Interview : Fejká (EN + FR)

© Fejkà

A l’occasion de sa venue à Bruxelles, nous avons eu l’honneur de rencontrer le jeune et talentueux Fejká. En tant que support act de la tournée de Christian Löffler, le producteur allemand est revenu sur la conception de son dernier album, ses plus grandes inspirations et ses différentes formes d’arts. Voici l’intégralité de ses propos :

Salut Fejka, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Salut, je m’appelle Fejká, j’ai 24 ans et je viens d’Allemagne. Depuis que j’ai 18 ans, j’ai rejoint Christian Löffler et maintenant j’ai la possibilité de le soutenir dans sa grande tournée européenne. Je viens de sortir mon premier album il y a un mois ou deux, et je suis vraiment heureux de le présenter maintenant dans toutes les villes d’Europe.

C’est la question de base de notre site : quelle est ta définition de la musique électronique ?

Quand j’entends les mots «musique électronique», je pense immédiatement aux ordinateurs. Au début, mes parents disaient que je ne faisais pas de musique parce que j’utilisais uniquement des ordinateurs ou des samplers. Mais désormais, la musique électronique est juste une façon de faire de la musique.

Tu viens de sortir ton second album « Reunion » ? Pourrais-tu nous en dire plus ?

L’histoire derrière le nom « Reunion », c’est parce que j’avais beaucoup de tracks et je ne savais pas comment les combiner parce que chaque piste est différente. J’avais des morceaux super punchy, d’autres plutôt techno et super lents. J’étais un peu perdu parce que je ne savais pas quoi faire… Parce que toutes ces chansons étaient si différentes pour être dans un même album. Et selon moi, un album doit transmettre un seul et unique message. Ensuite, un ami m’a dit que ce qui reliait tous ces tracks, c’était moi-même, que j’étais la seule connexion dont mes chansons ont besoin. Pour mon entourage, toutes les pistes sont du même style, sonnent de la même façon….Alors que pour moi, tout était si différent. On en a conclu que toutes ces pistes sonnaient comme ma propre musique. J’ai donc décidé de réunir toutes les chansons en un seul album, et c’est pourquoi je l’ai appelé « Reunion« .

Tu as affirmé que la Scandinavie t’avait inspiré une grande partie de cet album. Qu’est-ce que cette région t’a fait vivre pour t’inspirer autant ?

Pour la Scandinavie, le sentiment de mélancolie est vraiment spécial. Peu de gens y vivent et on y est vraiment seul… Plus seul qu’en Europe centrale. On sort juste de la maison, on quitte la ville et puis… C’est 50 kilomètres de rien. Donc, lorsqu’on conduit, c’est un autre sentiment que lorsque tu fais la route entre Paris et Bruxelles (rires). On est dans la voiture, on roule en sachant qu’il n’y a rien, aucune vie, juste la nature.… Tout cela a déclenché chez moi une certaine mélancolie je suppose… Je ne sais pas trop… Mais ce qui est certain, c’est que la nature est magnifique !

Sur les réseaux sociaux, tu te présentes comme “un jeune de plus perdu essayant de trouver le son absolu”. Qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce que le monde actuel sous toutes ses coutures (on ne parlera pas de politique) te fait peur ? A quel niveau t’inspire-t-il ? Penses-tu que ta musique serait si différente si notre monde était autre ?

C’est difficile à expliquer…. Quand j’ai écrit cela, j’avais peut-être 16 ou 17 ans. J’ai l’impression que beaucoup de jeunes ont des rêves, probablement plus de rêves que les personnes âgées qui ont déjà tout abandonnés. En fait, je ne sais pas, peut-être qu’ils ont réussi, peut-être pas. Peut-être qu’ils ont des enfants et ces personnes se disent « Ok, je ne vais pas être quelqu’un qui a atteint son rêve ». Je pense que c’est le cas pour certaines personnes. Quand le rêve est tellement fort, on peut facilement s’y perdre et abandonner en essayant de l’atteindre.. Au moment où j’ai écrit ces mots, peut-être que je tentais d’atteindre une certaine position et que j’avais un manque de confiance en moi…

Voyages, monde, nature, humain, d’où te vient cette diversité sonore qui caractérise si bien ta musique ?

Pour moi, cela semble facile parce que la vie n’est pas toujours orientée dans une seule et même direction… Quand tu vas dans un club, tu veux écouter de la techno, quand tu te détends à la maison, tu veux entendre de la musique plus lente. Je voulais juste réunir tous les moments et sentiments et pas seulement limiter ma musique aux personnes heureuses ou à un public désireux de morceaux plus lents… Je veux une musique qui touche tout le monde, à n’importe quel moment de sa vie.

Quel est ton processus créatif ?

Je n’ai pas vraiment de studio. Je compose juste sur mon ordinateur portable… Tu vis juste ta vie normalement et puis tout à coup… Quand tu es dans le bus, que tu prends une douche ou quand tu es quelque part dans la nature et tu as le temps de penser, quand tu veux aller au lit, tu as comme des mélodies qui te viennent à l’esprit… .C’est au moment où tu ne fais pas vraiment quelque chose, que la créativité s’exprime. Ce n’est pas contrôlable… Cela se déclenche tout seul ! C’est toujours dans ces moments que j’ai des idées… Puis je les écris sur mon téléphone. J’ai énormément de mélodies dans ma tête et que je dois encore mettre dans mon ordinateur…Et c’est cette étape qui est la plus difficile. J’ai de nombreux sons que je n’ai jamais réussi à transposer dans mon logiciel car parfois, ce n’est juste pas possible (rires).

A côté de la musique, tu es également un artiste visuel. Pourrais-tu nous en dire plus ? As-tu pour projet de faire coïncider les deux ?

Je viens de commencer la photographie avec la même volonté artistique de la musique… Je veux juste créer des émotions. Pour le moment, c’est juste pour moi et ensuite aussi pour les autres. Quand je commence quelque chose, c’est toujours pour moi, pour obtenir une émotion particulière. Lorsque tu créées quelque chose à partir de rien, tu ressens un grand sentiment de bonheur car tu as donné vie à quelque chose… C’est avec cet état d’esprit que j’ai commencé à faire de la photographie. Ensuite, j’ai touché à la vidéo et j’y ai ajouté la musique… Et on obtient le clip de « Svanur » que j’ai réalisé moi-même.

Justement parlons de clips. Les clip de « Svanur » et « Glow »sont tellement forts en émotion, tout comme les morceaux, avec un énorme lien avec la nature et le monde. Quand tu décides de clipper, est-ce une volonté de se couper du monde humain ?

Ouais mais tu sais comme pour la vidéo du Maroc, j’ai filmé la réalité. Je ne savais pas quoi faire. J’ai filmé avec mon appareil photo, ce que je trouvais joli, puis j’ai combiné les images avec ma musique. Alors oui, c’est peut-être une perspective différente. Je veux dire, bien sûr, c’est la réalité parce que ce sont de vraies images, de vrais endroits et de vraies personnes. Mais le contexte est différent. C’est ce qui est vraiment extraordinaire avec la musique, cela peut donner des interprétations différentes de ce qu’on voit, vit et ressent.

Quels sont tes prochains projets ?

Je vais finir l’université prochainement et également continuer à accompagner Christian durant sa tournée européenne. Ensuite, je vais me concentrer sur de nouveaux morceaux.

On a hate d’écouter ça !

Moi aussi (rires) !

Un dernier message à faire passer ?

Je suis vraiment content de voir le public car je joue des concerts pour la toute première fois. Avant, je jouais juste en club et il y avait peut-être 5 personnes qui connaissaient ma musique. Les autres se demandaient uniquement qui j’étais (rires). Désormais, c’est plus agréable car le public vient de pleins d’endroits différents pour voir et apprécier un show. En tant qu’artiste, on se sent donc plus facilement connecté à la foule et on joue notre propre musique. C’est un sentiment incroyable, merci pour tout !


Hi Fejká, could you introduce yourself for those who might not heard about you?

Hello, I’m Fejká, I’m 24 years old and I’m from Germany. Since I’m 18, I’ve joined Christian Loffler and now I have the possibility to support him on his big tour. I just released my first album one month or two months ago and I’m really happy to present it now to all the cities in Europe.

This is the basic question of our website, what is your definition of the electronic music?

When I hear “electronic music” I immediately think about computers. In the beginning, my parents said that I don’t make music because I only use computers or like using samplers. But now it’s just the way of how you make music.

You released a new album this year called « Reunion ». Could you tell us more about it?

So basically the story behind the name “Reunion” is because I had a lot of songs and I had no idea how to combine them because every song was different. I had like super punchy ones, others more like techno songs and then super slow songs. And I was struggling a little bit because I didn’t know what to do because all those songs sounds so different for one album….And you need like one message….And then one friend said that : “Myself”… that I am the only connection which my songs need. For my friends, all the songs sounded the same, like the same style. They listened to my slow music and to my fast music…But for me it was super different because I am more into this subject. For me those songs were super different … But for the other people it was my music style. So I decided to put all the songs on one album. Even in the beginning, I was like I don’t know if I want to do it. And that’s why I called a “Reunion” because I put it all together.

You say that Scandinavia gave you a big inspiration for this album? What did you live there? Which emotions? Which experiences?

For Scandinavia, the feeling of melancholy is really special. Not many people live there and you are really alone… More alone than in Central Europe. You just go out of the house, leave the city and then it’s 50 kilometers of nothing. So when you drive, it’s another feeling than when you drive from Paris to Brussels. You’re just in your car and you know there’s nothing here… It’s just like… I don’t know if it’s the melancholic feelings…but probably which clearly triggered me. Also the nature is really beautiful there.

On social media, you present yourself as “ another lost youth, trying to find that one absolute sound”. What does it mean?

It’s hard to explain….When I wrote this I was maybe 17 or 16. I feel like a lot of young people have dreams, probably more dreams than old people because old people already gave up their dreams. I don’t know maybe they were successful maybe not. Maybe they just have children and they say OK I’m not going to be someone who reaches something…. I think for some people. It’s because the fantasy is really strong and a lot of people have dreams and I think a lot of young people also lose kind of themselves and to trying to be something or trying to do something. And that’s maybe because most of them fail of course because not every 15 year old guy wants to be Superman. But yeah it was kind of the same for me and I was trying to be a good position or like this I just do what I love but I really didn’t have the self confidence in the beginning.

How can you get a such a sound diversity?

For me it seems easy because life isn’t always one direction… when you go to a club, you want to listen to techno, when you chill at home, you want to hear slow music. I just wanted to have all moments and all feelings and not just say that my music is only for happy people and for such people or only for people who like slow music, do yoga or people who like to take drugs… I just want to have music for everyone.

What’s your creative process?

I don’t really have a studio. I just do it on my laptop…You just live your normal life and then suddenly…when you’re in the bus or when you take a shower or when you’re somewhere in the nature and you have time to think, when you want to go to bed, when you have like melodies coming into your head….when you don’t really do something, when you don’t really think about what you’re doing….That’s like a part when the creativity and the mind is triggered. It’s always in these moments that I have some ideas…then I often write them down on my phone. I have melodies but only in my head, so I write down. And then when I am on the laptop I try to put it into the real reality but it’s really hard. I have already finished songs in my head and then I tried to do it on my laptop… It’s not always possible (laughing).

You are a music producer but a visual artist too. Could you tell us more about it? Could you combine both in the future?

I just started photography. And it’s just because it(s the same background like music. I just want to create emotions. For the moment, just for me but also for other people. The first place is always like I just do it for myself. When you create something out of nothing that’s like no other happy feeling like this. There was just nothing and then you created like emotions and it really makes you happy and it’s just gave life to something and then it’s forever because you just created it. So that’s a really nice feeling and the way I started doing photography as you just have to take a picture. I hope people can see it. I just continued doing photography, then I started making music and then I realized that I can combine both. So I also started video making, for example for « Svanur ».

Videoclips of « Svanur »and « Glow » are so emotional, the tracks too. If you want a videoclip, do you always want to cut off from the world?

Yeah but you know like for the Morocco video, I actually filmed the reality. I had no idea what to do. I just filmed everything with my camera which looks nice and then and I put it under the music and wasn’t using it. So yeah it’s maybe a different perspective. I mean of course it’s the reality because that’s real pictures of real places and real people. But the context is different. That’s the nice thing about music because it can make you feel different about what you see and what you experience like you can see the same as someone else but with music it’s a different perspective.

What are your next projects?

So I will continue supporting Christian Löffler and then in the winter I will finish university. I will have time to make more new music !

Can’t wait to listen that!

Me too (laughing)

Any last word for the French crowd?

I’m just really happy to see people cause I’m playing for a first time concerts. You know before it was just clubs and when you go to play in a club you know maybe five people who know your song before but most of people are like “I just want techno, who is this guy (laughing)”.  And so it’s nice to see that kind of crowd. They came from different places and they pay money for this because they want to see people like the artist and you really feel more connected to the crowd because you know that your own music worth for them, even if it’s only my supporter and only 5 percent admitted, it’s already a nice feeling. So it’s really cool to play concerts. Thank you!

Réalisation : Remicrd & Sam / Préparation : Remicrd / Retranscription : Pierre & Remicrd.

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