Interview : Marteen Vorwerk (EN + FR)

© Facebook : Marteen Vorwerk

Huitième interview réalisée lors de notre passage à la Dancefair où nous avons posé quelques questions à l’un des producteurs les plus connus : Marteen Vorwerk. De sa vision sur le ghostproducing, son passé dans la Hard Dance, ses futurs projets, le Hollandais nous explique tout. Voici l’intégralité de ses propos :

Salut Maarten Vorwerk, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Marteen Vorweek. Je produis de la musique depuis la fin des années 90. J’ai commencé à faire de la Trance, puis je me suis tourné davantage vers le Hardstyle et le Jumpstyle. Plus tard dans ma carrière, j’ai commencé à produire des morceaux pour d’autres personnes et à faire de la Big Room, de la House, de la musique plus Pop/commerciale. Je m’intéresse à tous les genres de musique électronique.

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

Pour moi, la musique qui est faite avec des synthétiseurs.

Peu de gens le savent mais en 2006, tu produisais du Jumpstyle sous Jeckyll & Hide (avec Dj Ruthless) avec des hits comme « Frozen Flames » et « Freefall« . Quelles sont les leçons que tu as tirée de cette époque sous les projecteurs ?

Donc, en 2006, j’ai connu un grand succès avec « Frozen Flames » et « Freefall« . C’était un véritable ascenseur émotionnel à l’époque car tout se passait très vite. Nous n’avons pas eu le temps de nous poser et de réfléchir à tout ça. Quand nous avons été reconnu comme le hit numéro un en Hollande, je voulais trouver quelqu’un d’autre capable de jouer en live. Nous avons alors formé un groupe qui peut jouer sur scène. Rien qu’en 2007, ils ont fait 400 spectacles, ce qui était incroyable. J’ai beaucoup appris de cette époque, particulièrement sur le plan commercial mais aussi sur le fonctionnement de la scène club de différents pays, comme quel type de musique fonctionne toujours sur le dancefloor etc. Par la suite, j’ai profité de cette expérience pour tous mes autres morceaux.

Tu produis encore du Jumpstyle ?

Oui parfois, je mets des éléments de Jumpstyle dans certaines pistes.

Ta toute première release était un titre Trance “A Trance of a Tulip” sous le nom de Vorwerk. Pourquoi la Trance ?

Oui, c’était un titre de Trance. Vous connaissez le club » Zillion » à Anvers, en Belgique ? C’était comme le temple de la Trance. À l’époque, c’était pour moi le club le plus grand et le plus impressionnant et ils ne jouaient que de la Trance. J’y suis allé, j’ai été vraiment surpris par cette musique et j’ai voulu en faire aussi. Ensuite, j’ai évolué en écoutant du Hardcore hollandais et je me suis mis à en produire aussi. Cependant, je n’ai jamais sorti ces morceaux.

Tu as produit de nombreux sons de styles parfois complètement différents (parfois sous ton nom, parfois en ghostproducing), où trouves-tu toute cette inspiration ?

Je ne sais pas exactement où je trouve mon inspiration. Il y a toujours quelque chose qui déclenche mon processus créatif, qui me donne des idées. Ce pourrait être un morceau que j’entends à la radio, une chanson que j’entends ailleurs, un son émis par mon synthétiseur et qui m’apporterait un feeling particulier. Ensuite, je m’en ‘inspire et j’essaye de faire une track avec tout ça.

Tu as posté une photo de ton studio et on peut y voir des figurines de Star Wars, c’est aussi une source d’inspiration ?

Il y a exactement six mois, je suis rentré d’Aruba pour m’installer aux Pays-Bas. J’ai toujours voulu avoir un studio conçu par Mischa Jacobi, un très célèbre designer de studio néerlandais. Et j’ai eu l’idée de créer une sorte de vaisseau spatial. En étant dans mon studio, je voulais avoir le sentiment que je pouvais aller partout dans le monde. Il était le seul à pouvoir réaliser un projet aussi fou et il l’a finalement fait. Je suis très content du résultat final. Ce n’était pas destiné à être un studio du type Star Wars, mais simplement à être comme un vaisseau spatial. Mais je suis un grand fan de Star Wars, j’ai commencé avec une porte Han Solo figée dans de la carbonite. Ensuite, j’ai trouvé ce Stormtrooper en ligne, puis le Dark Vador est arrivé et un de mes clients m’a donné un droïde R2D2. Je me suis alors dit qu’il me manquait BB8. Ensuite, j’ai voulu le sabre laser (rires). C’est toujours comme ça, on commence puis ça nous échappe un peu. Mais c’est vraiment cool maintenant et je suis vraiment content du résultat final. Le studio est comme je le voulais et l’acoustique est parfaite. C’est vraiment parfait !

Quel est ton style musical de prédilection? Es-tu plus réticent à produire certains styles ?

J’aime produire tous les styles. Je pense que je m’ennuierais à ne produire que de la House Music ou de la Big Room. J’aime varier les styles de temps en temps car je suis curieux et cela me fait plaisir.

Il y a des styles que tu n’as pas encore produit et qui te tentent ?

Pour l’instant, je me suis mis à la Drum & Bass. C’est une première pour moi de produire ce type de musique. Mais pour le reste, non, je pense avoir fait à peu près tous les genres que je voulais faire.

A quel moment as-tu décidé de te consacrer uniquement au ghostproducing ?

Il y a longtemps déjà. Je n’ai jamais eu l’ambition de monter sur scène. J’ai vraiment découvert que ma place était dans le studio. Je ne voulais pas être un DJ et je voulais simplement me concentrer sur la production musicale. Il y a plus de 15 ans maintenant que j’ai pris cette décision.

Aujourd’hui, le ghostproducing a une très mauvaise image extérieure, certains DJs ont perdu quelque peu en crédibilité artistique car ils ont avoué avoir fait appel à des ghostproducers. Cependant, les gens dans cette industrie semblent y trouver leur bonheur. Qu’aimerais-tu répondre aux détracteurs du ghostproducing ?

Ghostproducing ou Co-producing, appelez cela comme vous voulez, est quelque chose qui existe déjà depuis peut-être les années 1950. Les gens ont toujours été aidés et entourés dans la production musicale. En studio, il y a toujours des personnes pour regarder ce que tu veux, t’aider à faire les instrumentaux, peut-être même refaire le chant avec quelqu’un d’autre. Et après, l’artiste doit dire que c’est lui, même si ce n’est pas toujours vrai. C’est une chose connue dans l’industrie. Je ne sais pas pourquoi les gens détestent autant le Ghostproducing dans l’EDM. Ma théorie personnelle est que les personnes qui ont été honnêtes à propos de leur travail avec d’autres personnes et qui n’ont jamais eu de mauvaises paroles à ce sujet n’ont pas de souci. Seuls les gens qui disent tout faire eux-mêmes et qui avancent explicitement qu’ils font tout eux-mêmes, mais en réalité, ils ne le font pas. Une fois que le public le sait, je peux comprendre qu’on se sente trompé.

Ton livre est une vraie mine d’or pour les apprentis et producteurs confirmés. Partager ton savoir-faire à l’écrit, c’était important pour toi ?

C’est important pour moi de partager mes connaissances. Il y a cinq ans, je recevais tellement de messages. Chaque jour, c’était: « Hé, pouvez-vous m’aider avec cela, aidez-moi avec ça? Que dois-je faire? Etc etc…”. Donc, je me suis dit « D’accord, nous devons arrêter cela. Je vais donner un « tip of the week » chaque semaine, juste pour aider la nouvelle génération ». Après quatre ans, j’ai décidé de regrouper tous ces conseils et d’en faire un livre. Et je suis très heureux du résultat et de nombreuses personnes viennent me dire que mon livre les a aidés. Je suis vraiment heureux car c’est parfois difficile de donner des bons conseils à de jeunes producteurs car ils ont de très gros défis à affronter, une fois en studio.

Quelles sont les différentes étapes du processus de ghostproduction, de la commande à la release du morceau ?

Quand je suis en studio, j’ai généralement déjà une idée en tête ou je recherche une inspiration qui peut être tirée d’une chanson entendue à la radio, d’un nouveau preset etc. Ensuite, à ce stade, je commence à produire et ma créativité se met en route. Ensuite, je travaille sur le mixage, la structure de la track etc. Une fois terminé, je l’envoie à l’un de mes clients qui l’écoute, la juge et l’examine. Parfois, il la joue en live pour voir la réaction du public. Ensuite, il me fait part de ce qu’il en pense et on file en studio pour finaliser le morceau.

Parfois, une release officielle sous ton nom apparaît (comme « Makamba » avec Trobi). C’est toujours une surprise. Pourquoi sortir certains morceaux sous ton nom et d’autres non ?

J’ai toujours sorti des morceaux sous mon propre nom. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. L’année dernière, j’ai sorti des track sous Marteen Vorwerk avec des producteurs que j’apprécie beaucoup. Je voulais absolument composer avec ces personnes. Par exemple. la piste avec Mazare et Matthew Steeper. Matthew est un grand ami, et un grand chanteur. Mazare est mon protégé d’Italie. Donc, je voulais un projet ensemble sous nos propres noms. En ce qui concerne Trobi, il est très bon producteur et il travaille également dans le studio dans lequel j’étais aussi en 2008. Cela a donc créé une connexion naturelle et c’est pourquoi je voulais faire une chanson. avec lui, toujours sous mon propre nom aussi. Et il y a plus à venir maintenant. Je collabore avec Kevu, un gars du Portugal qui se débrouille très bien sur la scène Big Room.. Nous sommes donc en train de combiner nos forces et de créer une collaboration qui va sûrement être un hit.

Quels sont tes projets à venir ?

Comme je l’ai dit, je suis en ce moment sur des projets Drum&Bass assez mélodiques. C’est l’un des nouveaux projets. Je produis aussi beaucoup avec Mazare et avec d’autres gros producteurs mais je ne peux encore rien dire pour le moment.

Merci d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Allez jetez un oeil à mon livre si vous voulez en savoir plus sur la production musicale. N’hésitez pas à suivre mon actualité sur les réseaux sociaux, je poste de nombreux conseils et on peut échanger facilement sur la musique etc !


Hi Maarten ! Could you introduce yourself for those who might not heard about you ?

My name is Marteen Vorweek. I’ve been producing music since the late 90s. I started out making Trance music then switch more to Hardstyle, Jumpstyle. Later on in my career, I started producing more music for other people and started making Big Toom music, House Music, Commercial Music, Pop music.  Every type of genre has my interest.

This is the basic question of our website… What’s your definition of electronic music ?

For me it’s music that’s being made with synthesized elements.

Few people know it but in 2006, you were producing Jumpstyle under Jeckyl & Hide (with DJ Ruthless). « Freefal« l and « Frozen Flames » were very successful ! What did you learn from that time where you were under the spotlight ?

So back in 2006 I had like a big hit with « Frozen Flames » and « Freefall ». It was quite a roller coaster back then it happens all really fast. We did not have any time to think about it. It just happened. When we scored like the number one hit in Holland, I wanted to find somebody else who could perform. We formed an act who can play a live on stage. And only in 2007, they already did like 400 shows. It was just crazy. I learned a lot from that time, specially business wise but I also learned how the club scene in different countries work and which kind of music always works on the dancefloor. And I took that experience to put in all my other records that I made after that as well.

Do you still produce Jumpstyle?

Yeah sometimes, I put some elements of jumpstyle into certain tracks.

Your very first release was a trance title (A Trance of Tulip) under the name “Vorwerk”. Why were you producing Trance ?

Oh yeah, it was a trance title. Do you know the club Zillion in Antwerp, Belgium ? It’s like the Trance temple. Back then, it was like the biggest and the most impressive club to me and they only played Trance. I got there and I was really amazed by the Trance music and that’s the stuff I wanted to do as well. But I actually grew up listening to Dutch Hardcore music, so I produced that as well but I’ve never released those tracks.

You’ve produced many tracks in many different genres, where do you find your inspiration and how is a studio session with you ?

I don’t know exactly where I find my inspiration. There’s always something that triggers me. It could be a record I hear on the radio, it could be a song that I hear somewhere else, it could be a sound that’s coming out of my synthesizer which brings me back to a certain feeling. Then I get inspired and I try to make a track with it.

You posted a photo of your studio, there are Star Wars items, a little beach etc, why?

Exactly six months ago, I moved back from Aruba back to the Netherlands and I always wanted to have a studio designed by Mischa Jacobi, a very famous Dutch studio designer. And I had an idea in mind of creating a sort of a spaceship. So if I would be in my studio, I would feel that I am really somewhere else in the world. He was the only guy who could ever make such a crazy design which he eventually did. I’m very happy with that. It was not intended to be a Star Wars type studio, it was just intended to be like a spaceship feel. But since, I’m a huge fan of Star Wars, I started out with with the door like Han Solo frozen in carbonite. Then, I found this Stormtrooper online and then came the Darth Vader and then some client of mine gave me R2D2 droid. I was like OK, now we need BB8 as well. Then, we’ve got a light saber (laughing). It’s getting a little bit out of hand, we’re getting that. So it’s really cool. I’m really happy with the result. The studio sounds like the best, acoustics are perfect. It’s really amazing.

What’s your favorite style to produce ? Is it hard for you to produce a certain genres ?

I like to produce all styles. I think I would get bored to only produce House Music or Big Room. That’s the thing, I would like to switch it up from time to time. That makes it fun for me.

Is there certain genres that you want to try ?

No, I’m actually a little bit involved in making Drum & Bass. It’s for me the first time that I’m doing that as well. But for the rest, no, I think I’ve pretty much done every genre I wanted to do.

When did you decide to only be a ghostproducer ?

A long time ago already. I never had the ambition to go on stage. I really found out that my place is in the studio. I decided I don’t want to be a deejay and I just want to focus on producing music. It’s definitely more than 15 years ago that I decided that.

Today, ghostproducing has a very bad image, some DJs have lost their credibility to their audience because they were using Ghostproducer. What would you like to answer to people who don’t like ghostproduced DJs ?

The thing is: ghost producing or co-producing, whatever you want to call it, is something that exists already since maybe the 1950s. People have always half people that will look over their production, make the instrumentals, maybe even redo the vocals with somebody else and pretend that it’s them. It’s a known thing in the industry. I’m not sure why people hate so much on Ghost producing in the electronic dance music. I’m not sure why that is. But my personal opinion is that the people who have been honest about working with other people and they had never got any bad words about it. It’s only the people who say they do everything themselves, to explicitly say that they do everything themselves but they don’t. And if they didn’t, then find out, then people feel cheated and I can imagine that.

Your book is a masterpiece for aspiring but also confirmed producers. Is it important for you to share your knowledge ?

It is important for me to share my knowledge. Five years ago, I got so many messages every day like “hey can you help me with this, can help me with that. What should I do?” Et cetera et cetera…. So I was like “okay, we need to stop this. I’m going to put out a tip every week just to help the new generation”. And to answer all those questions, I started like the former tip of the week. After four years, I decided to bundle it and make a whole book out of it. And I’m very happy with the results and I speak to a lot of people here at Dancefair who got my book and they’re really excited about it and helped him a lot. So that wasn’t exactly my point. It’s just too hard to set people on the right mindset for certain challenges they have in the studio.

What are the steps of your production process ? From scratch to the release of the track ?

When I get in the studio, I usually already have an idea in mind or I’m looking for some inspiration which can be from a song I heard on the radio or from a new preset or I just made a new kick or whatever it is something that triggers me. Then at that point, I just start building it and start building the whole idea as a creative process. When I have outlined that, I’m going to focus more on the mixing side and the structure of the song. And then when it’s finished or almost finished, I usually send it over to one of my clients. They can review it. They can play it in the clubs and see what the reaction is. Then they get back and try to finish it.

You sometimes release tracks under your own name (such as Makamba with Trobi). Why on Vorwerk and not a ghostproduced track ?

I have always released tracks on my own name. That’s something I always wanted to do. Last year, I have done specific tracks on my own name with certain people who I wants to do a track with. For instance. the one for Mazare and Steve the track we did on Spinnin last year. Matthew Steeper is a great friend of mine, a great singer and Mazare is my protege from Italy. So, I wanted to do like a project together under our own names. And in regards to Trobi is a really good producer and he’s actually working in the studio in which I worked in as well when I was working at the record company like in 2008. So it created a connection and that’s why I wanted to do a track with him under my own name as well. And there’s more coming now. I’m doing a collab with Kevu, the guy is from Portugal who I think are doing really well in the big room scene. So, we’re combining forces right now and creating a killer collab that is coming soon.

What are your next projects ?

That is one of the new projects and also told you guys and I’m a little bit more involved in making Drum&Bass, melodical Drum&Bass. So I’m doing that to get as well with Mazare. And I’m also working with some other big guys which I will not mention on that.

Thanks for answering our questions ! One last word to share ?

Go check out my book. And you know if you guys want to learn more about music production look me up online and go visit the music platform in which I’m involved with as well which is a big learning platform for students worldwide.

Réalisation : Remicrd, Pierre / Préparation : Remicrd & Valso / Retranscription : Rémi, Pierre / Traduction : Remicrd / Montage : Remicrd

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