Interview Aalson


On l’avait vu jouer au Biérographe il y a quelques mois (report ICI), et on sera présent devant sa scène pour la fête de la musique. On s’est donc dit qu’une petite interview d’Aalson était la bienvenue ! Rassemblés autour d’un verre en terrasse d’un bar toulousain, nous en avons profité pour lui poser quelques questions. De la fête de la musique à ses projets, en passant par le succès de son remix de Hans Zimmer, retrouvez ci-dessous l’intégralité de ses propos :

 

Salut Aalson, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Salut, je suis Aalson, un étudiant. Je fais de la musique sous ce pseudo depuis maintenant deux ans. Avant ça, j’avais un projet en collaboration avec un ami mais c’était un peu plus amateur. C’est le fait d’arrêter ce projet avec mon pote qui m’a donné envie de me lancer tout seul parce que je n’avais jamais vraiment touché à la composition à part entière. Donc je me suis lancé dans la composition de tous les instruments et ça a donné ça. Aujourd’hui, j’ai trouvé une patte que l’on pourrait dire un peu cinématique, orchestrale, tout le temps avec de la techno en fond.

Qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer ce projet ?

Je sais pas, je pense que c’est un concours de circonstances parce qu’à la base je produisais le dimanche, sur mon canapé, sans me prendre la tête. Je pense que c’est d’une part les émotions que l’on peut ressentir lorsque l’on compose un morceau, notamment sur les parties bien mélodiques, ça c’est quelque chose qui me plaît hormis le fait d’en écouter. Lorsqu’il s’agit d’une production, les émotions sont décuplées. Après ça, c’est les retours de mes proches qui m’ont poussé à continuer parce que j’étais entouré de gens qui m’ont dit qu’il y avait peut-être quelque chose à en tirer, donc j’ai continué sur ça. Aujourd’hui, je suis toujours dans cette phase là, essayer de faire mieux, voir si ça continue de plaire et aller plus loin dans mon projet que ce que je fais aujourd’hui.

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?


Pour moi, ce serait l’instrument de la liberté. D’abord un instrument parce que contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser oui c’est un instrument, un instrument à part entière qui va regrouper plusieurs instruments, plusieurs techniques. Mais c’est un instrument qui faut apprendre à manier, qui a ses propres caractères et qui est tout autant technique, pas plus pas moins, qu’un instrument acoustique par exemple. Et pourquoi de la liberté. parce que pour moi, la musique électronique caractérise deux libertés. La première, c’est  la liberté musicale. Aujourd’hui, avec un ordinateur, avec les softwares qui sont utilisés, on peut faire tout et n’importe quoi. On peut vraiment retranscrire les envies qu’on a et les volontés à travers ces outils-là. La seconde liberté, c’est une liberté un peu plus sociale je dirais dans le sens où les outils de musique électronique sont disponibles pour tout le monde. J’en suis un petit peu la preuve vivante, dans le sens où j’ai jamais joué d’instruments, j’ai jamais fait de solfège, j’ai jamais fait de musique comme ce qu’on aurait pu connaître avant. C’est vraiment la musique électronique qui m’a fait démarrer justement parce que c’est une musique que l’on peut pratiquer chez soi, avec un casque, sans embêter personne et on fait vraiment ce que l’on veut. Donc voilà, une liberté musicale et  sociale à la fois.

Toi qui es étudiant, c’est pas trop dur de trouver le temps pour produire ?


Oui et non. Je pense qu’il faut respecter les priorités. Alors quand je suis en semaine, que c’est cool et que j’ai pas énormément de travail, je vais favoriser la musique. A l’approche d’un concert, je vais favoriser la musique également. Par contre, bien entendu, à l’approche de mes examens, je mets un petit peu  la musique en pause pour privilégier mes études. Alors oui c’est dur, mais quand on est motivé sur les deux plans, on est plus productif. C’est quand on fait les choses à reculons que l’on galère après tout le temps. Si on est motivé dans les deux domaines ça va, ça se passe bien.


Comment décris tu ton style musical ? Certains trouvent que ça ressemble beaucoup au style Hungry Music par exemple !

Alors oui c’est vrai ça peut ressembler à Hungry Music parce qu’il y a eu une période où j’écoutais exclusivement ce label là. Aujourd’hui, j’essaie d’évoluer, et si je devais mettre un style à ma musique, ce serait de la musique inspirée de la musique de cinéma, accompagnée d’une musique symphonique et orchestrale, tout en étant rythmé par ce qu’on retrouve dans la techno. Donc en trois mots : techno symphonique et orchestrale.

Après avoir produit la superbe track “Get Away (Part II)”, ton magnifique remix de “Time” de Hans Zimmer a fait des centaines de milliers d’écoutes sur YouTube… T’attendais-tu à un tel succès ?


Bien sûr que non ! Pour tout vous dire, Get Away est une track sur laquelle j’ai bossé des mois et des mois, sur laquelle j’attendais des résultats parce que pour moi c’est la première vrai production que j’ai faîte. Les autres étaient trop amateurs à mon goût. En revanche, le remix que j’ai fait de Time, il était pas du tout dans la même optique. Je l’ai fait parce que je suis un vrai fan de Hans Zimmer et notamment de ce morceau-là. Je ressens vraiment quelque chose quand je l’écoute et une fois je me suis dis “tiens essaye d’y travailler dessus toi aussi”. En fait, le seul défi que je me suis lancé c’était de tout recomposer, juste avec mes moyens, pas faire de samples, pas faire de boucle de l’originale mais juste avec les instruments virtuels. J’ai essayé de tout recomposer, violons par violons, instruments par instruments. Donc j’ai passé un peu de temps à composer cette partie musicale et après j’y ai posé un petit peu ma patte et au final tout est allé très vite. En deux semaines, j’avais fini la production et je l’ai écoutée, je l’ai envoyée aux proches à qui j’ai l’habitude d’envoyer mes tracks pour avoir leur retour et ils se sont tous très vite rendu compte qu’il y avait quelque chose de bien à faire au final. Donc je me suis dis de l’envoyer sur les chaînes telles que EMH avec qui je m’entends très bien, pour voir ce que ça donne.. L’objectif était de 10 000 vues honnêtement et aujourd’hui on a dépassé les 550 000 je crois, donc je m’y attendais pas du tout, c’est juste dingue et c’est un kiffe total. Cela me fait  super plaisir !

Toutes les personnes à qui on l’a fait écouter ont eu une réaction unanime : tu as donné une seconde vie à ce grand classique de Hans Zimmer. En es-tu conscient ?


Conscient non, mais quand on me le dit, ça me fait complètement plaisir parce que j’estime que les grands morceaux cultes comme ça, on n’a pas le droit de les remixer. En fait, je suis profondément contre les remixes de morceaux comme ça. Je suis aussi fan de Daft Punk et il a toujours été clair pour moi que je ne les remixerai jamais, C’est interdit ! Pour Hans Zimmer, j’ai fait une petite entorse à ma règle, on va dire. Donc ouais, j’espère lui avoir donné une deuxième vie, j’en attendais pas autant, donc en tout cas si c’est le cas, si tout le monde est d’accord sur ça, c’est un vrai plaisir de l’entendre.

D’ailleurs, où trouves-tu ton inspiration pour produire ?

Je sais pas, honnêtement je sais pas. Je pense, comme tous les musiciens,  qu’une part de notre inspiration vient des musiques que l’on écoute au quotidien. Par exemple, en ce moment, j’écoute beaucoup de classiques, de musiques de films et à l’opposé j’écoute pas mal de techno, un peu ronde, comme je l’apprécie, comme Stephan Bodzin par exemple. Donc, j’écoute cela au quotidien mais je pense que c’est pas ma seule source d’inspiration. Il y a bien sûr une part d’émotion, d’état dans lequel tu la produis, mais cela joue de manière infime. Mais après, il y a une grande part de volonté, d’envie sur le moment. Depuis que je compose, je me suis toujours dis : “tu vas produire une musique que tu n’as jamais entendu et que tu rêverais d’écouter tous les jours ».

Avec quel artiste aimerais-tu collaborer ?

De manière “ponctuelle” on va dire, plusieurs ! Notamment Teho que j’apprécie beaucoup, Nils Andreas également. Mon pote Lancana avec qui le feeling passe très bien. On a d’ailleurs déjà commencé à collaborer, je vous l’annonce. Hormis ça, je vise plus à collaborer avec des musiciens.

En parlant de ça ! On t’a vu jouer dans un bar toulousain il y a quelques mois, accompagné d’un violoncelliste et d’un guitariste. Un live band, ça te brancherait dans le futur ?

Ouais ça me branche, parce que je me suis rendu compte qu’au Biérographe, lors de ce live, c’est un vrai pied de jouer avec plusieurs personnes, et j’ai vraiment passé une p*tain de soirée ! C’était vachement plus agréable parce qu’il y a une part de stress qui disparaît, beaucoup de confiance aussi qui repose sur les épaules des musiciens. Ca c’est sur l’aspect personnel. Sur l’aspect musical, ça n’a juste rien à voir parce que certes un violon joué par un ordi c’est sympa, mais quand il est joué par un vrai instrument c’est vibrant. Alors oui je vais continuer, et je vais même essayer d’élargir ce live band en essayant d’avoir plusieurs violons, plusieurs violoncelles et d’autres instruments. C’est vraiment à développer et je le privilégierai par rapport à mes performances en solo.

Avec plusieurs autres jeunes DJs, vous organisez un événement pour la Fête de la Musique, allées Jules Guesdes. On sera d’ailleurs de la partie, puisque nous sommes partenaire officiel ! On suppose que ça te tarde ? Qu’attends-tu de cet événement ?

Cet événement à la base, c’était juste un “délire” avec mon collaborateur T’son. On s’était dit “vas-y on commence à faire un peu de musique, on prend deux enceintes et on les pose en bas de chez moi pour s’amuser”. Pour faire les choses bien, on a fait un événement Facebook, et puis il a littéralement explosé du jour au lendemain. Du coup on s’est dit “ça a l’air d’intéresser, alors on va essayer nous aussi de montrer de quoi on est capable ». On a donc élargi notre périmètre, on a invité des artistes. On attend rien de spécial, c’est notre première soirée alors on attend pas de résultat particulier. On espère juste que tout le monde s’amusera et que ça se passera bien. C’est une opportunité pour chacun de nous.

Tu as également lancé un second projet appelé “Technomotion”, qui a pour but de promouvoir des artistes. Peux-tu le présenter ?

Alors ce projet est né de deux choses. D’une part d’un groupe Facebook que j’ai monté il y a un an où l’on se réunit entre producteurs pour parler de nos soucis musicaux et aussi pour demander des avis pour les choses que l’on compose. C’est un petit groupe mais qui fonctionne correctement, il y a une petite communauté sympa. En lançant ce groupe, j’avais peut-être l’idée d’un jour l’élargir. Après, la seconde chose qui a créé le projet Technomotion, c’est la Fête de la Musique. Parce qu’avec l’ampleur que ça a pris, on s’est rendu compte que ça serait bien d’encadrer tout ça. Et si ça marche, pourquoi pas voir un peu plus loin ? Donc ouais on va promouvoir des jeunes artistes, notamment qui sont sur notre groupe Facebook, on va essayer aussi de faire de l’événementiel un petit peu atypique, c’est à dire hors du commun de ce qu’il se fait aujourd’hui et on a aussi prévu de mettre en place des ateliers pédagogiques. Et pourquoi pas un jour ouvrir un label indépendant, sous ce nom là.

Continuons de regarder vers un futur proche… Qu’est-ce que tu nous prépares de beau ? Un EP ? Dis-nous tout !

Un EP, non ! Deux EPs, oui (sourire) ! Je travaille sur deux EPs actuellement, c’est pour ça que je sors pas grand chose en ce moment et que je suis un peu discret. Parce qu’entre l’organisation de la Fête de la Musique, de l’association (ndlr : Technomotion) et la composition de ces deux EPs, je passe beaucoup de temps derrière mon ordinateur. Donc je fais un EP seul qui avance discrètement mais sûrement avec des enregistrements de vrais instruments pour rétablir la “patte” dont je vous ai parlé. Le deuxième EP, qui avance bien aussi, est composé en collaboration avec Lancana. Ca va pas sortir de suite, mais on espère dans les mois à venir !

Merci d’avoir répondu à nos questions. Un dernier message à faire passer ?

Déjà, je vous remercie pour cette interview, pour le soutien et le partenariat qu’on a au quotidien ! J’espère de tout cœur que l’émotion continuera à guider la musique et les goûts musicaux de chacun. Et j’espère, à titre personnel, que j’arriverai toujours à transmettre des émotions à travers ma musique.

On remercie Aalson d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, on se retrouve donc pour la Fête de la Musique ! Event ICI.

Interview réalisée par Valso’ et So’

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