Interview Tony Romera


L’Electrobeach Music Festival a proposé une édition 2017 monstrueuse, que l’on n’est pas prêt d’oublier (notre report est à retrouver bientôt) ! Nous avons profité du festival pour poser quelques questions au talentueux Tony Romera, qui a gentiment pris le temps d’y répondre. De son label « Sans Merci » à la scène électronique française en passant par l’Opium Club Toulouse, retrouvez l’intégralité des propos du français ci-dessous :

 

Salut Tony Romera, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Tony Romera, j’ai 25 ans. Je produis depuis environs dix ans. Je fais de la bass house, de la dubstep, un peu de tout. J’aime bien explorer d’autres styles. J’ai aussi d’autres noms qui sont Röny et Bellecour avec KEELD.

 

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

C’est très large, c’est très dur d’y répondre. La musique électronique c’est de la musique faite par ordinateur et c’est une musique qui peut toucher au plus profond. Pourtant, ce ne sont que des ordinateurs, mais cela peut faire des trucs insensés sur le corps humain.

 

Notre devise est : “Déplaçons les frontières de la musique électronique”. Au vue de tes trois alias, n’est ce pas également ta philosophie ?

Totalement. Moi, je n’ai aucune barrière. J’aime bien naviguer un petit peu entre les styles et tout ça. Vraiment, je m’arrête nulle part, j’ai rien qui peut me bloquer maintenant. Avant, un petit peu plus à cause du management etc mais maintenant il n’y a plus rien qui me bloque. Je suis vraiment libre et je fais ce que j’aime, en espérant que les gens aiment par la suite.

 

En plus de tout ça, tu as créé ton label “Sans Merci”, que cherches-tu à faire à travers lui ?

Alors premièrement, à pouvoir sortir mes morceaux plus rapidement, quand j’en ai envie parce que malheureusement, il y a des labels qui mettent beaucoup trop de temps à sortir nos morceaux. Du coup, ils ne ressemblent plus à ce que l’on fait à ce moment-là. Quand cela arrive un an après, évidemment le son a évolué. Donc sortir mes morceaux avant qu’ils traînent dans l’ordinateur, puis ceux de mes amis et créer une sorte de crew.  Mon but n’est pas de faire un Pardon My French 2, ce n’est pas du tout cela. C’est juste parce qu’avec les amis, on a envie de kiffer, de s’amuser et de faire notre délire.

 

Tu organises la première soirée avec ton label Sans Merci au Bowl à Annecy, est-ce qu’on peut espérer d’autres soirées comme celle-ci un peu partout en France ?

Ah, ça serait avec plaisir ! Là normalement, il risque d’y en avoir une à Orléans, on est en train de voir. Peut être en Suisse, on va voir aussi. On espère en faire dans plusieurs clubs, peut-être des scènes dans des festivals. J’ai peut-être un plan pour l’année prochaine, pour l’été. Le but est de développer un petit peu ça pour qu’on puisse jouer entre pote et qu’on rigole.

 

Il y a une quantité de travail énorme entre ton label et tes différents projets, sachant que tu sors énormément de titres, comment arrives-tu à gérer cela ?

Toute la semaine, je suis en studio. Quasiment tous les matins, je pars vers 9 heures et je finis à 19 heures. Le week-end, lorsque je fais des dates, je suis obligé de partir. Malheureusement, je n’ai pas de studio portable mais voilà j’ai énormément de travail tout le temps et ma copine n’est pas forcément contente (rires). Le soir je bosse sur les mails, les envoie aux labels, donc énormément de travail tout le temps mais j’aime cela.

 

Tu viens de sortir le titre “Slave” sur le label Panda Funk, peux-tu nous en parler ?

Ca fait un moment que j’ai fait le morceau. Mon management a vu cela avec Panda Funk. Du coup, ils ont décidé de le sortir, ils ont bien aimé. C’est un morceau avec break un peu funk, à l’ancienne, un peu comme Carmen. C’est d’ailleurs marrant que ce soit signé sur Panda Funk. Je me suis amusé à le faire puis après le drop c’est un truc de débile comme d’hab (rires), en espérant que ça plaise aux gens.

 

On a vu beaucoup d’artistes, dont Tchami, jouer Fire Inside, un de tes prochains sons. Tu peux nous en dire un peu plus ?

Ouais carrément. Alors je ne sais pas si je suis censé vous le dire, mais ça sortira sur Confession normalement très bientôt, j’ai aucune date de release. Après, c’est supporté par les plus grands du monde comme Diplo, A-TrakTchami, Malaa. Franchement, il y a grave du monde qui la joue donc c’est cool. Ca fait plaisir car je me suis inspiré un peu de Daft Punk, du Burnin’ sur ce morceau. J’ai voulu faire un truc un peu différent, house à l’ancienne, très french touch donc c’est cool que les gens le reçoivent aussi bien. Je me suis servi de mes racines musicales pour le faire.

 

Tu as d’ailleurs sorti quatre morceaux sur le label de Tchami, Confession, sous l’alias Bellecour en compagnie de ton pote Keeld, qu’est ce que ça représente pour toi de sortir des sons sur un label si réputé et avec un de tes potes ?

C’est énorme ! Déjà le fait d’avoir un groupe avec Jordan (ndlr : Keeld) c’est génial parce qu’on est vraiment meilleurs potes depuis des années. On a commencé la musique ensemble. C’est ouf de pouvoir tourner ensemble, jouer en club, produire ensemble. Et sur le label de Tchami, c’est énorme parce que je suis vraiment fan de lui depuis son premier son qu’il a sorti. Mercer m’avait envoyé un pack de remixes il y a quelques années et il m’avait dit “tiens c’est un nouveau pack de remix sur Spinnin”. J’avais entendu Tchami et j’ai dis “c’est qui ce mec, c’est lourd”. Il me dit “ouais c’est un pote de Paris, tu vas voir il va tout déchirer” et effectivement il m’a pas menti, il a tout défoncé. Ils l’ont bien poussé avec Snake et tout. Franchement, je kiffe ce qu’il fait. En plus, le personnage est énorme et il est adorable. C’est un bon mec, très humble et très intelligent. C’est génial de pouvoir signer chez lui. Bellecour, du coup, on a sorti “Fonky Beat” qui cartonne parce que tout le crew l’a joué, même Snake, alors que c’est pas forcément son délire. C’est ouf !

 

Tu étais présent l’année dernière sur la beachstage de l’electrobeach, cette année tu es sur la mainstage, qu’est ce que cela représente pour toi ?

C’est fou parce que c’est une belle évolution. C’est un peu comme si on m’avait donné une promotion au boulot, cela fait plaisir. En espérant, que l’année prochaine je jouerais un peu plus tard parce que là c’était assez tôt mais c’est déjà très bien, même en jouant tôt. Il y avait du monde, c’était cool, bonne ambiance, en espérant pouvoir rejouer l’année prochaine.

 

Du coup, toi tu tabasses. Grosse trap, gros dubstep, vraiment nous on adore ça. Est-ce qu’il en manque pas un peu ici ?

Beh on va en entendre ! Ce soir déjà, il me semble qu’il y a un invité surprise qui va tabasser (ndlr : C’était DJ Snake !) et puis demain, je crois qu’il y a Troyboi. De toutes façons, ils commencent à intégrer ce genre de truc. C’est vrai que les français sont pas à la base totalement fans, pas tous en tout cas. La communauté est plutôt petite pour la bass music mais c’est en train de grandir. En tout cas à Paris, quand je vais jouer, c’est énorme, grosse ambiance sur la bass music. Lyon n’est pas encore au top mais voilà ça va y venir petit à petit sur les festivals !

 

Parce que des mecs comme Bro Safari ou San Holo, nous on ne crache pas dessus !

San Holo, il a joué aux 24h de l’INSA. Là-bas, il y a deux scènes. L’une assez grande et l’autre plus petite. Ils l’ont fait joué sur la petite stage et genre presque tout le public de la mainstage est allé le voir. La scène était bondée. Cela veut dire que l’on va évoluer dans ce sens. On va y venir. En France, on est un peu plus long à comprendre parfois (rires).

 

Tu as également joué pour le célèbre Ultra, en Asie. Ça devait être énorme non ?

Ah ouais, c’était ouf ! Après pareil, j’ai joué tôt (rires) mais c’était la mainstage. C’était à Bali, ma destination préférée. C’était énorme de jouer avec Deadmau5, Afrojack, Martin Garrix, Marshmello… C’était génial et puis la stage était stylée, avec une piscine devant. Bon délire en espérant y retourner un jour. Là je retourne en Asie en décembre pour une petite tournée, et je fais un gros festival, le plus gros d’Asie, le DWP à Jakarta. Il y avait Snake l’année dernière, Jack Ü il y a deux ans. On m’a proposé une scène avec Tchami et une autre avec Jauz, Flosstradamus ce genre de truc, gros festival donc.

 

Pour finir on aimerait parler d’un club qui nous tient à cœur et avec qui on est partenaire : l’Opium Club Toulouse. Tu y as déjà joué, et on t’a d’ailleurs rencontré là-bas fin 2016. Que penses-tu de cette boîte toulousaine ?


C’est lourd ! Ils ont une très bonne programmation, très progressive house. De très bons artistes y viennent. A chaque fois, ils sont super contents de leurs expériences. Moi je venais beaucoup avant. Apparemment Amine (ndlr : patron du club) me fait la gueule. Il va se prendre un coup de boule (rires). Non je rigole. En espérant y retourner dans pas longtemps. Peut être, faire une Sans Merci là-bas, qui sait ? Après je sais que c’est pas trop le style de la maison. Thomas (ndlr : Thomas Pasko, résident du club) aime bien quand ça tabasse mais Amine aime un peu moins les Snake et tout. Donc là c’est vrai qu’on est pas trop dans le thème, mais à voir. Mais j’aimerais bien, même sous Röny parce que je sais qu’il préfère la house et tout. Je veux bien même sous Bellecour, on joue house. C’est faisable, libre à lui.

 

Merci d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Merci beaucoup. En tout cas c’est cool votre site ! Ca commence à faire des trucs pas mal, j’ai lu des articles sympas. J’ai hâte de lire votre reportage de l’Electrobeach. Merci en tout cas !

 

Réalisation : Valso / Préparation : Valso, So, OceB et Ben Altet / Retranscription : So

Photo :  Clubbing Vision

Merci à notre partenaire photographe Jordan Marchand de nous avoir aidé à obtenir cette interview, à Audrey d’avoir patienté malgré les nombreuses sollicitations et bien évidemment à Tony Romera pour sa simplicité et ses mots pour Valliue !

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