Interview : Joris Delacroix

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À l’occasion du festival Garorock, nous avons pu poser quelques questions à un artiste qui compte beaucoup pour nous depuis plusieurs années : Joris Delacroix. De son attachement à la ville de Montpellier à son envie de voyager, en passant par la sensibilité de son public… Retrouvez l’intégralité de ses propos ci-dessous :

Salut Joris, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Joris Delacroix, je suis français. Je suis un artiste de musique électronique qui fait des DJ sets, des lives. Je produis beaucoup, une musique qui se positionne entre la House et la Techno de façon assez mélodique. On va dire que la mélodie est la marque de fabrique !

C’est la question de base du site : quelle est ta définition de la musique électronique ?

C’est difficile de donner une définition car c’est assez large, surtout aujourd’hui. On va dire que c’est le procédé de création de musiques avec des instruments de types électroniques et des ordinateurs. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui se trouve dans quasiment tous les styles de musique. Pour moi, avant tout, c’est une musique de nuit qui vient du clubbing, de la rave et de cet environnement. Mais, encore une fois, ce n’est pas figé.

Tu es Montpelliérain, tout comme de talentueux artistes à l’image de Teho ou les Cosmic Boys. Comment expliques-tu que cette ville fasse naître tant de talents ?

On a eu une énorme période culturelle à Montpellier, en termes de musique électronique. Il y avait des clubs qui marchaient beaucoup, comme La Villa Rouge ou le Bar Live que j’ai poncé personnellement. Ça m’a beaucoup inspiré. Je me permets de citer NTO qui est Marseillais mais qui a fait toute sa culture au Bar Live comme moi. C’est quelque chose qui veut beaucoup dire pour nous. Il n’y a pas que ça, mais je pense que ça y a contribué. C’est une ville qui est très jeune, très dynamique… Ça crée des vocations !

Avec Joachim Pastor, Stereoclip et Romain Garcia, vous venez de sortir un remix du titre « Seasons » de French 79 et NTO. On te voit souvent partager l’affiche avec ces artistes, à quand une tournée ou un projet commun ?

Je ne sais pas… C’est quelque chose qu’ils ont beaucoup fait à l’époque de Hungry Music, avant que j’en fasse partie. Aujourd’hui, la team ne s’est pas recréée autour d’un projet label ou d’une identité propre, mais plutôt autour d’un esprit d’équipe. Chacun produit sa musique, et quelque part on le fait ensemble. On est toujours ravi de tourner ensemble, ce qui arrive souvent. Après, de là à partir faire une tournée commune… Moi, ça me plairait, mais je pense qu’on est tous dans une période charnière où on a besoin d’exprimer chacun notre truc. Et la dynamique est là. On s’encourage les uns les autres. Les gens ne le savent pas forcément car ils ne le voient pas, mais on échange tout le temps et on se fait écouter nos tracks. À terme, ça pourrait être cool mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Même si je pense que tout le monde en a envie !

Ton dernier album date de 2018, peut-on espérer un nouvel opus prochainement ?

Ouais ! Pour l’instant, je suis toujours sur une dynamique de singles, car j’ai besoin de m’exprimer et faire exister ma musique dès que j’ai fini de la composer. Et le fait de faire un album, ça m’en empêche car il faut produire une douzaine de morceaux. Le temps de les produire, je suis obligé de me focus là-dessus. Pour l’instant, j’ai juste envie de faire un track et de le jouer directement. J’essaie d’avoir une régularité que je commence vraiment à avoir. Quand je saurais que c’est installé et que je peux garder cette dynamique en produisant un album en parallèle, je m’y mettrai. Dans 6 mois / 1 an, je commencerais à la composer. Puis le temps que ça sorte, on verra.

Quand je pense à toi, je pense à la période où je passais le bac. J’écoutais en boucle tes titres “Air France”, “Maëva” et “Symbiose” pour voyager un peu et destresser. As-tu conscience que ta musique peut avoir des effets thérapeutiques ?

J’en ai conscience car on me le dit, et ça me fait vraiment plaisir. C’est de la musique que je fais humblement. Je m’exprime, j’ai des choses dans la tête. J’ai des ressentis, j’essaie d’exprimer la période que je vis. Si ça permet aux gens de ressentir quelque chose et qu’il y a un côté thérapeutique, franchement tant mieux. Mais, avant tout, ça vient d’eux. Je me considère comme le messager de quelque chose qui me dépasse (rires). Puis c’est ta sensibilité qui va faire que ça va déclencher quelque chose chez toi. Il faut que les gens aient conscience de ça, c’est une force qui vient d’eux. Nous, on est juste là pour leur permettre de trouver cette force en eux. Mais jamais je n’aurai la prétention de dire que ce que je fais est bénéfique pour les gens. Si tu aimes ma musique, ça veut dire que tu as vécu quelque chose dans ta vie qui exprime ça. Et pour moi, c’est la plus belle des choses !

Et toi, quelle est ta manière de consommer la musique ?

Beaucoup sur les plateformes de streaming. Je suis vraiment tombé dans le truc de digger dans les playlists, de faire marcher les algorithmes et de découvrir de nouvelles choses. Même si je n’ai plus forcément la musique en physique ou en téléchargement comme avant, j’ai besoin d’avoir ma playlist en ligne ou non. Après, j’ai forcément la musique que je joue, donc j’ai toujours quelques téléchargements ou vinyles, comme les albums que je kiffe le plus. Je pense consommer la musique comme la plupart des gens aujourd’hui.

Le 15 juillet, tu seras de retour au Poney Club, cette fois-ci avec Joachim Pastor. Quel est ton rapport avec ce spot, où tu as déjà joué l’an dernier ?

J’adore ce club ! Ça fait la troisième fois que j’y vais. C’est la première date que j’ai faite pendant le covid, même si à l’époque c’était un peu chelou car tout le monde devait rester assis (rires). Ça a été libérateur de faire une date et de se dire que les gens sont là. Il y a eu beaucoup de ressenti assez rassurant. Pendant cette période de merde, j’avais peur que les gens m’oublient vu que je ne jouais plus. C’est une des dates qui m’a permis de m’y remettre, donc très important. Quand je suis revenu l’année dernière, j’ai vu que ça avait pris un énorme gap. Maintenant, il y a une scène. C’est limite un mini festival tous les soirs ! Le spot est dingue. C’est vraiment un endroit où je serai toujours content d’y retourner. J’adore l’endroit et la team qui s’en occupe.

On te voit jouer parfois live, parfois dj set. Quelles sont tes deux manières d’aborder ces différentes performances ?

C’est quelque chose que j’essaie de décider en amont, selon le type d’événement. Par exemple, sur un festival comme Garorock, je préfère clairement faire du live. On est dans un délire de concert, et le live est plus personnel. Le DJ set, je vais le garder dans une dynamique un peu plus club. Cela dépend également du temps qu’on me demande de jouer. Un DJ set est quasi illimité tandis que mon live dure 1h45. Le but est de pouvoir le pousser à deux heures, mais ce sera le maximum. C’est éprouvant, mais même pour le public… C’est toujours la même musique du même artiste, donc il y a un risque de lassitude. Le DJ set est plus dans la légèreté. Je peux passer d’autres choses et explorer. Je peux partir en grosse techno s’il le faut, ou au contraire rester très chill. J’aime les deux ! Je réfléchis juste au public car mon but est qu’il kiffe un maximum.

DJ Snake et toi avez un point commun : vous avez tous les deux joué au sommet de l’Arc de Triomphe de vos villes respectives. Lui qui vient de sortir un gros show au Parc des Princes… À quand le tien à la Mosson ?

Ce n’est pas la même (rires) ! À la Mosson, ça pourrait être golri n’empêche (rires) ! Écoute, franchement, je n’y avais jamais pensé ! Si possible, j’aimerais bien faire un Parc des Princes un jour aussi (rires). Pourquoi pas. Si les gens de Montpellier lisent ça, je suis ouvert donc faites une proposition les gars (rires) !

Quels sont tes projets pour la suite ?

Là, c’est la tournée à fond. Je suis vraiment heureux quand je suis en tournée, car j’ai l’impression de vivre et d’exister. J’aimerais bien essayer de toucher de nouveaux territoires, de découvrir le pays. Il y a beaucoup d’endroits où je vais et je suis chanceux pour ça. L’an dernier, j’ai eu l’occasion d’aller au Mexique et c’est un territoire qui déclenche quelque chose chez moi artistiquement parlant. J’aimerais bien aller jouer en Asie aussi. Je suis en train de tout axer pour arriver à m’internationaliser un maximum et à faire connaître ma musique un peu partout, de façon à voyager.

Merci d’avoir répondu à nos questions ! As-tu un dernier message à faire passer ?

À toutes les personnes qui nous lisent, qui vont dans les clubs et en festival… Vraiment merci ! Après le covid, on a vraiment eu peur que les gens passent à autre chose. Vous êtes là plus que jamais, donc franchement merci ça fait trop plaisir !

Réalisation : Valso / Préparation : Valso, So & Remicrd / Retranscription : Valso

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