Interview : Marcus Santoro (EN+FR)

© Michelle Grace Hunder
© Michelle Grace Hunder

En ce début d’année 2022, nous avons eu l’honneur de poser quelques questions à l’un des artistes les plus talentueux d’Australie : Marcus Santoro. De son amour pour la Progressive House à sa passion pour le cinéma, en passant par l’industrie musicale australienne… Retrouvez l’intégralité de ses propos ci-dessous :

(english below)

Salut Marcus, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Salut tout le monde ! Je m’appelle Marcus Santoro et je suis un DJ/producteur de Melbourne, en Australie, depuis plus de 10 ans maintenant. Les styles dans lesquels je me spécialise sont la Progressive House et la Trance !

C’est la question de base de notre site : quelle est ta définition de la musique électronique ?

La musique électronique est si vaste et unique qu’elle change incroyablement la donne pour l’ensemble de l’industrie de la musique. Donc ma définition de ce qu’est la musique électronique est tout simplement cela, un game changer.

Même si la Progressive House n’est plus aussi populaire qu’il y a quelques années, tu as décidé de te focaliser là-dessus. D’où vient ta passion pour ce style ?

Je suis et je serai toujours passionné par la Progressive House. C’est la musique avec laquelle je me suis instantanément connecté et dont je suis tombé amoureux, à bien des égards. Ça a engendré mon désir de m’impliquer dans l’industrie de la musique. Je pense que c’est une musique qui peut faire voyager les gens, les rendre heureux et euphoriques. Ce n’est peut-être pas populaire comme c’était le cas avant, mais je ne pense pas que le style ait disparu. Au contraire, il fait une pause et reviendra encore meilleur et plus excitant.

Ton remix Progressive-House de “Lonely” de Joel Corry est incroyable. Préfères-tu produire une musique de toutes pièces ou remixer une œuvre déjà existante ?

Merci ! J’ai passé un excellent moment à remixer ce morceau. Joel est absolument génial dans ce qu’il fait et ce fut un réel privilège de faire un remix officiel pour lui. Je suppose que tout dépend de la chanson que vous remixez en fin de compte. Parfois, vous pouvez vous connecter avec et parfois vous ne pouvez pas. Je m’assure que toutes les chansons que je remixe me permettent de m’identifier et d’utiliser ma signature sonore.

À la fin de l’année 2020, tu as sorti ton premier EP “A New Day” où tu as montré d’autres nuances de ta musicalité : comment as-tu conçu ce projet ?

L’EP « A New Day » était vraiment excitant pour moi. Lorsque le monde a été touché par la pandémie actuelle de COVID-19, je me suis senti obligé de présenter quelque chose de différent et de plus expérimental que ce pour quoi mes fans me connaissaient. Je sentais qu’il fallait que j’explore une voie plus profonde avec ce projet, et l’équipe de Protocol savait que cela fonctionnerait bien. J’ai senti que l’EP racontait une belle histoire et s’enchaînait bien. Chaque chanson de l’EP se mettait bien en valeur, et le projet a été très bien accueilli.
Travailler avec Misha Miller sur « A New Day » était vraiment génial, c’est un vrai talent et j’ai hâte de sortir plus de musique avec elle afin d’aller de l’avant. C’était aussi super de renouer avec Lauren L’aimant sur « Give Into You » car notre précédent disque « Blackout » a reçu un énorme soutien d’Alesso & Armin van Buuren. Et enfin, « Symphony » avec Roan Shenoyy, qui était une ID tant attendue depuis le set d’Axwell de Tomorrowland en 2018. J’ai senti que nous devions le retravailler pour un son plus actuel, et il me semblait juste de l’ajouter à l’EP comme chanson finale.

Est-ce que sortir un album serait pertinent artistiquement pour toi ?

Clairement, j’aimerais sortir un album ou un plus gros EP/projet. Je veux que ce projet soit un condensé de mon aventure musicale, de mes expériences personnelles et raconter cette histoire comme je le souhaite.

Tu as collaboré à plusieurs reprises avec des compatriotes comme Ivan Gough et le trio Sentinel. Sens-tu une dynamique particulière autour de la scène australienne ?

Il y a certainement quelque chose de spécial quand il s’agit d’artistes australiens. Je ne sais pas si c’est parce que nous sommes si loin des États-Unis et de l’Europe, mais nous apportons certainement une saveur supplémentaire qui est unique à sa manière. J’ai grandi en écoutant le succès d’Ivan Gough en tant qu’artiste et pouvoir travailler en étroite collaboration avec lui a été incroyable. Sentinel est aussi un groupe incroyable de gars que je suis fier d’appeler des amis, je pense qu’ils sont l’un des secrets les mieux gardés d’Australie.

En parlant de l’Australie, penses-tu que la distance géographique représente un inconvénient au niveau du booking européen ?

Je pense que c’est un peu difficile, bien sûr, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas y arriver. L’Australie compte certains des meilleurs artistes et scènes du monde. Mais il est clair que ce serait plus facile d’être plus proche de la scène européenne.

Tu as sorti différentes tracks sur Axtone, Protocol, Armada et de nombreux autres labels. As-tu déjà envisagé de créer ton propre label, afin de gagner en liberté musicale et en deadline ?

Le grand projet pour moi est certainement de créer une plateforme/label où je peux sortir de la musique selon mes propres conditions. Je pense que c’est le rêve de tout artiste ou créateur. J’adore travailler avec les équipes d’Axtone, Protocol et Armada, ils sont comme une famille élargie et font partie de la “Team MS”. C’était un vrai rêve devenu réalité pour moi de sortir avec eux et je continuerai absolument à le faire.

Certains de tes titres sont sortis après une longue attente du public, notamment “Losing Focus” et “Symphony”. Est-ce qu’un bon timing est essentiel pour qu’un titre ait le succès escompté ?

Je crois qu’une sortie ne devrait jamais être précipitée. C’est ce que nous avons fait avec « Losing Focus » et « Symphony ». Les deux idées ont été lancées en 2018 et publiées en 2020, je ne pense pas que cela devait se passer de cette façon, surtout lorsque le COVID-19 est arrivé à la fête. Nous voulions nous assurer que les disques étaient absolument prêts à 100% avant de les sortir.

Dans une ère où la promotion de la musique est de plus en plus digitale, est-ce que tu penses qu’il est plus difficile pour les petits / nouveaux artistes de se faire connaître, ou au contraire cela leur permet davantage de se démarquer et constitue un réel levier ?

Absolument ! Étant moi-même un artiste en développement, je perçois ça comme une porte difficile à ouvrir. Je crois fermement qu’il faut s’adapter aux différentes époques. Tu dois être impliqué dans chaque aspect de l’industrie, de ton métier, sinon… C’est facile de perdre pied, surtout dans une époque où c’est tellement accessible, presque comme du fast-food. Tu dois sortir du lot, mais aussi te rappeler que ce n’est pas une course et que chacun suit sa propre trajectoire.

Alors que la scène électro est parasitée par des tendances érigées en “formules gagnantes », est-il difficile et/ou important de garder une telle direction artistique ?

Je crois vraiment en l’écriture de musique qui vous passionne. Vous devez croire en vous et en la musique que vous faites. En fin de compte, c’est votre identité. Vous voulez vous exprimer et être honnête avec les fans. Si vous suivez les tendances pour un succès rapide, je ne pense pas que ça fonctionnera à long terme. Mais si vous suivez les tendances tout en incorporant quelque chose avec une nouvelle saveur et en vous permettant d’y être ouvert, alors c’est une autre histoire.

Ton style colle parfaitement avec certains clubs français, notamment l’Opium de Toulouse. Quand viendras-tu poser tes valises chez nous ?

J’adorerais venir en France, c’est sur ma liste depuis un certain temps et jouer à l’OPIUM serait génial. J’espère que cela arrivera dès que possible.

En 2020, tu as réalisé un superbe mix au “Bridge Road” de Melbourne. As-tu un endroit où tu rêverais de jouer ta musique ?

Le livestream de Bridge Road à Melbourne a été un moment tellement amusant et a été bien accueilli par les fans. Il y a beaucoup d’endroits que j’aimerais visiter et y faire un DJ set un jour. En termes de festival, j’adorerais me produire à EDC à Las Vegas ou à Tomorrowland en Belgique.

Avant la musique, tu étais attiré par l’écriture de scénarios et la réalisation cinématographique. Trouves-tu un lien avec la production musicale et le DJing ? As-tu comme souhait d’allier musique et cinéma à moyen/long terme ?

Je suis très passionné de film/cinéma. Avant la musique, je voulais travailler dans l’industrie du cinéma en tant que réalisateur/scénariste. Être capable d’écrire de la musique a été un voyage incroyable et je m’efforce toujours de faire quelque chose de nouveau et d’excitant et, en général, de me mettre au défi. Je trouve que la musique et les films sont le combo parfait, une façon visuelle d’interpréter le son. À long terme, j’aimerais intégrer les deux et créer une nouvelle expérience pour les fans.

Quels sont tes projets à venir ?

J’ai beaucoup de nouvelles musiques en cours, y compris des collaborations passionnantes dont je ne peux pas encore trop en dire !

Merci d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Merci de m’avoir reçu ! J’espère venir bientôt en France. Plus important encore, restez en sécurité, amusez-vous et si vous croyez vraiment en quelque chose… Continuez à travailler dur et ne laissez personne éteindre votre flamme.


Hey Marcus, can you introduce yourself for those who don’t know you?

Hey everyone! My name is Marcus Santoro and I am a producer & DJ from Melbourne, Australia. I have been writing music and DJing for well over 10 years now and the music I specialize in is progressive house & trance!

That’s our fundamental question : what’s your definition of electronic music?

Electronic music is so vast and unique and incredibly game-changing for the entire music industry. So my definition of what electronic music is is quite simply that, a game changer.

Even if Progressive House isn’t as popular as a few years ago, you’ve decided to focus on this style. Where does your passion come from?

I am and always will be passionate about the progressive house genre. It was music that I instantly connected with and fell in love with, in many respects, it ignited the passion for wanting to become involved in the music industry. I think it’s music that can take people through a journey and make them happy and euphoric. It might not be popular as it was but I don’t think it’s ever truly gone away, if anything it’s taking a break and will come back better and more exciting.

Your Progressive House remix of Joel Corry‘s « Lonely » is incredible. Do you prefer producing an original track from scratch or making a remix?

Thank you! I had such a great time remixing that record, Joel is absolutely awesome at what he does and it was a real privilege to do an official remix for him. I guess it all depends on the song you’re remixing at the end of the day. Sometimes you can connect with it and sometimes you can’t. I make sure all the songs that I remix I can somewhat relate to and utilize my signature sound on.

You released your first EP « A New Day » in late 2020, on which you showed new aspects of your musical style: how did you work on this project?

The “A New Day” EP was really exciting for me. When the world got hit with the current COVID-19 pandemic, I felt compelled to showcase something different and more experimental than what my fans knew me for. Exploring a more deeper path was what I felt I needed to do with the project and the team at Protocol knew it would work out well. I felt the EP told a nice story and flowed nicely, every song on the EP complimented each other and it was very well received.
Working with Misha Miller on “A New Day” was really great, she is a true talent and I am looking forward to releasing more music with her moving forward. It was also great to reconnect with Lauren L’aimant on “Give Into You” as our previous record “Blackout” received some huge support from Alesso & Armin van Buuren. And lastly, “Symphony” with Roan Shenoyy, which was a long awaited ID from us since Axwell’s set from Tomorrowland in 2018, I felt that we needed to rework it to a more current sound and it just felt right to add it to the EP as the final song.

Would it be artistically relevant for you to release an album?

Definitely, I would love to release an album or a bigger EP/project moving forward. I want that project to be a recollection of my entire musical industry and upbringing through personal experiences and tell the story that I want to write.

You collaborated many times with some compatriots like Ivan Gough and the Sentinel trio. Do you feel a special dynamic around the Australian scene?

There is certainly something special when it comes to Australian artists. I’m not sure whether it’s because we are so far away from everybody in the US and Europe, but we certainly bring some extra flavor that is unique in it’s own way. I grew up listening to Ivan Gough’s success as an artist and being able to collaborate and work closely with him has been incredible. Sentinel are also an amazing bunch of lads who I am proud to call friends and I think they’re one of Australia’s best kept secrets.

About Australia, do you think the geographical distance is an inconvenience for European booking?

I think it’s a little difficult, sure, but that doesn’t mean we can’t make it work. Australia has some of the best artists and scenes in the world. Of course, it would be nice to be closer to the scene in Europe though.

You have released songs on Axtone, Protocol, Armada and many different labels. Have you ever thought about creating your own label, in order to gain musical freedom and having no deadline?

The grand plan for me is certainly to create a platform/label where I can release music on my own terms. I think that is every artist or creative’s dream; to have a place to call home. I absolutely love working with the teams at Axtone, Protocol and Armada, they are like an extended family and part of the MS team and it was a real dream come true for me to release with them and I will absolutely continue to do so.

Some of your tracks were released after a long audience waiting, especially « Losing Focus » and « Symphony ». Is good timing essential for a track to have the desired success?

I believe a record should never be rushed, and that is what happened with “Losing Focus” and “Symphony”. Both ideas were started in 2018 and released in 2020, I don’t think it was meant to happen that way though, especially when COVID-19 came to the party. We wanted to make sure the records were absolutely 100% ready to go before putting them out.

In an era where musical promotion is more and more digitally-focused, do you think that it is tougher for upcoming artists to make themselves known or contrariwise it allows them to stand out more?

Absolutely. As an up-and-coming artist myself, I see it as a tough door to open. I am a big believer in keeping up with the times. You have to be involved with every aspect of the industry and of your profession, if you’re not…it’s so easy to fall behind and especially in a time when it’s so easily accessible, almost like fast food…you have to stay ahead of the pack, but to also remember that it isn’t a race and everybody’s on their own journey.

While the electronic music scene is parasitized by some trends raised as « winning formulas », is it important and/or difficult to keep an artistic direction like yours?

I truly believe in writing music you’re passionate about. You need to believe in yourself and the music you’re making. At the end of the day that is your identity. You want to express yourself and be honest with the fans. If you’re going to follow trends for quick success, I can’t see it happening long term. But if you follow trends whilst incorporating something with new flavor and allowing yourself to be open to it, then it’s a different story.

Your style perfectly fits with some French clubs, such as the Opium in Toulouse. When will you come to play in France?

I would love to come to France, it has been on my bucket list for some time and to perform at OPIUM would be a blast. I am hoping to make that happen as soon as we can.

In 2020, you performed an amazing mix at the “Bridge Road” in Melbourne. Is there a place you dream to play on?

The Bridge Road live-stream in Melbourne was such a fun time and was well received by the fans. There are many locations that I’d love to visit and someday do a DJ set. In terms of a festival show, I’d love to perform at EDC in Las Vegas or Tomorrowland in Belgium.

Before music, you were obsessed with writing scenarios and cinematographic realization. Do you find a connection along with music production and DJing ? Do you wish to combine music and cinema in middle/long term?

I am very passionate about film/cinema. Prior to music I wanted to be involved in the movie industry as a director/screen-writer. Being able to write music has been an amazing journey and I am always striving to do something new and exciting and in all, challenge myself. I find music/movies are the perfect combination, a visual way to interpret sound. Long term I’d love to incorporate both and create a new experience for the fans.

What are your incoming projects?

I have lots of new music on the way including some exciting collaborations that I can’t say too much about yet!

Thank you for answering our questions! Any final message?

Thank you for having me! I hope to come to France soon. Most importantly, stay safe, have fun and if you truly believe in something, keep working hard and don’t let anyone blow out your fire.

Préparation : Mike, Valso, Jooffrey / Traduction : Valso, Mike, Lilou

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