
Sept ans après les avoir rencontrés pour la première fois (interview ICI), nous avons tendu de nouveau notre micro au duo Trinix au Garorock. Lors de notre échange, nous avons pu évoquer divers sujets comme leur futur album à venir, le lien entre leur présence sur Internet et la scène, ainsi que l’apparition de l’IA dans la musique. Retrouvez l’intégralité de leurs propos c-dessous :
Salut ! Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Lois : Salut, on s’appelle Trinix ! On est un groupe de musique électro lyonnais, on a commencé à faire de la musique ensemble il y a environ 10 ans.
Josh : T’es très scolaire (rires) !
Votre dernier succès est “Hotstepper”, une reprise du chanteur jamaïcain iNi Kamoze. Est-ce que la diversité culturelle est quelque chose qui vous inspire, artistiquement parlant ?
Josh : Ouais, complètement ! C’est quelque chose qui nous a toujours inspiré depuis qu’on a commencé. À un moment, on s’est un peu perdu. On avait arrêté d’aller chercher des sonorités world music. On y est donc revenu bien fort depuis deux ou trois ans !
Lois : Notamment avec les vidéos que l’on fait sur Internet, où on reprend pleins d’artistes ou même amateurs du monde entier. Ça nous rappelle que peu importe la langue, c’est la musicalité qui importe. Donc on avait fait le step de sortir un morceau en brésilien avec « Emorio », à une période où ça ne se faisait plus trop. Et là on voit que c’est de retour, donc c’est trop cool !
Tout votre taff autour d’Harry Potter vous a permis d’enregistrer avec Tom Felton. “Avec Classe”, sorti en février, est en collaboration avec Corneille (avec qui on a grandi) et Aya Nakamura (une des artistes francophones qui fait le + de bruit mondialement). Les featurings de Trinix, ce n’est pas simplement pour faire kiffer Josh et Lois ?
Josh : C’est totalement ça (rires) ! On se fait vraiment kiffer !
Lois : Mais carrément (rires) ! On s’est fait la réflexion : en deux ans, on a fait des featurings avec Aya Nakamura, Corneille, Steve Aoki, Akon, Tom Felton… Ça n’a aucun sens quand tu mets tous ces noms à côté !
Vous travaillez beaucoup avec différents chanteurs donc. Vous qui aimez les machines, la technologie… Que pensez-vous de l’IA utilisée pour les vocaux ? Avez-vous été tentés de tester ?
Lois : On a déjà essayé pour les voix de chanteurs, on trouve ça marrant. Ça peut certes aider sur certains points, nous ce qu’on kiffe, c’est de rencontrer des gens de l’autre bout du monde. Avec l’IA, on perdrait ça !
Josh : C’est clair, on n’aura jamais ce truc de faire un projet entier en IA !
Lors de notre rencontre en 2017, vous nous aviez avoué ne pas être intéressés par des collaborations avec des beatmakers. Quelle est votre position là-dessus, aujourd’hui ?
Josh : Ah c’est vrai qu’on avait dit ça, je m’en rappelle (rires) ! Pour le coup, on est plutôt intéressé par des collaborations avec d’autres producteurs et beatmakers aujourd’hui. Ça apporte d’autres choses, d’autres idées. Mais c’est vrai qu’on n’en fait pas beaucoup, on fait plus de choses avec des chanteurs.
Lois : Ça reste le même principe que ce qu’on disait avant concernant Tom Felton, Aya Nakamura ou d’autres. En fait, on ne veut pas faire des collabs pour faire des collabs. Des fois, on nous propose des superstars comme Don Diablo ou Sam Feldt. Ça ne nous fait pas vibrer car c’est juste sortir une track avec eux, comme ça.
Josh : On a dit non à Don Diablo par exemple, ouais !
Lois : Mais il y a des petits artistes avec qui l’on travaille parfois, comme des mecs avec qui on s’est lié d’amitié avec eux. Il faut qu’il y ait une histoire derrière, que ce soit naturel.
Depuis toutes ces années, vous avez littéralement explosé ! Des millions d’écoutes mensuelles sur les plateformes, un Olympia complet plusieurs mois à l’avance, une nomination aux NRJ Music Awards… Arrivez-vous toujours à garder votre duo intact sur le point personnel, alors que les choses vont à 1000 à l’heure ?
Josh : Oui, parce qu’on en discute beaucoup. C’est vrai que beaucoup de choses nous arrivent et nous tombent dessus. C’est pas toujours facile à gérer émotionnellement. Donc on en parle beaucoup entre nous, parce que ce qui nous arrive n’est pas normal. Quand t’es humain, tu n’es pas censé gérer autant émotionnellement parlant, on ne t’apprend pas ça à l’école.
Lois : Oui, et puis te perdre là-dedans aussi ! On peut vite se retrouver dans une tourmente, on veut garder les pieds sur terre. Ça représente toute notre vie, et si ça marche moins bien, ça peut vouloir dire qu’on se sentira moins bien en tant que personne. Donc il y a un vrai travail psychologique à faire, je pense ! On s’en rend compte, mais il faut avoir les épaules.
Josh : Après nous on est deux, donc c’est cool ! Des fois, on a des discussions jusqu’à quatre heures du matin. On va se parler de choses très profondes.
Votre nom en rouge sur la façade de l’Olympia, ça doit faire quelque chose ! Avez-vous pu profiter pleinement de votre show, ou tout ceci semblait irréel ?
Lois : Tu vois, c’est justement une des discussions qu’on a eu entre nous (rires) ! Nous l’Olympia, on ne l’a pas vécu. Déjà, voir notre nom sur les néons rouges, c’était complètement fou. Mais tout s’est passé à 1000 à l’heure. Pour donner quelques détails le Jour J, il y a des répétitions, du stress… Sur un show comme celui-là, il y a une trentaine de personnes qui travaillent. C’est une véritable machine, on n’a pas le temps d’apprécier. Même sur scène, c’était très bizarre à vivre.
Josh : Même le lendemain, on s’est dit « Mec, on a fait l’Olympia et je ne m’en souviens même plus » ! On n’a pas trop réalisé ce qu’il s’était passé !
Lois : Par contre, on a fait une captation du show qui nous permet de revoir ça. Après, moi je ne l’ai pas encore regardé parce que je me sentais pas prêt.
Josh : De mon côté, je l’ai revu. Et c’est vrai qu’en le regardant, beh ouais… J’ai eu une petite larme à l’œil et je me suis dit « P*tain, on a fait ça » ! Et du coup prochaine étape en 2025, avec le Zénith…
Justement ! Après cet Olympia, vous êtes en train de remplir le Zenith de Paris (billetterie ICI) pour 2025. À quoi les gens doivent-ils s’attendre pour ce show ?
Lois : Ça va être encore plus gros que l’Olympia ! On est en train de réfléchir à pleins d’idées incroyables.
Josh : Oui déjà l’Olympia, on avait rempli la salle également grâce à des gens qui nous ont découverts sur Internet. Le défi était de ramener Internet sur scène, notre identité.
Lois : C’est vrai que l’image que l’on a sur les réseaux, c’est cool, mais il ne faut pas biaiser les gens. On ne peut pas leur proposer un show qui n’a rien à voir. On était donc super content de relever ce défi. Quand tu viens nous voir en concert, tu seras servi si tu aimes la musique électronique, mais également si tu regardes nos vidéos. On le voit grâce à la moyenne d’âge du public, c’est très familial. C’est un peu le public de Vianney ou Bigflo & Oli. Bonne ambiance, tu vois !
La combinaison de votre talent et du travail acharné fait que vous arrivez à atteindre des objectifs plus fous les uns des autres. À l’image d’un DJ Snake ou de Bigflo & Oli qui ont toujours ce besoin de surenchérir leurs prestations scéniques, quelle est la prochaine étape pour vous ?
Josh : Déjà, le Zenith est une grosse étape pour nous. Ressortir un album est également une grosse étape. On aimerait bien jouer à Coachella un jour, mais en fait on a tellement de défis ! Contrairement à certains artistes, il y a un moment où on aura une pensée comme « là, on a fini le jeu ». Et quand on aura fini le jeu, je pense qu’on s’arrêtera. Même si ça marche à ce moment-là, si nous on estime qu’on a fait le tour, on passera à autre chose.
Lois : Après on dit ça mais… C’est humain (sourire). Après l’Olympia, on ne devait pas faire de Zenith à la base. Mais ça donne tellement d’adrénaline, on y a mis toute notre énergie ! On a passé un an dessus, et je me suis dit « Plus jamais de ma vie » ! Et trois jours avant l’Olympia, je me réveille la nuit et je me dis que je ne veux pas qu’on regrette. Je ne voulais pas qu’à 60 ans, on se dise « on aurait pu faire ça ». Donc il y a aussi ce petit cercle vicieux, c’est tellement fou à vivre (sourire).
Hormis votre premier album “Exit”, vous sortez un album tous les 3 ans. “Own” en 2015, “Mayday” en 2018, “Altitude” en 2021. Nous sommes en 2024… Doit-on s’attendre à une grosse sortie dans les six prochains mois ?
Lois : Euh… Dans les six prochains mois, je ne pense pas !
Josh : En fait, à la base, on voulait sortir quelque chose à la rentrée 2024, pour septembre/octobre. Mais on veut tellement faire les choses correctement… On s’est retrouvé dans un rouleau compresseur sur cette dernière année. Et contrairement aux précédents projets où on se fixait des deadlines, on s’est dit qu’on sortirait cet album seulement quand il sera prêt. De préférence avant le Zenith, évidemment (rires) !
Comment voyez-vous l’avenir de votre duo ? Votre signature sonore va-t-elle évoluer vers de nouveaux styles ?
Lois : Ouais, toujours ! On se connait depuis longtemps et vous avez vu qu’on s’ennuie très vite. On ne veut pas faire tout le temps la même musique. Il y a des musiques qui marchaient bien à l’époque, on aurait pu rester là-dessus en continuant à faire ça. Mais on veut toujours aller chercher quelque chose d’un peu frais. Comme je disais tout à l’heure, chercher un son brésilien alors que ça ne se fait plus du tout à ce moment-là, ça nous fait kiffer.
Josh : Et on a cette chance là de pouvoir le faire ! Personnellement, je pense que je ne pourrais pas être un artiste qui incarne, comme un chanteur. Les chanteurs ont moins cette liberté de pouvoir prendre des virages artistiques. Nous, on est des DJs producteurs donc ca ne choquera pas les gens si on fait un remix de bachata demain, par exemple.
Lois : Surtout avec les réseaux sociaux, où on a cette double carapace ! Les gens nous connaissent parce qu’on a fait pleins de remixes de tellement de choses différentes, donc ça ne les choque pas. Comme tu disais tout à l’heure, quand on sort un son avec Aya Nakamura, ou avec Steve Aoki, les gens ne sont pas choqués. On a un profil 360 et c’est génial.
Josh : D’ailleurs, on le voit quand on demande aux gens leur morceau préféré à la fin des concerts, ils sont tous différents. C’est ça qui est trop bien !
Lois : Et du coup, ça nous offre des opportunités ! On a des demandes parfois, par exemple Christophe Maé qui voulait qu’on fasse un remix. Nos équipes hésitaient, mais nous ça nous chauffe grave de lier à la chanson française (rires). Pour l’instant, ça ne s’est pas fait pour diverses raisons mais c’est le genre de projet qui est cool. Pourquoi ne pas travailler avec un Mika ou avec des rappeurs ultra connus. On a vraiment pleins de gens avec qui l’on aimerait travailler !
Merci d’avoir répondu à nos questions ! Un dernier message à faire passer ?
Lois : On espère vous voir au Zenith le 1er mars ! Et sinon, on est très content d’être ici au Garorock !
Josh : Et on se dit « à bientôt » du coup (sourire) !
Préparation : Valso, So & Vincent / Réalisation et retranscription : Valso

[…] et le duo Trinix nous attend patiemment afin de répondre à nos questions (interview à retrouver ICI). Un plaisir de se revoir après notre première rencontre en 2017 (voir ICI). On se remémore le […]
[…] et le duo Trinix nous attend patiemment afin de répondre à nos questions (interview à retrouver ICI). Un plaisir de se revoir après notre première rencontre en 2017 (voir ICI). On se remémore le […]