Interview – Alber-K

© Valliue

Alors que les tournées/festivals/concerts sont annulés, les artistes continuent de travailler en studio! Ingénieur du son, Ingénieur Electronique et chercheur dans la technologie musicale, Alber-K est un producteur à la vision unique et au talent indéniable. Nous nous sommes rendus dans son studio en Belgique pour lui poser quelques questions. De sa passion pour la technologie, à ses lives salués par Malaa, Oliver Heldens et Jay Hardway, en passant par sa collaboration avec un robot reconnu dans le monde entier, retrouvez ci-dessous les propos d’un des talents de demain :

Salut Alber-K ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Hello tout le monde, je m’appelle Alber-K et je suis Belge. J’ai une énorme passion qui tourne autour de la musique mais surtout autour de la production musicale et de la technologie. Quand je produis, j’essaye d’avoir une démarche de recherche technologique et d’innovation derrière mes productions. Je vais par exemple essayer de créer ma propre guitare ou mes propres pré-amplis et compresseurs et les utiliser dans mes productions pour essayer d’arriver à un son bien unique.

C’est la question de base de notre site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

Pour moi, la musique électronique, c’est de la musique qui a été créée avec des plug-ins (e.g: un synthétiseur) grâce à un ordinateur, c’est-à-dire qui implique de la synthèse sonore. Qu’est-ce que je veux dire par là ? C’est que ce n’est pas juste un violon, une guitare, un piano. L’artiste a réellement pris du temps à créer un son à partir de « rien »  grâce à une émulation d’un synthétiseur ou autre sur un ordinateur et d’utiliser cela dans sa production.

Tu es ingénieur de formation et conçois tes propres instruments, comment en es-tu arrivé là ? Quel est ce parcours qui t’a amené à créer tes propres outils ?

Il y a un mot pour décrire mon parcours, c’est « passion ». Quand on a 13, 14 ans et que tout le monde s’essaie autour du mix et du djing, il y en a qui y parviennent, d’autres non. Certains vont aimer, d’autres pas du tout. Personnellement, j’ai adoré ! Très vite, je me suis retrouvé à devoir jouer dans des soirées, puis dans des clubs… Alors que je n’avais même pas encore 16 ans. Ensuite, j’en ai eu marre de jouer les morceaux d’autres artistes, j’ai donc décidé d’essayer de créer ma propre musique. Dans ce même cheminement qui m’a amené à la production, je me suis dit : « Quel est le but de vouloir ressembler à un autre artiste ? ». Aucun ! Comme j’ai toujours aimé la technologie, j’ai voulu lier cette autre passion à la musique en tentant de créer quelque chose qui influencera mon son, mes productions et mon style musical. Petit à petit, cela a pris plus d’ampleur, maintenant je participe au développement de technologie non seulement pour moi mais aussi parfois pour d’autres et j’en ai fait plus ou moins mon métier.

Et quel a été ton parcours de formation pour parvenir à ces deux passions que sont la technologie et la musique ?

J’ai toujours eu un énorme intérêt pour l’ingénierie et le développement. J’ai commencé des études d’ingénieur industriel et j’ai assez vite réalisé que ce n’était pas fait pour moi. Je cherchais quelque chose qui me convenait mieux. Ma passion, c’est la musique mais surtout, la production musicale et la technologie. J’ai alors cherché un moyen de combiner les deux. C’est comme ça que j’ai commencé mon bachelier d’ingénieur dans la technologie musicale. Ça me plaisait et je me débrouillais bien. Durant mon parcours, cela a évolué petit à petit. On commence par voir le fonctionnement d’un micro, puis un ampli etc. Au fur et à mesure, on se dirigeait vers des choses plus complexes. Mon projet de fin de Bachelier m’a ouvert les portes pour pouvoir poursuivre un Master au Etats-Unis et c’est la que tout a commencé à devenir plus concret.

Combiner une vie d’ingénieur/concepteur à une vie de musicien, c’est faisable dans un avenir où ta carrière connaît un boost ?

Tout dépend où sont les priorités. Je pense qu’il y a un certain moment, où l’on doit faire un choix. Je suis convaincu que c’est une chance que je sois dans cette position. Je trouve que pour un « concepteur », il est primordial de savoir ce qu’un artiste aura besoin dans le futur et de ce qui lui sera utile. Pour cela, rien de mieux que d’être soi-même un « artiste » et d’utiliser tous les instruments du quotidien. Je pense que ça se combine très bien.

Par contre, si je devais vraiment connaitre un « boost », j’espère que d’ici là, j’aurais une équipe qui pourra m’aider. Pour moi, c’est vraiment important d’avoir toute cette démarche de recherche technologique derrière mes productions (même si parfois cela ne s’entend pas) et c’est ce que je vais essayer de mettre en avant en 2021 ainsi que dans les prochaines années.

Dans tous les cas, tu auras toujours cette facette unique ?

Tout dépend de ce qu’on entend par « unique », c’est quelque chose que j’essaye d’améliorer quotidiennement dans mes productions musicales. Mais c’est vrai que j’aime vraiment la démarche de « recherche » derrière mes productions, et je ne compte pas l’arrêter. Maintenant, évidemment, si je commence à tourner partout, je pense que je limiterai mes tournées pour pouvoir quand même travailler. D’ailleurs, pour le moment, je travaille avec d’autres ingénieurs pour la conception de nouveaux instruments et je compte poursuivre dans cette voie, quoiqu’il arrive.

Selon toi, aurais-tu entretenu une carrière musicale si tu n’avais pas eu cette attirance pour la technologie ?

Je pense que je m’y serais d’office intéressé. Il ne faut pas oublier que je mixais et composais juste pour le plaisir. Cela était pareil dans le choix de mes études, j’ai fait quelque chose qui m’amusait. Et tout cela m’a conduit là où je suis actuellement. Donc ça a été vraiment un développement. Ce n’est pas du jour au lendemain où je me suis dit « c’est ça que je veux faire ». C’est vraiment quelque chose qui a mûri. Par contre, je pense que sans la technologie, j’aurai beaucoup plus de mal à me dire « Maintenant, je me lance dans la musique ». Même si j’estime que je me lance plutôt dans le développement de technologies musicales, ce qui est, à mon sens tout de même différent. Mais en effet, mon projet n’aurait pas pris cette ampleur si la technologie n’était pas là.

Le fait qu’il y ait eu cet intérêt d’innovation et de recherche, d’essayer d’apprendre à chaque fois de nouvelles choses pour tenter de créer de nouveaux instruments, des nouveaux softwares etc… Cela n’aurait jamais pris cette importance si la musique était absente de ma vie. Et inversement ! Si la technologie n’était pas là, je ne pense pas que mon intérêt pour la musique aurait été poussé si loin. Les deux sont fortement liés dans ma vie, et mes projets.

Sur ton dernier morceau “You& I”, tu as “collaboré” avec le robot “Shimon”, petit bijou de technologie, peux-tu nous raconter cette histoire pour le moins originale ?

C’est mon université américaine, Georgia Tech, qui bosse sur ce robot depuis plus de 15 ans. Il faut savoir que dans mon département, j’étais le seul à produire de la musique. Les autres étudiants sont des ingénieurs purs qui jouent parfois un peu de piano, de la guitare etc.. Mais ils ne composent pas. C’est donc naturellement que le département qui est en charge du développement de Shimon m’a approché.

Pour ceux qui ne connaissent pas Shimon : C’est un robot joueur de marimba et il dispose d’un programme qui analyse la mélodie de, par exemple, la guitare.  Sur base de cela, il va rejouer une mélodie au marimba en live afin d’accompagner les musiciens du groupe. Il y a moyen de faire des concerts avec ce type de technologie car il s’adapte en temps réel sur ce que les autres jouent. De plus, c’est un robot qui évolue chaque année car les étudiants travaillent constamment dessus. Par exemple, il peut désormais incorporer des acapellas et commencer à chanter.

Gil Weinberg est venu vers moi et m’a demandé de représenter le nouvel album de Shimon à l’Amsterdam Dance Event 2020. J’étais donc censé donner la conférence sur ce robot et son nouvel album. « You & I » était un morceau que je composais initialement pour cet album, j’ai donc dû vraiment m’intéresser, d’une manière plus approfondie, à son fonctionnement et j’ai commencé à réfléchir à des idées de musiques. Petit à petit, ça a évolué dans « You & I »  parce que je voulais quelque chose qui ressemble à mon style et c’est de cette façon que le featuring est né.

C’est complètement dingue comme collaboration !

Honnêtement. Il y a deux ans, je n’avais même jamais imaginé de pouvoir travailler avec un robot et surtout pas avec un robot aussi développé. J’ai dû tout de même l’aider dans le sens où la mélodie a été conçue pour cet instrument et pour qu’il parvienne à la rejouer.

Justement, en jouant avec un tel robot et en sachant que l’intelligence artificielle est en constante évolution, cela ne risque pas de détruire le côté humain de la musique ?

En fait, je pense que l’intelligence artificielle est un grand plus à partir du moment où elle est utilisée pour ajouter quelque chose, pour donner une nouvelle fonction à l’artiste, pour l’aider ou pour lui donner des idées. Cependant, elle ne doit pas remplacer l’artiste, elle doit lui servir d’outil. Par exemple, admettons que je suis dans la situation suivante : je n’ai pas d’idée de mélodie et je bloque. Je pourrais faire appel à une intelligence artificielle qui me créerait une mélodie et je me dirais « Ah, c’est marrant, ces notes-là, je n’y aurais jamais pensé ».

Par contre, avoir une intelligence artificielle qui va faire un concert devant moi, ce serait dommage selon moi. De plus, je pense que le concept ne devrait jamais vraiment prendre. Pourquoi ? Parce que ce côté humain, c’est ça qui rend la musique magique. Il faut donc être très nuancé. L’intelligence artificielle peut en tout cas aider le monde de la production musicale mais son utilisation doit être faite avec prudence. Cela doit rester une aide selon moi.

Donc l’intelligence artificielle doit rester une aide, c’est un outil supplémentaire à la production musicale, une aide et même parfois peut-être une valeur ajoutée ?

Exactement ! Dans tous les cas, je pense que même si elle est capable de faire un morceau complet, il sera toujours nécessaire d’avoir un humain derrière qui ajuste les choses et qui humanise la musique.

Tu as joué à côté de grands artistes tels que Malaa, Oliver Heldens et Jay Hardway, comment réagissent-ils quand tu annonces que tu crées tes propres instruments ?

En fait, je ne leur dis pas. J’estime que j’ai beaucoup de chance d’ouvrir pour eux. Pour moi, c’est un rêve et du coup, je voulais apprendre d’eux. Je leur ai posé plein de questions sur leurs carrières. Cela dans le but d’apprendre et de m’informer. Pour le moment, je parle rarement de mes projets technologique avec d’autres artistes de leur envergure car j’estime que je suis pas encore assez à la hauteur. Sauf avec Jay Hardway, Je l’ai rencontré dans un festival en Belgique et il m’a pris pour son opening aux Etats-Unis. C’est là qu’on a vraiment eu le temps de parler de production musicale et je lui en ai touché un mot. Je n’ai pas été en profondeur parce que je voulais surtout apprendre de lui et je pense que c’était encore un peu trop tôt si l’on parlait de l’instrument que je développe. Je préfère en parler quand je considère que je commence réellement à gérer assez bien… Et qui suis-je pour dire ça ? (Rires)

C’est très modeste !

J’essaie juste d’apprendre par passion, la production musicale ne se maitrise jamais assez bien selon moi et c’est là toute sa beauté d’ailleurs. J’ai encore tellement de choses à apprendre…

Quand je produis une track je me dis souvent : « Ok, je vais essayer de faire ça ». Et ensuite, on verra. Si, j’entends la petite subtilité dans la musique, je suis trop fan (rires).

Tu es parti aux USA pour tes études mais également pour la musique. Penses-tu que les Américains sont plus ouverts musicalement ? Les chances de percer sont réellement bien meilleures là-bas ?

Tout dépend de quand on estime qu’on a percé. Mais pour vraiment répondre à la question, je pense que ça dépend de tellement de facteurs. A partir du moment où on a des bonnes idées, de bons tracks, il y a également le facteur chance qui rentre en jeu. On ne sait jamais ce que les gens vont aimer. Et je pense que si une musique doit être entendue, écoutée, elle le sera tôt ou tard.

Cependant, là où les Etats-Unis ont un plus selon moi, ce sont dans les opportunités. Dans mon cas, je n’ai même jamais vraiment cherché. C’est arrivé d’une manière très simple. Une fois arrivé à Georgia Tech, je me suis très vite retrouvé à donner des cours et à réaliser des projets pour l’université. Dans ce cadre, il y avait par hasard une réunion à laquelle des invités extérieurs étaient invités, dont des promoteurs et propriétaires de clubs. On m’a alors proposé de jouer, mon approche leur semblait intéressante. Cela s’est très bien passé et ils ont aimé mon style. Là-bas, vu que c’est un peu plus Pop, Hip-Hop, R’nB etc, je suis arrivé avec un style vraiment nouveau. Alors que en Europe, on est plus sur de la House, Techno. Alors, c’est peut-être de la chance… Mais j’ai su saisir les opportunités qui se sont ouvert à moi.

Par contre, j’ai l’impression que les Américains te donnent plus vite une chance de façon générale. C’est un comme : « Tu sais quoi? Tu sais te débrouiller ? Tu veux créer ta société, faire ton truc ? On va te donner ta chance et on va te supporter ! » Mais, si ils n’aiment pas… C’est «Au Revoir » (rires).

C’est quitte ou double !

Exactement ! Dans mon cas, j’ai eu de la chance, ils ont aimé mon style. Et puis, tout s’est accéléré, je suis devenu résident de la boite qui est dans le top Billboard. Ensuite, j’ai été invité à plusieurs reprises à jouer dans la plus grosse boite d’Atlanta. C’est là que j’ai joué pour Malaa, Oliver Heldens etc. Je devais également jouer pour Fedde Le Grand mais la Covid-19 est passée par-là (rires).

Il y avait aussi Nicky Romero, Klingande et quelques dates à Miami, San Francisco mais bon, tant pis ! Donc voilà, aux États-Unis, je pense qu’on te donne une chance plus vite à partir du moment où c’est concret et qu’il y a un semblant de potentiel derrière.

De plus, le public est plus avenant. Quand j’ai joué dans les clubs, le public venait parler avec moi, me posait des questions sur ma musique etc.  En Belgique, en France, si tu n’es pas David Guetta ou une autre star, les gens vont moins venir vers toi (rires). Les Américains, si ils aiment ta musique, ils vont directement venir prendre ton Instagram, etc. Il y a un vrai intérêt pour les artistes et pas uniquement les grands, il y a une curiosité. Enfin, de mon expérience, de mon ressenti !

À l’écoute de ta discographie, on ne parvient pas à catégoriser ton style de musique puisque tes morceaux sont vraiment uniques. Cependant, tu préserves toujours ce côté Pop, est-il important pour toi ?

J’ai commencé à produire sans but ou style en tête, c’est juste ce style qui en est sorti naturellement.  Désormais, le but est vraiment d’avoir cette démarche de technologie à travers la musique et de tenter de faire découvrir ces nouvelles technologies à une audience plus large. Mes productions contiennent quand même des vocaux, des instruments et ce côté Pop justement… J’aime bien pouvoir me dire que mes morceaux peuvent éventuellement passer à la radio ou que le public va pouvoir chanter lorsque je pourrais faire des lives. Je m’imagine déjà être sur scène et d’essayer de faire découvrir à un public non seulement une nouvelle musique mais également un nouvel univers.

C’est également un vrai challenge car c’est une démarche que, pour le moment, j’ai vu chez des artistes mais jamais chez des artistes qui sont dans la Pop. Donc, oui, j’aime bien d’avoir ce petit côté Pop afin d’essayer dans le futur de montrer cette démarche à un public plus large.

Durant le confinement, on a pu profiter de ton excellent livestream où tu mettais en avant l’audio 8D. As-tu des idées spécifiques concernant tes shows en live (clubs/festivals) ?

J’ai beaucoup de chance d’avoir pu contribuer sur le projet du développement de la 8D. Pendant ce livestream, je voulais tester le 8D au long terme. Est-ce qu’elle peut apporter quelque chose lors d’une longue écoute ? Pour l’instant, je trouve qu’on se lasse assez rapidement (après 2 minutes) du 8D, selon moi ce n’est pas spécialement consommable au long terme pour l’instant. On devrait essayer de la rendre plus subtile afin de pouvoir l’incorporer au long terme et donc dans des live shows sans en être lassé.

Evidemment, j’ai plein d’idées pour incorporer ça en live. Le seul problème, c’est que cela demande de grandes infrastructures parce que pour créer du 8D en live, c’est un défi ! On travaille déjà sur des éventuels autres projets mais cela dépendra de comment les festivals et clubs reprendront.  Et ensuite, il y a la question suivante : est-ce que les clubs voudront encore de moi après le Covid ? (rires)

On pourrait imaginer un setup avec par exemple le robot Shimon ?

Peut-être un jour, ce ne serait pas infaisable (rires) !

Quels sont tes prochains projets ?

Je développe un nouvel instrument avec une nouvelle technologie depuis trois ans. Je profite du confinement pour vraiment me concentrer là-dessus. J’ai également des morceaux que j’aimerais bien publier. Je vais essayer d’incorporer plus en plus de vrais instruments dans la musique électronique d’une manière moderne, c’est-à-dire en y ajoutant justement des pré-amplis que j’ai créés afin d’ajouter une certaine couleur, une certaine vibe. J’ai également un autre projet, celui de créer ma propre guitare de A à Z afin de développer mon propre son de guitare dans mes prochains singles.

Il y aura également des collabs, avec j’espère, d’autres artistes belges. J’aimerais bien également m’implanter un peu plus en Belgique car je n’y étais depuis un moment, de passer en radio etc… En espérant que les gens aiment ma musique (rires).

Merci d’avoir répondu à nos questions ! As-tu un dernier message à faire passer ?

Merci d’avoir lu l’interview (rires) ! Merci d’écouter ma musique ! Si vous l’aimez, tant mieux, si pas, ce n’est pas grave. Merci à Valliue pour le déplacement et l’interview. J’espère que tout le monde se porte bien en ces temps difficiles et j’espère remonter très vite sur scène, devant un public car ça nous manque à tous !

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