand (Put Your Hands Up for Detroit) or Let Me Think About It. Those songs had groove and energy.
At the same time, I’ve always loved funky, soulful music—artists like Michael Jackson or Bruno Mars. My music isn’t exactly soulful, but I’ve kept that groove element.

And how will this sound evolve?

Right now, I feel the cycle is coming back. I experimented with different things, but I’m returning to mainstage tracks with groove, updated with 2025 sounds. Hopefully, you can still recognize it’s Dannic —just in a modern shell.

In 2016, you founded your label Fonk Recordings, which perfectly represents your musical identity. How do you see this project evolving, and what’s next in the story?

I launched it to help young producers. Many sent me tracks I loved and played in my sets, but I couldn’t really support them without a label. Hardwell’s Revealed helped my career a lot, so I wanted to create the same platform.
We did great parties and releases, but the industry has changed. Nowadays, I release music across different labels—no pressure, more freedom. Fonk might come back in the future, but for now I’m enjoying releasing everywhere.

Speaking of Hardwell, what’s the story of your collaboration and friendship?

Hardwell gave me an incredible platform, like he did for Dyro and others. I’m super thankful. But at the same time, I had to do the hard work myself.
We’re still close—we share music, give each other feedback, and geek out about production techniques. The best thing is the honesty: he can tell me “I don’t like this,” and I can do the same. That makes us both better.
I’m proud of what he achieved—an amazing DJ, producer, and friend. Our bus tours together were legendary, even if everything went so fast I didn’t have time to fully enjoy it.

In the French-speaking scene, the Dutch scene is often idolized for its sense of unity among artists. Is this spirit of togetherness among Dutch artists really as strong as it seems, or is it a bit of a misconception?

I think it’s cultural. When I started playing in local bars, DJs would share tracks with each other to help everyone improve. That spirit of collaboration instead of competition became part of the Dutch scene.
Working with young artists also inspires me—I learn from their fresh sounds and ideas. That’s what makes a good collab.

What advice would you give to young artists?

Focus on making music first. Many DJs now focus more on marketing than on finishing tracks. But music is what opens doors.
Of course, content and marketing are important, but if you don’t have solid music, there’s nothing to promote. Make a lot of music you’re proud of, then think about rollout and promotion.

How do you feel about today’s music industry compared to when you started?

It’s great. There’s so much music being released, and tools like AI open new possibilities. The only challenge is that people consume music so fast—they always want the “next release.” But overall, I think it’s an exciting time.

You’re also known for your mashups. How did you develop that skill?

I started as a DJ, so I always wanted my sets to feel special. Mashups let me connect with the crowd: combining something familiar with something new. I try to make them creative with pitch changes, tempo switches, and surprise drops to create a “wow effect.”

You’ve just released your EP “Silver”, which includes “Knock N Load” and “Kick It”, both released independently a few months earlier. At a time when music often gets lost in streaming platforms, was it important for you to give those tracks a second life with this new EP?

I wanted to focus on club music again. Right now, I feel there’s a gap between house and hard techno. I try to fill that space with tracks DJs can actually play. Bingo Players, who’s a friend, reached out to me asking for club tracks. I sent him Knock & Load, and it reminded him of the old days. That led to this EP together.

According to me, you keep your unique DNA in your music, from Ignite to your new releases.

Thank you, that’s the best compliment. I’ve had moments where my sound wasn’t that popular, but now I feel the cycle is returning. My goal is to stay true to myself while evolving.

Any last words for your French fans?

I really miss the French crowd—it’s been a while since I played there. I see the incredible energy at festivals, and I hope to be back soon. Thank you for the amazing support all these years. Merci beaucoup !