Interview : Dirtyphonics

© Page Facebook : Dirtyphonics

Lors du troisième chapitre de la Hallow qui se déroulait en novembre dernier au Bikini, nous avons eu le plaisir de poser quelques questions aux Dirtyphonics. De leur nouveau live à leur façon de travailler en passant par la scène bass music française, retrouvez l’intégralité de leurs propos :

Salut les gars, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Pitchin : Bonsoir Toulouse, c’est Dirtyphonics ! Je m’appelle Pitchin et je vous présente Charly.

C’est la question de base du site… Quelle est votre définition de la musique électronique ?

Pitchin : Oh la la… Un exutoire !

Charly : Oh c’est vachement moins c*n que ce que j’allais répondre (rires).

Pitchin : Non mais franchement, c’est là où tu donnes tout et que tu lâches tout ! Ça peut être la définition de la musique en général mais c’est également la musique électronique comme nous on la produit. C’est ça le concept ! On relâche tout, que ce soit dans la composition ou quand on joue, quand on danse, quand on va voir d’autres artistes qui font la même musique…

Après le départ de Pho et Thomas, Dirtyphonics est devenu un duo. Suite à ça, la charge de travail n’était pas trop difficile à surmonter pour vous deux ?

Pitchin : Oulà (rires) ! Oui c’est toujours compliqué. Il y a un élément en moins donc il faut se pousser au c*l et c’est plus de taff, c’est clair.

Charly : Après, on va pas se plaindre non plus ! Il y a énormément d’artistes en solo qui font ça eux-mêmes. Après, là où c’est un peu particulier pour nous, c’est que c’est tellement notre bébé, tellement important pour nous qu’on met nos mains dans tous les aspects de ce qu’on fait. Que ce soit la musique, les shows, les tournées, le graphisme, le merchandising…

Pitchin : Et tous les réseaux sociaux ! N’importe quel contenu, n’importe quelle vidéo. Tout ce qui sort, on est derrière, absolument tout !

Charly : On a fait monter nos équipes, on a eu plein de gens qui ont fait plein de choses pour nous. Ça ressemblait pas vraiment à qui nous on est et c’est quelque chose qui est nécessaire pour nous : d’être sincère dans ce qu’on fait. Que ça plaise ou non ! Et donc on a recentré, on gère beaucoup de choses à deux. Il y a quand même une équipe autour, mais on prend part dans tous les aspects du job et c’est un truc h24. De toutes façons, on ne saurait pas faire différemment.

En 10 ans, vous avez été ultra productifs, avec le sortie de nombreux singles, quelques EPs et même un album. Comment arrivez-vous à garder une telle quantité de releases sans impacter la qualité ?

Pitchin : Déjà c’est gentil que tu dises ça, parce que nous on a l’impression de ne pas sortir assez de musiques (rires).

Charly :  Sincèrement, on planifie très peu ces choses-là. On essaie de planifier mais ça ne se passe jamais comme prévu. Si tu sors un morceau en deux jours, ça sort en deux jours. Et si ça doit mettre trois mois, ça mettra trois mois. Parfois il y a des singles et des EPs qui s’enchaînent et parfois on prend plus le temps de faire les choses, parce qu’on a envie de réfléchir ou de prendre une nouvelle direction.

Pitchin : Donc ouais, on essaie de faire au maximum. Même si on a l’impression qu’on ne sort pas assez de musiques. Mais on est dessus, il y a plein de trucs nouveaux qui arrivent : 2020 va être vénère !

Charly : En tout cas merci, si tu trouves que c’est de la qualité ça fait plaisir ! Même si, sans regretter, il y a des choses qu’on ne referait pas aujourd’hui. Après comme tu dis, quand tu as 10/15 ans de carrière, c’est important de se remettre en question et de prendre des risques. Et que tu regardes des trucs que tu as fait il y a 5/10 piges, il y en a que tu aimes plus que d’autres, tout simplement.

Connus avec votre style drum’n bass propre à vous à l’image de “Vandals”, vous vous dirigez aujourd’hui vers du dubstep bien vénère. Était-ce nécessaire pour rester aux devants de la scène, ou c’est la suite logique du projet Dirtyphonics ?

Pitchin : Comme tu nous dis, on nous a vachement identifiés comme drum’n bass depuis le début. « Vandals » c’est un très bon exemple que tu donnes, nous on ne comprend pas pourquoi. Ce n’est pas un track drum’n bass même s’il y en a dedans. C’est un track électro qui part en drum’n bass seulement au deuxième drop. C’est ça qui est fou, parce qu’il y avait déjà du dubstep dès le début dans « Quarks ». On a fait « Lottery » qui est un peu hard. On a fait plein de signatures de BPMs, mais les gens nous ont directement liés à la drum’n bass. « Tarantino » et « I Need Your Love » sont pur électro par exemple. Le remix de « Warp », c’est du dubstep. On a vu que les choses ont été prises comme ça alors qu’on faisait tous les styles dès le début.

Charly : Il y a un autre truc, c’est que la scène dubstep a énormément évolué depuis le début. Ça a commencé assez calme et deep, alors qu’aujourd’hui on se rapproche du métal. C’est d’ailleurs ce qui nous parle le plus !

Pitchin : C’est vrai ce qu’il dit, c’est un très bon point. On vient du métal à la base, donc on a voulu en faire encore plus. La drum’n bass était un peu la version métal pour la musique électronique. Et comme le dubstep s’est « métalisé » avec le temps, on a foncé direct !

Charly : C’est totalement ça. Dans la culture métal, tu as déjà des parties super speed qui ralentissent à mort à un moment. C’est un peu ce que tu retrouves dans notre show : on passe par plein de BPMs différents.

Après deux ans de travail, vous présentez votre nouveau live cette année. L’objectif premier est de toujours avoir une nouveauté pour son public ou d’éviter une lassitude de votre côté ?

Pitchin : Compliqué… Les deux ? Mais ce n’est pas vraiment une lassitude, c’est juste qu’il y a tellement de nouvelles technologies et de nouvelles possibilités d’être créatifs avec ta musique de manière ludique, t’as envie d’essayer et de toucher les boutons !

Charly : Comme il dit, technologiquement parlant, ça nous permet de recréer des choses qu’on ne pouvait pas forcément faire à l’époque. On fête nos 10 ans sur la route cette année. On a arrêté le live au moment où Thomas est parti du groupe, et c’est vrai que ça trainait au fond de notre esprit, de le refaire un jour. À partir du moment où il y a eu des apparitions technologiques qui nous ont permis d’être dans la continuité de ce qu’on faisait en ajoutant de la nouveauté, c’était une belle occasion de relancer le truc. Là pour l’instant on a fait 6/7 shows, et le retour des fans nous porte. Ce soir, c’était le dernier de cette année et sous ce format. On va le faire évoluer en 2020 car c’est un truc qui ne sera jamais fini. Sinon, on s’emmerde, donc on changera toujours la musique, les visuels…

Vous jouez dans les plus grands festivals du monde et sur tous les continents du globe. Vous considérez-vous comme les portes paroles de la bass music française ?

Pitchin : Oui, oui… Pour la bass music française, oui. Ce qui est mortel aujourd’hui, c’est que la relève est là. On l’attend depuis longtemps. Car quand t’es tout seul, t’es un porte parole de personne, tu te promotionnes toi-même. Mais maintenant il y a une scène qui est derrière ! Par exemple Graphyt, Ecraze, Ivory, Samplifire… Donc là, tu es le porte parole de quelque chose, tu as la nouvelle génération qui a compris.

Charly : On est rentré en contact pour taffer ensemble l’année dernière. On a commencé à faire des choses ensemble et c’est mortel de pouvoir parler d’une scène française aujourd’hui. Ça nous intéresse beaucoup d’être représentant d’une scène française, plutôt que du truc qu’on fait. On peut partager et échanger nos expériences et visions respectives. Étant un groupe, c’est un principe de base.

Abordez-vous de la même manière un event full bass music comme Rampage, Shambala ou Lost Lands et un festival plus généraliste comme Dour, Solidays ou Garorock ?

Charly : Lui il dit non, mais moi je dis oui. Certes c’est pas la même chose, mais on fait du « nous ».

Pitchin : Je pense que les gros festochs de bass music donnent la mesure. C’est le point de départ pour un show, il faut qu’il casse tout. C’est ça qui définira un peu la saison qui suit.

Charly : On joue pas forcément la même chose en fonction des différents territoires ou événements. Mais sinon, au niveau de l’énergie et des morceaux qu’on a envie de jouer, on fait pas vraiment de différences.

Pitchin : 50 ou 50 000, on va venir vous casser la nuque. Concrètement, c’est le concept (rires) !

Lors de l’Insane 2017 qui se déroulait durant le second tour des élections présidentielles, vous avez terminé avec un très beau “La jeunesse emmerde le Front National”. Est-ce important pour vous d’utiliser votre image de personnalité publique pour sensibiliser votre public ?

Charly : Oh le mec il a des questions… Il a bien bossé son truc ! On essaie de ne pas trop rentrer dans les histoires politiques, parce qu’on aime pas parler de ça.

Pitchin : Comme on a dit justement, on est là comme « exutoire ». On n’est pas là pour vous mettre TF1 dans la tronche, on est là pour se relâcher.

Charly : Par contre quand tu as le Front National qui passe au second tour, il y a un truc à dire tu vois (rires) !

Pitchin : Il y a un moment il faut arrêter de jouer avec nos cou*lles (rires). On a fait pareil avec Trump à San Francisco quand il est passé, on jouait ce jour-là et je peux te dire que c’était chaud. On veut pas rentrer dans ce genre de débat parce que ce n’est pas notre rôle. Nous c’est la musique, l’artistique.

Charly : Et nos fans pensent et votent ce qu’ils veulent. Chacun fait ce qu’il veut.

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Quels sont vos projets à venir ?

Pitchin : On en a déjà parlé mais le live 2020 est en route. Des singles, un ou plusieurs EP(s)… De la collab’ vénère !

Charly : Dans ce qui arrive récemment, on part en tournée en Australie, Nouvelle-Zélande et Asie pendant un mois. Donc voilà, on passera Noël et Jour de l’An sur place. Et après ça on repartira du côté des Etats-Unis et de l’Europe. Il y aura un EP avant l’été et on a d’autres projets dont on ne parlera pas de suite mais qui verront le jour plus tard dans l’année.

Réalisation : Valso / Préparation : Valso & Mike / Retranscription : Valso

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