Interview : Mosimann

 

© Jamil Hammadi

Nous avons posé quelques questions à Mosimann lors de l’Electrobeach Music Festival ! Dans les locaux de Fun Radio, nous avons abordé différents sujets comme ses prestations scéniques, son passage à la Star Academy ou encore son renouveau artistique. Voici l’intégralité de ses propos :

Salut Mosimann, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Quentin, mon nom d’artiste est Mosimann. J’ai 31 ans, je suis DJ, chanteur et producteur de musique spécialisé dans l’électronique.

Tu as sorti récemment “Horizon” sur Protocol, qui cartonne ! Peux-tu nous en dire plus sur cette track ?

On travaille longtemps sur des titres. Ça peut prendre des mois, le temps que le label le signe, fasse le master, la prod… Et parfois tu sais pas pourquoi, il y a une magie qui se fait à l’instant-T, et c’est ce qui s’est passé avec Leandro Da Silva. On a vraiment bossé très très vite, c’est Protocol qui nous a dit « On a une place disponible dans 2 ou 3 semaines, si vous avez un titre, proposez ! ». On a proposé ça rapidement, on l’a fini et on a eu un accueil dingue. Un super accueil, beaucoup de DJs l’ont joué.

Le clip de “Mon Amour”, en collaboration avec Maruv, compte plus de 3 millions de vues. D’ailleurs, une bonne partie de tes musiques sont clipées. C’est important pour toi d’illustrer tes productions ?

C’est important pour moi, oui et non. C’est important parce que j’aime ça. Mais c’est surtout important parce qu’à l’heure actuelle on consomme la musique comme ça, la nouvelle génération. On est tous penché sur YouTube h-24 et je pense que c’est une bonne façon de pouvoir profiter de cette mise en avant. Donc c’est très important de le faire, ouais.

Ça fait déjà plus d’un an que tu travailles sur ton prochain album : peux-tu nous en dire davantage ?

À chaque fois que je dis qu’il est terminé, je fais un nouveau titre et je me dis « tiens, ça serait bien de le mettre dans l’album » (rires). Au final on a 8 titres, 9 titres, 12 titres… Ça avance, j’espère que je terminerai bientôt.

Tu sors aussi bien des titres teintés pop que d’autres plus orientés club : cet éclectisme te tient à coeur ?

Absolument, c’est très important. Tu l’as dit dans ta question, j’ai besoin de m’épanouir, besoin de partager avec le public de plusieurs manières, que ça soit via des titres clubs, que ça soit via des titres plus radio, plus accessibles ou que ça soit au travers d’autres artistes quand je suis derrière en tant que compositeur. Je prends autant de plaisir dans les 3 situations parce que le principal c’est de partager, pour moi.

Il y a quelques années, tu as créé ton label Change Your Mind qui continue d’évoluer. C’était pour gagner en liberté, ou plutôt pour sortir de nouveaux talents ?

À l’origine, c’était pour pouvoir sortir plus de productions, moi-même, sans avoir à chercher d’autres labels. Ce que les gens ne savent peut-être pas, c’est que c’est compliqué parfois de trouver des labels, ça prend des mois voire des années. J’ai attendu des années avant de pouvoir signer sur Spinnin’, c’était une victoire personnelle mais bon, il a fallu en faire quelques-uns avant. La première raison c’était ça, et au fur et à mesure, j’ai reçu des supers démos et j’ai découvert des supers artistes, qui aujourd’hui signent dans des gros labels. On a « Roulez jeunesse » qui est sorti dessus il y a un mois environ, et la suite qui arrive bientôt avec d’autres artistes.

On se retrouve aujourd’hui à l’Electrobeach, où tu joues une fois de plus sur la mainstage ! C’est un rendez-vous incontournable pour toi chaque été ?

C’est un rendez-vous très important pour moi, parce qu’il y a tous les médias spécialisés. C’est la fête de la musique électronique en France avec certainement le plus beau line-up possible dans mon domaine. Mais ouais c’est un poids, une pression, j’ai envie d’être à la hauteur et de me donner à 200%.

A chacune de tes prestations, il y a toujours ce “petit truc en plus” qui fait que tu surprends ton public. Une batterie sur scène, le dj booth sur un elevator, des effets visuels incroyables, tu es un véritable showman. Comment se déroule ce travail en backstage ? D’où viennent toutes ces idées pour ton show ?

Mon leitmotiv, c’est de partager avec les gens et de trouver des façons différentes de partager. Ça peut être des platines qui s’inclinent pour qu’on voit ce qu’il se passe vraiment dans le dj-booth, quand on scratch etc. Ça partait un peu d’une frustration de client : j’adore les festivals, aller voir les artistes mais on voit jamais trop ce qu’il se passe, c’est un peu frustrant. Donc ça, ça partait d’ici. J’étais fan de Slipknot, et j’adorais le fameux solo que faisait Joey Jordison à la batterie, ça m’a inspiré. Goldman m’a inspiré aussi, avec cette fameuse scène qui bouge et après c’est les instruments, les claviers, la batterie, le chant, le scratch… C’est juste une façon différente de partager, ça aurait pu être dans la sélection musicale, dans la mise en scène, ça aurait pu être dans la façon de faire mes mixs. J’ai trouvé ça à travers des instruments et je m’épanouis à travers ça.

Derrière les platines, tu te ferais ch*er…

Un peu je crois. À part quand je fais des sets plus techno ! Ce soir j’ouvre avec un titre techno d’ailleurs (ndlr : un edit de Len Faki).

Tu as été connu il y a une dizaine d’années, lors de ton passage à la Star Academy que tu as gagnée. Cette expérience a t-elle forcé ton profil de showman, ou tu préfères dissocier ce moment de ta vie et ta carrière de DJ ?

Non, je ne regrette absolument rien. Je pense que ça m’a beaucoup aidé. Si j’avais pas fait la Star Academy, je n’aurai pas eu la même hargne. Parce qu’évidemment, sortir d’une émission musicale télé-réalité comme ça, c’était le top du top à l’époque. Surtout que l’accueil des gens était pas forcément favorable quand je retournais en club au début. Si j’avais pas eu cette étiquette, si j’avais pas eu l’animosité de certaines personnes, j’aurais pas eu la même rage, et je me serais pas donné à fond, j’aurais pas fait autant de technique. J’aurais peut-être pas fait les platines qui s’inclinent pour que les gens voient ce qu’il se passe et qu’ils voient qu’on ne triche pas. Du coup ça m’a beaucoup aidé. On dit que c’est une émission de télé-réalité, ça l’est évidemment, mais ça n’a rien à voir avec ce qu’on peut voir aujourd’hui qui est catastrophique. On se bougeait vraiment, on apprenait réellement des choses. C’est une expérience extraordinaire.

En parlant de changement : ton ancien nom de scène “Quentin Mosimann” a été réduit à “Mosimann”. C’est juste une solution de facilité ou un synonyme de renouveau artistique ?

Tu mets les réponses dans les questions, c’est cool (rires) ! En réalité, il y a ces deux raisons. C’était une solution de facilité parce qu’il y a beaucoup de pays qui n’arrivaient pas à dire « Quentin ». Les Chinois par exemple, eux n’y arrivaient pas, c’était compliqué… « Mosimann » ça passait, et donc ils faisaient les interviews en m’appelant que Mosimann. Il y a 3 ans, on a décidé justement de tourner une page et justement d’avoir ce renouveau, de s’engager à 100% dans ce que j’aime, c’est-à-dire la musique électronique et donc on a décidé de rester que sur Mosimann.

Tu as fait plusieurs apparitions remarquées dans le célèbre “Top 100 DJ Mag”. Le classement est aujourd’hui grandement critiqué, notamment parce qu’il ne reflèterait pas réellement la qualité des artistes. Qu’en penses-tu et quel pourrait être la solution pour un classement plus objectif, selon toi ?

Je pense que le contrôle des votes devrait être plus surveillé, plus élaboré. Je pense que c’est difficile de pouvoir contrôler ça. Après, je suis très fier d’en faire partie, évidemment. Ça m’aide beaucoup à l’étranger, beaucoup en Asie… Il est clair que c’est pas du tout un argument de vente quoi, je suis très heureux, j’encourage les gens à voter et j’en suis très fier mais je ne le prends pas comme garant. Il doit y avoir une partie business sous-marin qu’on ne connaît pas, ça me fait un peu de peine mais je pense que c’est important en tout cas d’avoir un classement. Je peux pas cracher dans la soupe. Mais il y a des artistes, je me demande aussi ce qu’ils font dedans.

Quand on parle de Mosimann, ceux qui t’ont rencontré sont unanimes : tout le monde te qualifie comme gentil et adorable. Comment tu expliques que certains prennent la grosse tête ?

Je m’attendais pas à ça comme question (rires). Déjà, je pense qu’il y a un juste milieu à trouver entre être trop gentil et trop distant. C’est vrai que j’aime discuter avec les gens, donc dès que je rencontre quelqu’un, j’ai envie de savoir et discuter. Mais la grosse tête fait partie du processus artistique je pense. Par exemple, Avicii était très timide avec les gens, il avait besoin d’être seul, là où certaines personnes auraient pu prendre ça pour de la prétention. C’était en fait de la timidité et une maladie terrible, très introverti. Après, moi je crois au karma. J’aime pas ce terme de grosse tête mais ceux qui ont le melon ne durent jamais. Quand tu vois des mecs comme DJ Snake, qui sont adorables, c’est une star mondiale et il prend toujours le temps de discuter. Et d’ailleurs ceux qui ont pris la grosse tête et que j’ai pu croiser, on entend un peu moins parler d’eux aujourd’hui. Je crois vraiment au karma.

Quels sont tes projets à venir ?

J’ai l’album, qui va être très important. Là dans un futur très proche, je vais essayer de bien faire ce set de l’EMF. Et puis beaucoup de sorties, beaucoup de tournées et continuer de faire ça pour les 20 prochaines années.

Merci d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Merci pour le soutien, merci d’avoir pris le temps pour cette rencontre, et une bise à tous les lecteurs. Merci beaucoup !

Réalisation : Valso / Préparation : Valso & Mike / Retranscription : Lutel

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