Interview : DJ Producer (EN + FR)

© Luke McMillan

Le week-end dernier, on fêtait les 20 ans de Karnage au Zenith de Toulouse. L’occasion pour nous de rencontrer du beau monde et de réaliser des interviews ! On commence avec la figure anglaise DJ Producer ! De l’évolution du hardcore à la prestation scénique, en passant (presque !) par la case politique, voici l’intégralité de ses propos :

(english below)

Salut ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Bonjour, je m’appelle Luke McMillan, alias DJ Producer. Je suis un DJ Hardcore du Royaume-Uni et je suis professionnel depuis 1991. Ça fait 28 années de putain de bon hardcore (rires) ! Que quelqu’un m’arrête (rires) !

C’est la question de base de notre site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

C’est une bonne question et assez difficile… Parce que j’ai près de 40 ans de musique électronique, et j’ai tellement de définitions différentes… Qu’est-ce que la musique électronique… C’est une musique créée par une machine que vous devez brancher et qui utilise de l’électricité ! Et c’est à peu près valable pour la plupart des sons actuels. Alors il faut aussi me dire la limite, la frontière entre électronique et non électronique, où s’arrête l’électronique ? Je ne sais pas… Je fais de la techno hardcore, et c’est fait avec des ordinateurs, alors c’est plutôt de l’électronique, mais il y a tout un monde, je veux dire… comme la Dub Techno etc. J’aime vraiment les trucs Ambient, vous savez, vraiment le contraire du Hardcore… Donc il y a beaucoup de choses! Je suis juste un spécialiste. Je fais ça foutrement bien (rires) ! Mais la musique électronique, c’est tout un monde ! Et on doit un peu enquêter car il y a un million de choses que vous pouvez rechercher et obtenir sur Internet ! Par rapport à il y a 20 ans, c’est un monde qui a bien évolué !

Comme ton nom l’indique, tu es un excellent producteur ! Où puises-tu ton inspiration ?

Ouais peut-êtr … C’est tout subjectif, que ça te plaise ou non. Eh bien, je peux le dire à tes lecteurs : le nom DJ Producer est un nom qui m’a été donné. Je n’ai pas inventé ce nom ! Il y a de nombreuses années, lorsque j’ai fait mon premier DJ set, lorsque nous organisions une rave en solo, en indépendant, lorsqu’il n’y avait rien d’autre que ça, j’étais connu comme le DJ de ma région. Et quand j’ai commencé à essayer de jouer, mon ami m’a dit : “Mec, tu produis de la bonne musique”, genre « personne ne peut te toucher”. « Tu es LE producteur !” et c’est tout. Et puis il a dit ça comme « ça y est, c’est bon, c’est fait” . Et voilà, ça a collé. Je me suis donc donné le nom qu’un mec complètement fou m’a fourni et voilà. Ensuite, j’ai commencé à faire de la musique, puis je suis devenu un producteur qui est en fait un DJ désormais ! Au final, j’en fais mon nom de scène, mon identité. Mais c’est quoi ce bordel (rires) ! Non, c’est quelque chose qui est en moi et qui vient dans ce que je fais comme musique. Le hardcore peut être défini comme une musique idiote. Juste là pour sauter et faire du headbanging ou autre chose… Mais pour moi, quand je fais de la musique, c’est comme une profonde méditation et j’en extrais quelque chose. J’essaie vraiment d’injecter une partie de mon âme dans ce que je fais. Alors quand tu entends ça, tu sais directement que c’est moi ! Vous savez que c’est comme la comédie musicale, comme une personnification de l’humain… Je ne peux pas faire de la musique autrement. C’est comme ça que je la créée. Beaucoup de sons hardcore ont tous presque que le même effet mais moi, je ne sais pas le faire. Je fais juste mon truc ! Et curieusement, ça marche (rires) !

Tu as d’ailleurs produit “Back To The Oldskool” il y a quelques mois. Le hardcore, c’était mieux avant ?

Non… Le meilleur Hardcore, nous ne l’avons pas encore entendu. Nous venons juste de chauffer, ce n’est que le début ! Ça fait que… 28 ans et nous nous habituons aux ordinateurs, à ce qu’ils peuvent faire et à ce que nous pouvons faire… Même moi ! L’album que je viens de faire est la première chose que j’ai faite après 25 ans d’enregistrement ! Cet album est le premier qui me fait dire « Ouais, c’est trop lourd, ça me tue ! », enfin, après 25 ans, ça me ressemble, ça me correspond ! Ce n’est pas près de s’arrêter. Dès que je retourne à mon ordinateur et que je fais autre chose, j’essaie de trouver une autre part de moi-même ! Mais oui, c’est vraiment quelque chose de personnel, cet album devait me correspondre avant tout. Parce qu’il y a tellement de sons différents désormais : Hardcore mainstream, Hardcore uptempo, toutes ces choses… Je voulais juste faire exploser ça. Je viens de la techno Hardcore. Le hardcore est comme tout ! Donc, pour revenir à ses racines, vous devez y inclure chaque élément ! Et cet album couvre mon histoire, ma vie, toutes les parties de moi-même durant mes 25 dernières années. C’était comme… Un cours de remise à niveau, “d’où je viens” à “où je veux aller” ! Cet album est pour moi un nouveau départ ! Comme dit la chanson, je veux le faire à ma tête, je ne sais pas encore le faire, mais je vais le faire putain ! Le meilleur reste à venir mec, comme je le disais, mon ami du label m’a fait écouté des trucs aujourd’hui, je n’avais plus entendu des trucs comme ça depuis des années alors… Je suis vraiment excité par la musique en ce moment ! On a pas encore fini d’en faire (rires) !

Au vue de ton immense carrière, quels ont été les obstacles les plus difficiles à surmonter dans le monde du Hardcore ?

En fait, c’est amusant parce qu’au cours de la dernière année, j’avais un travail en milieu de semaine. Pendant 26 ans, j’ai fait, uniquement DJ, c’est tout ce que j’ai fait ! Mais en fait, depuis maintenant 8 mois, je travaille dans un… comment puis-je dire cela… Je travaille dans un magasin hydroponique au Royaume-Uni. Nous vendons donc des choses pour que les gens cultivent ce qu’ils veulent chez eux. Nous vendons juste pour le cultiver… Mais ils se débrouillent tout seuls ! C’est un énorme marché et j’ai beaucoup de considération pour ça. Je ne peux pas être trop clair sur ce dont je parle ici mais j’ai une toute nouvelle mission. Avoir cela en milieu de semaine signifie maintenant que lorsque je reviens en week-end et que je retourne en studio, comme je l’ai dit, après avoir passé près de 26 ans dans le studio, vous devez faire une pause. Il y a 9 ans, je suis devenu papa, alors maintenant, j’ai une vie normale avec une femme. Je fais ces choses normales, mais oui, après la lumière, les 8 derniers mois devaient vraiment entrer dans ce régime de travail, maintenant je recommence à écrire de la musique. La semaine dernière, j’ai fait des choses que je n’ai pas faites depuis des années ! Donc, faire une petite pause et changer des choses… faire de la place… mais quand je reviens au studio, c’est vraiment excitant à nouveau ! Et c’est exactement ce qui se passe en ce moment ! Je sens beaucoup plus d’énergie pour faire ça, beaucoup plus que depuis longtemps. L’album était vraiment le début de tout ça ! Dès que l’album a été terminé, j’ai commencé mon nouveau travail. J’ai fini l’album vendredi, j’ai commencé mon travail le lundi… C’était comme ça ! Mais oui, grâce à cette nouvelle mission, oui, il y aura plus de musique à venir, c’est certain. Et après avoir fait l’album comme cette année, j’ai eu pas mal de choses de prévues, des grands festivals sont déjà dans mon agenda en janvier, jusqu’en novembre / décembre. Donc, ouais, longue carrière, et ce n’est pas près de se terminer !

Un artiste qui vit son set, comme toi qui bouge énormément aux commandes de tes machines, est-ce important pour ambiancer son public ?

Je ne l’ai pas remarqué, c’est une réaction naturelle. Je ne le fais pas pour le show ! Je ne fais pas pour toi… Je ne fais pas pour que le public ait quelque chose à regarder ! Je le fais parce que je kiffe ce que je fais putain ! Je ne peux pas m’en empêcher. C’est une réaction corporelle. Tu sais que je suis DJ… Depuis 4 ans, je mixe pour mon anniversaire. Quand je joue à mon anniversaire, je joue de 20h jusqu’à 6h du matin… Toute la nuit ! Sans pause, sans pisser, juste 2 verres, sans drogue, je danse pas pendant 45 min comme tu as vu, mais pendant 8h ! Et je ne pense pas non plus à ce que je fais. Vous savez quand vous aimez ce que vous faites, vous… vous ne le remarquez pas. Je ne suis pas ici pour sauter ou danser comme un singe pour vous… Non (rires) ! C’est ça le hardcore mec, putain, et vous le sentez ! Ça passe par toi, par le public et ça c’est quelque chose que j’ai compris avec le temps. Je me suis rendu compte que les gens arrivent à s’enjailler, de me voir vraiment profiter. Dans certains endroits, où nous sommes vraiment proches, il y a vraiment ce transfert d’énergie qui se passe ! Je suis psycho, ils deviennent psycho. Et la fin de tout, ça n’est que le chaos.. Et je suis en phase, je transpire partout. C’est comme ça que ça se passe ! Les DJs qui ne transpirent pas ont besoin de prendre un putain de coup de pied si vous voyez ce que je veux dire. Il faut que tu transpires davantage (rires) !

Du coup, que penses-tu des “DJs” qui mixent les bras en l’air, comme dans certains styles électro ?

Je ne parle pas des autres DJs. Je ne sais pas… Je suis les mains en l’air ! Vous l’avez vu pendant mon set ! Maintenant, les gens font ce qu’ils veulent et réagissent comme ils veulent, mais je viens de la vieille école moi.. Une génération totalement plus ancienne… Je suis un « dominate raver » (rires) !

Ce soir tu joues aux côtés de Thrasher ! Lorsque tu fais un b2b, te sens-tu plus limité ou plus libre dans ta façon de mixer ?

C’est difficile à quantifier. Ce soir c’était vraiment facile ! Je connais bien Gareth (ndlr : Thrasher), nous avons joué ensemble plusieurs fois, nous avons vraiment eu beaucoup de nouveautés et nous n’avons pas eu le plus long set, alors vous savez, il est simplement primordial d’avoir les morceaux que nous voulions entendre et… C’était tout ce qui était important. Mais oui, les gars avec qui j’ai joué auparavant, je jouais beaucoup avec un gars au Royaume-Uni, et nous avons passé de très bons moments. Mais parfois, tu as trop joué avec un mec et ça peut devenir répétitif et fade. Mais la façon dont je joue quand je joue en solo, c’est juste quelque chose en soi, c’est moi tout seul, et puis il y a un set avec quelqu’un d’autre. C’est donc un peu comme la moitié de moi, vous voyez ce que je veux dire ? Quand c’est moi, laisse-toi aller ! Il n’ya rien qui m’arrête !  Et là, vous venez d’avoir un état d’esprit différent parce que je ne suis pas un gars égoïste. Je ne vais pas être ça : juste prendre le contrôle et prendre la relève ! Je suis vraiment intéressé à travailler avec quelqu’un. Par exemple, si vous travaillez mieux avec quelqu’un, faites-le !. C’est comme si ça devait être entre nous pour que ça se passe. Mais oui, Gareth et moi, nous avons joué ensemble à quelques reprises et c’est toujours pareil (rires). C’est aussi un problème pour moi car je n’aime pas que ça devienne une habitude. Après ça oui… Bien sûr que je le connais depuis si longtemps que ça le rend facile aussi !

Tu touches également à la techno ! Quelles sont les principales choses que tu retrouves dans la techno et le hardcore ? Ou inversement, quelles sont les plus grandes différences pour toi ?

La techno est assez facile (rires) ! Il n’y a pas de vrai réflexion ! C’est comme si je le faisais les yeux fermés. Le processus sonore, comparé à quand vous faites du Hardcore, vous savez faire de la techno ! Il faut trouver un très bon groove, obtenir une boucle vraiment solide qui fonctionne et lancez-la ! Et c’est fait ! Je pourrais le faire pendant une journée si on a quelque chose de vibrant. C’est une chose différente oui, et en tant que DJ, la Techno était avant le Hardcore. Je viens de la première génération de ravers et je me suis vraiment fait un nom au Royaume-Uni, comme l’un des premiers DJs techno / hardcore techno. A cette époque, le Royaume-Uni était vraiment plus Breakbeat like jungle. Il y avait un concert où je venais juste de faire les transitions d’artistes. J’avais 18 ans ! Et je me suis dit « comme personne ne sait qui je suis, je dois assurer un putain de changement. Je vais juste jouer de la techno. Et voyons ce qui se passe » ! Ça aurait pu être la fin de ma carrière, genre le public peut se dire «qu’est-ce que ce bordel ?», mais ça a explosé ! C’est ce qui m’a fait, ce qui lancé les choses. Vous savez, je suis vraiment considéré comme l’un des premiers DJs techno au Royaume-Uni et je suis vraiment fier de ça (rires). Oui, je le répète depuis longtemps, mais la techno a fait beaucoup pour moi. Vraiment, comme les 3 dernières années, nous avons encore fait des choses intéressantes (rires).

Sur les réseaux, on voit souvent des petites “guerres” entre styles musicaux. Certains préfèrent la techno et crachent sur le hardcore, ou inversement. Qu’as-tu envie de leur dire ?

C’est vrai ? Je n’ai pas remarqué mec. Ayez une vie, passez à autre chose ! Sérieusement, je n’ai pas le temps pour ces conneries ! Créé ou casse-toi ! Ce sont des rageux dont tout le monde s’en fout ! Tout le monde s’en fout ! La Rave, ça intéresse que les gens qui la font ! Les vraies questions des ravers sont : « Qu’est-ce qu’on fait, putain », et non pas une question complètement débile comme« oooh la techno c’est ça, le hardcore c’est ça … » Non ! Arrêtez (rires) ! Joue de la musique, fais-le comme tu le penses, et c’est tout !

Même si on voit du mieux récemment, la preuve ce soir au Zenith de Toulouse, l’Etat n’est pas vraiment derrière notre mouvement. Par exemple, il n’est pas rare qu’un événement soit annulé ! Que penses-tu de cette répression ?

Ne parlez pas de politique, je baise la politique ! Je viens d’Angleterre, le Brexit continue ! Juste… Gardons espoir. Je pourrais en parler, mais ça gâcherait l’interview, alors… Non (rires) ! Nous avons laissé nos propres systèmes au Royaume-Uni, vous savez. Nous avons perdu la moitié des clubs dans lesquels nous avions l’habitude de jouer, alors oui, nous n’avons aucun soutien de mon pays. Je n’ai pas un pays de préférence. Nous jouons dans le monde entier maintenant ! On joue partout ! Donc, il suffit de répandre l’amour autour de vous ! Ça aide. Et comme je le dis entre temps, les festivals et autres trucs sont un peu bizarres, ils choisissent l’été mais finissent par tomber. Oui, je suis vraiment content d’avoir mon travail normal, vous savez, je peux simplement me retirer quand les choses arrivent… Elles viennent naturellement ! Je ne suis pas en train de courir après des choses et de me casser la tête…. Mais oui, le gouvernement ne nous soutiendra pas. Ils ne nous ont pas arrêtés l’année dernière mais on s’était rebellé alors (rires) !

Est-ce que tu as des idées pour développer cette culture hard en France ?

Putain putain… Mes idées ? On doit garder un esprit ouvert. Les choses vont et viennent, genre, tu as des moments où tu obtiens ces très grandes photos et trophées et puis je il y a les hauts et les bas. Aujourd’hui, il y a une place importante pour le Hard-Tempo et c’est très important en Hollande depuis 5 ou 6 ans. Avec ce genre de changement, le Hard-Tempo est roi à présent. Mais nous sommes un peu comme des vagues, nous les artistes industriels parce que nous n’avons jamais été mainstream ! On va et vient sans cesse. Nous sommes toujours marginaux. Je ne suis pas le gars qui cherche désespérément à être sur la scène principale ou quoi que ce soit. Nous sommes juste dans le meute. Donc, quel que soit le courant dominant, cela ne nous affecte pas vraiment car rien ne semble me dicter ce que je devrais ou ne devais pas être ou faire. On parle musique mec !  Je ne suis pas égoïste, je n’ai pas un égo à satisfaire. Je ne suis pas comme certains. Nous utilisons les médias sociaux pour faire passer un message. Comme je le disais, le hardcore en France… J’étais venu ici pour la première fois en 1998. J’avais joué pour la première fois pour Karnage en 1998. Ça fait 20 ans ! C’était donc un monde différent. Donc, en 20 ans, il y a eu beaucoup de changements. Et maintenant où nous en sommes, tant que le Hardcore survivra, nous aurons encore 20 ans avec exactement les hauts, les mêmes bas ! Vous avez juste des gars qui participent sur du long terme et des gars qui y participent tout court. Ils sont là pour un moment, nous jouons sur le long terme ! Vraiment ! En tant que DJ devenu artiste, vous savez que je suis plus DJ que artiste. Mais comme DJ, j’aime jouer de la musique d’autres personnes aussi bien que la mienne.
Mec il y a 20 ans, tout le monde était DJ ! Maintenant, tout le monde est un artiste (rires). Mais oui, comme je le dis pour moi, vous savez, je viens du Hardcore, j’ai été Hardcore toute ma vie. J’étais Hardcore avant le Hardcore. C’est un fait ! Parce que je viens de la house, avant le Hardcore ! Mais j’ai joué de la House à ma façon, de façon rapide ! Mon ami était comme « Mec, tu joues ta musique de façon hardcore! ». Et j’entendais ce terme avant même que Hardcore n’ait été inventé, alors j’étais comme « c’est moi (rires) ! », alors oui nous y sommes ! Mais vous savez que la France a une très longue histoire avec le Hardcore et je ne pense pas que ce soit fini ! Gardez juste la foi !

Quels sont tes projets pour la suite ?

Pfff… Je pourrais vous le dire mais je devrais vous tuer après (rires). Nous venons de sortir un l’album. Pour le moment, je ne fais que des nouveaux disques avec Deathchant Records, alors que ça faisait 20 ans que je n’avais plus rien fait avec eux. C’est vraiment un gros deal ! Ils seront très vite à leur 100ème release et il y aura des trucs vraiment cools pour ça ! J’ai aussi des trucs qui arrivent sur PRSPCT mais plus tard dans l’année… Et surtout… Je continue à produire !

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Un dernier message à faire passer ?

Merci de me recevoir, et merci pour votre attention ! J’espère que quand vous écouterez ma musique, vous comprendrez ce que je suis en train de dire parce que je parle beaucoup et je dis souvent des conneries. Big Love sur vous et surtout, comme je l’ai dit, gardez la foi dans le Hardcore. Gardez des artistes comme moi pour les nombreuses années à venir !


Hi, could you introduce yourself for those who might not heard about you?

Hello, my name is Luke McMillan, aka the DJ Producer, I’am a Hardcore DJ from the United Kingdom, and I’ve been DJ professionally since 1991. 28 fucking years… Hardcore fucks stop me ! Somebody stop me (laughs) !

This is the basic question of our website…What is your definition of the electronic music?

That’s a really tough fucking question…’cause I’ve got, like, nearly 40 years of electronic music in me, and I’ve got so many different definitions… What is electronic music… electronic music is music made by a machine that you have to plug in and use electricity ! And that, is pretty much most music that’s made today. So you tell me where is the line, where does electronic stop. I don’t know… I do Hardcore Techno, and that’s made with computers, so, that’s pretty fucking electronic, but you know there’s a whole world, I mean to like… Dub Techno, I like really Ambient stuff, you know, the really opposite of Hardcore…you know this is like… Yeah Ambient electronic so there’s many things! I’m just a specialist you know. I do this one thing really fucking well (laughs) ! So yeah…but there’s a whole world about electronic music, and you wanna investigate and there’s a million things you can search on the internet for! It’s a… you know, compare to 20 years ago it’s a whole level world know!

With your stage name we can assume that you are a very good producer which is true. Where do you find your inspiration?

Yeah maybe… It’s all subjective you either like it or you don’t. Well I can just say to the guy : the name DJ Producer, is a name i was given. I did not make this name up ! Many many many years ago, you know, when I first DJ, when we first make rave party really on our own, when there was really nothing, I really was the only, you know, DJ in our area. And when you guys start to try, my friend said “Man, you produce the goods”, like, “no one can touch you. You are the producer !” and that was it! And then he said it like “that’s it !” and it stuck. So I was given the name from a crazy guy and it turned into this thing you know…Then I started to make music, and then I did actually become a producer who’s actually a DJ ! So in the end, I turned into my fucking name! What the fuck is that (laughs)!
No you know there is a thing on me about what we do, you know, Hardcore can be defined, yeah maybe as like, a maybe, idiot music. Just to jump around and bang your fucking head or whatever, but you know, to me, you know, it’s… When I make music it’s like deep meditation going on and I extract something, you know, I really try to inject some of my soul into what I’m doing. So when you hear it, you fucking know it’s me ! You know it’s like, that’s the musical, like, personification of the human. I can only make music the way I make it, you know! A lot of hardcore has a certain kind of waze that it works but I just can’t do that! I just do my own fucking thing! But, weirdly enough, it works (laughs)!

Few months ago, you produced Back To The oldsckool. Do you think that Hardcore music was better in the past?

No… The best Hardcore, we haven’t fucking heard yet! We just came warmed up, this is just the start! You know, it’s just… 28 years and know we’re getting used to computers and what they can do and the things we can do…Even me! You know right now, the album I just did, that’s the first thing I did after making records for 25 years! That album is the first one I was like “Yup, that’s fucking me !!” finally after 25 years that…that sounds like me ! But you know…it’s…there’s no… it doesn’t stop. The moment I return to the computer and do something else, you try finding something else of yourself! But, yeah, it’s really an individual thing, you know, that album really was, yeah, had to be more me than anything else before, you know. Because there is so many, mainstream Hardcore, Uptempo Hardcore, all these things… I just wanted to blow that appart, you know, I come from Hardcore techno. Hardcore is like all of it! So, to get back to those roots you have to include every fucking element! And that album, just covered like, my life history, all the pieces I used for the last 25 years. It was like… a refresher course not from where I come from but where we are fucking going! It’s like I say, that album, for me, is like a new start! Like say this shit, I wanna do it my head, I don’t know how to do it yet, but I’m gonna fucking do it! You know, the best is yet to come man, like I say, my label friend today played me stuff, I’ve heard stuff like this in years so… I’m really excited about music right now for sure!! We are not done (laughs)!

Your have a long and successful career. What were your challenges barriers to succeed?

Well actually it’s fun, in the last year, I do actually have a job in the midweek. For 26 years I just, just strictly DJ, that’s all I did! But actually, here now in the last, like, 8 months, I actually work in a…. How do I put this… I work in a hydroponic store in UK. So we sell stuff for people to grow whatever they want in their house. Like whatever they want in their house ! We just sell to grow it… but you work it out (laughs)! Yeah! It’s a big industry and I’ve a lot of love for a lot of that… you know this… Man I can’t be to obvious about what I’m talking about here but I have a whole new mission and actually having this in the midweek now means that when I actually come to weekends and going back to the studio, like I said, spending almost 26 years solid in the studio, you need to break it up, you know. 9 Years ago I had a kid, so now I have a kid and like, a normal life with a wife so, I do those normal things but, yeah, afterlight the last 8 months were really to get into this work regime, now I’m starting to write music again, like you said, this last week I’ve done things I haven’t done in fucking years! So, you know, actually making a little break and changing things… You know make some space… But when I come back to the studio is really fucking exciting again! And that’s exactly what’s happening right now! So I actually feel more energy doing this than I have done in a long time, you know. The album was really the start of that you know! As soon as the album is finished, I started my new job. I finished the album friday, started my job on monday… it was like that! But yeah of the back of that new mission, more music to come for sure. And after doing the album like this year I’ve pretty much, most of the major festival was already on my dairy in January, right up to November/ December. So fucking done! So right man, yeah, long career, it isn’t gonna fucking finish trust me!

During your sets, you are living the music, you are moving a lot, is it important to make the crowd go wild?

I don’t notice it, it’s a natural reaction. I’m not doing it for show! I’m not doing for you… I’m not doing for you something to look at! I do it because I do what I fucking do! I can’t help it. It’s a body reaction. You know I’m DJ… Last 4 years, I use to DJ on my birthday. When I play on my birthday I play 8 hours, 10:00 Pm till 6:00 in the morning… All night long! Dancing.. without a break, without a piss, just 2 drinks, no drugs, going absolutely fucking psycho like you saw in 45 min but for 8 fucking hours! And I didn’t feel that either, ‘cause it’s just a… You know when you love what you do, you just… You don’t notice it. I don’t do.. I’m not here to jump, dance like a monkey for you… NO (laughs)! It’s fucking Hardcore man, you fucking feel it! It goes through you. You know, it’s kind of.. It’s a thing that I’ve realised, I do it, but, over time I’ve realised you know, people kinda get of on the fact they see me really getting off on it you know what I mean? In certain giggs, where we’re really close, there is really this transfer of energy going on ! I get psycho, they get psycho, it’s like… fucking “OMG”! Well the end of it is just chaos you know. And I’m in phase, sweat everywhere. That’s how it’s meant to be! DJ’s who don’t sweat need taking a fucking kicking if you know what I mean. You need to fucking sweat more (laughs)!

So, what do you think about the “hands up” djs that we can see?

I don’t talk about other DJ’s. I don’t know… I do hands in the air! You’ve seen it from my fucking set man! Now, people can do whatever they want for reaction but I come from an older school man. Totally an older school…raver fucking dominate (laughs)!

Today, you will play with Thrasher. During a B2B set, do you feel more limited or more free in the way you are djing?

It’s hard to quantify. Tonight was really easy! I know Gareth (Thrasher), we know each other very well, we played together a few times, we really had a lot of new stuff and we didn’t had longest set, so you know, it’s just important to get the tracks that we wanted to hear and… That was all that was important you know so… But yeah this guys I’ve played with in the past, I used to play a lot with a guy in UK you know and we had some really good times but, yeah you know, again you’ve played with a guy to much it can get odd and stale. But you know, the way I DJ when I play solo, you know that’s just something in itself you know, is like me on my own, and then there is a set gone with someone else. So it’s like kinda half of me you know what I mean? When it’s me, let loose, like … Get out of the way! There’s nothing gonna stop me ! Yeah you just got… You just got a different mind set because… I’m not a selfish guy you know. I’m not gonna be that! Just taking control and taking over! I’m really into like working, like, if you better work with someone, you gonna work with them you know. It’s like it has to be between us to make that just go off you know ! But yeah me and Gareth, we played together a few times now and it’s always the same (laughs). So yeah really another problem for me! After that yeah… Of course I know him from so long it makes it easy as well for sure!

You also produce Techno! What are the similar things between Techno and Hardcore Music? And what are the differences?

Techno is fucking easy man (laughs)! There is no thought involved! It’s like doing it my eyes closed. You know, I mean, the sound processus, but you know compared to when you’re making Hardcore, you know making techno, finding a really good groove, getting… Getting a really solid loop when you now that run just run it! And it’s done! That’s… I could do it for a day if you get the vibry. It’s just a different thing but… yeah you know I… really as a DJ you know… but even before Hardcore. I came from first generation rave and I really maked my name in the UK, actually, really as one of like the first, like, Techno/ Hardcore Techno DJs, ‘cause you know at that time UK’s really , you know, Breakbeat like jungle influenced and, the raves at that time really were all that !There was one gigg where i just made the change and I just.. fuck…I was… I was 18 years old! And it was like “no one knows who I am, we need to make a fucking change I’m just gonna play techno. Let’s see what happens” ! You, you know… It could have been the end of my career you know be like “what the fuck is done” but it blew up! it’s what made me! Making out change! Like, you know, I’m really classed as one of the first techno DJ in UK and I am really proud of that (laughs). You know like again, I’ve, for a long time techno did do a lot for me. Really like the last 3 years we’re really doing interesting stuff again (laughs)!

On Social Media, we can note some beefs between electronic music genres. Some people prefer Techno and hates hardcore, or likewise….What’s your opinion about it ? What do you want to say to those people?

Is there? I didn’t notice mate.  Get a life! That’s it… next! Seriously I have no time for that bullshit man! Create or fucking step off! You know what I mean? They’re like“ hmmm gn gn gn”  who fucking cares? Do or don’t do you know… the rave only cares if you do or don’t do! The ravers questions are “what are you going to fucking do” not bitching between ”oooh techno is this, fucking hardcore is that..” No! Don’t go there (laughs)! Play music and do it like you fucking mean it and that’s it. Straight out!

It seems that French politicians don’t support Hardcore Music. For example, some events are cancelled… What do you think about that?

Don’t talk to politics! Fuck politic!I come from England, Brexist’s going on! Just… Let’s keep it light. Keep it light (laughs). I could do but it’ll ruin the interview so just… Just don’t go there (laughs).
We left our own devices in UK you know. We lost half of the clubs that we used to play so yeah we have no support… But you know, what we do, we do luckily I’ve got to a point where, you know, I don’t have my own light in my country. I don’t even like one country. We play worldwide now! We play fucking everywhere! So it’s just spread the love around you know! So that helps. And like I say in between times you know, festivals and stuff is kinda… and they really picks in the summer but then drops off. Yeah I’m really glad that I have my normal job, you know, I can just step off, you know, when the things come… They come natural! I’m not chasing things and breaking my head about, you know, for sure…
But yeah the government won’t support us. They didn’t shut us down last year but yeah we still rebelling like fuck so (laughs)!

Do you have any ideas to promote the hardcore music in France?

Ooh fucking hell… Me on my own? Let’s just keep an open mind. Things come and go you know, like, you have, like, moments where you get this really big pics and trophs and… I mean this is… Since the ups and downs, you got this big up for Hard-Tempo and you know, I come really, from a kind of an industrial background, you know, and it was really a big thing in Holland like 5-6 years ago you know. With this kind of perspective shift, like, Hard-Tempo is really king now. But, you know, kinda waves for us industrial artists because we were never mainstream! We’re always in the fringes, you know. I’m not the guy that’s desperate to be on like the main stage or anything you know. We’re just in the pack just grinding it out ! So, whatever the mainstream does it doesn’t really affect us because we’re just on the preflow. Just…just grinding out, just having a good time you know . Nothing seem to dictate me what I should or shouldn’t be you know. This is about music man ! I have no sense of ego or self. I’m not like…fucking… you know ! We use social media to get a point across, you know. Like I say, Hardcore in France is… I was first coming here in 1998. I first played for Karnage in 1998. It’s 20… It’s 20 years ago you know. So that was a different world then you know, for sure! So in 20 years there’s been many changes. And you know at this point where we are now, as long as Hardcore survives, We gonna have 20 more years with exactly the same fucking up and down ! You just got guys who’re in it for the long game, and guys who’re in it. they were their for a moment you know. We play the fucking long game ! Really ! You know, as a DJ that became an artist… but you know I’m more DJ than artist you know. But like… DJing… I like playing other peoples music as well as my own you know.  Dude 20 years ago everyone was a DJ ! Now everyone’s a fucking artist (laughs). But yeah like I say for me, you know ,I come from Hardcore, I’ve been Hardcore all my life. I was Hardcore before Hardcore was Hardcore you know. That’s a fact! Because I come from house music you know, before there was Hardcore! But I played my house music way to fast! My friend was like “Dude, you play your music way to hardcore !”. And I heard that term even before Hardcore was invented so I was like “that’s me (laughs)!”  So yeah here we are! But you know France have a really long history of Hardcore and I don’t think it’s over yet! For sure about that! Just keep the faith!

What’s coming next for you?

Pfff… I could but I will have to kill you (laughs)! W e just did the album. I’m just doing some brand new stuff with Deathchant Records and I haven’t done anything for them for 20 years, that’s a really big deal! They got release 100 really soon, some doing some really big things for that. I got some new stuff coming from PRSPCT later in the year… It’s just going man! Producing man!

Thank you for answering our questions. One last word to share?

Thank you for having me! Thank you for listening! I hope when you listen back you can understand what I’m fucking saying because I talk a lot of shit you know.  Big love and yes, just as I said before, keep the faith to Hardcore. Keep guys like me surviving for many, many years to come!

Réalisation : Valso & Marguerite / Préparation : Valso & Remicrd / Traduction : Remicrd & Wag / Retranscription : elbiizz / Montage : Valso 

Une réflexion sur “Interview : DJ Producer (EN + FR)

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