Interview : Maissouille

Maissouille – © Oce-B / Valliue

Nouvelle interview sur Valliue ! Lors du Chronicle Festival (report’ à lire ICI), nous avons eu l’occasion de poser quelques questions à Maissouille, grosse pointure du monde frenchcore. De son label Hardcore France Records à ses projets à venir, en passant par la place de la hard music dans les festivals actuels… Voici l’intégralité de ses propos :

Salut Denis, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je suis Maissouille, DJ hardcore et frenchcore en France.

C’est la question de base de notre site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

C’est qu’on peut tout faire, tout simplement. Tout, tout et absolument tout !

Déjà, avant de provoquer des problèmes, on aimerait que tu nous éclaircisses sur un point : on dit LE ou LA frenchcore ?

LE ! On dit « LE frenchcore » ! C’est comme si on disait “la hardcore”, ça veut rien dire. On dit bien “la techno”, mais c’est pas pareil. Le hardcore, c’est pas un mot féminin, tout comme le frenchcore. Les Hollandais ont dit “la frenchcore” mais ils se sont trompés.

De “Blackpearl” à “Trip To France” en passant par ton tout dernier “Never 2 Much”, ta discographie est conséquente ! C’est pas trop dur de se renouveler dans un genre comme le frenchcore ?

Si, parce qu’il commence à y avoir beaucoup de concurrence. Mais aujourd’hui, on est arrivé dans une époque où on mélange tout donc on peut très bien mettre de la trance, du hardcore, du raw, du uptempo… Finalement, il n’y a pas plus vraiment de style. Quand on mélange tout, on peut faire de super trucs !

Nombreuses de tes productions sont des featurings, et tu fais souvent des b2b sur scène. Se lier à un autre artiste est primordial pour développer sa créativité ? Ou tu préfères la liberté d’être seul en studio et sur scène ?

Ça dépend. J’aime bien faire des morceaux tout seul, pour mes idées personnelles. Mais les collabs sont super intéressantes car ça permet de mélanger les idées de chacun. Ça donne des trucs assez surprenants des fois et incroyables, tout comme des fois ça peut donner des trucs nuls à ch*er (rires) !

On écoute souvent tes sons à fond à la maison, chose qui ne plaît pas forcément à notre entourage ! Qu’as-tu à répondre à ceux qui comparent tes compositions à du bruit ?

Déjà tu feras un bisou à tes voisins et à ta maman (rires) ! Pour en revenir à ta question, ça dépend des styles. C’est sûr que si tu écoutes du Noisekick, c’est un peu bruyant. Mais je pense que dans le frenchcore, il y a quand même des mélodies, des idées, une histoire… C’est pas que du bruit. Après, ceux qui aiment pas, c’est respectable. Les goûts et les couleurs !

Fin 2017, tu as créé ton label Hardcore France Records. Tu organises également de nombreuses soirées dans les meilleurs clubs de France. Tu te ferais ch*er en gardant seulement la casquette de “dj/producteur” ?

Non, je me ferais pas spécialement ch*ier. Mais après avoir créé le label, ça a tellement pris que je me suis senti obligé d’organiser des soirées par promotion. Si tu veux développer ton label, il faut organiser des soirées. Avec tout ce qu’on sort sur Hardcore France, c’est bien de faire jouer les DJs qui ont produit chez moi. Je trouve donc que c’est la logique des choses !

En parlant de ton label, on en profite donc pour te demander de lister quelques noms à suivre, qui mériteraient un peu plus de visibilité selon toi !

Ouais carrément ! Des mecs comme D-Frek par exemple, il a pas encore produit sur mon label mais ça va venir. Je pense que lui, il a un gros avenir. Jkll mérite aussi clairement plus de visibilité, il est vraiment très bon. Il y a plein de talents en fait ! Aujourd’hui tout le monde fait du son, même si il y en a qui sortent du lot.

Au delà du côté artistique, tu as la particularité d’être une personne très simple, gentille et ouverte d’esprit. C’est pas trop difficile de garder la tête sur les épaules, lorsqu’on vit de sa passion et qu’on joue dans les plus grands festivals du monde ?

Oui oui, c’est vrai, je suis comme ça (rires). Non c’est pas du tout difficile, il faut juste savoir être soi-même. Ça sert à rien d’avoir un melon à la c*n si c’est pour se faire mal voir. Enfin je sais pas, je suis moi-même et j’en ai rien à faire du reste. Quand je suis en festival, c’est comme si j’étais à la maison.

Toi qui es un grand nom du Frenchcore, on aimerait parler d’un artiste que l’on peut qualifier de prodige du genre : Sefa. Certains l’idolâtrent, d’autres le trouvent surcotés et en ont marre d’entendre parler de lui. Quel est ton avis sur lui ?

Je pense que c’est un petit génie, on va pas se mentir ! Il fait des morceaux de ouf. Je mets n’importe quel producteur au défi de faire ce qu’il fait, et après on en reparle. Je mixe pas mal ses morceaux, et pour faire des layerings comme il fait sur des mélodies… Ce mec a quand même un talent assez particulier. Après quand tu buzzes, il y a toujours des gens qui vont dire que c’est de la m*rde etc. Je suis désolé mais le mec buzze tout simplement parce qu’il est bon. Il est pas là pour rien. Il est fort, c’est un super showman, un bon compositeur, super gentil, jeune, beau gosse : il a tout pour réussir ! Je sais qu’il y en a qui vont me ch*er dessus, mais Sefa c’est vraiment un p*tain de DJ.

Karnage Records, Pandemic, Hardkaze… Les organisateurs multiplient les gros événements en France ! Le monde hardcore va t-il enfin obtenir la place qui mérite en France ?

Ouais ! Je pense que c’est le début. La semaine dernière j’étais à Elektric Park avec Joachim Garraud, et c’est le premier à promouvoir ce style de musique en France. Et là d’où il vient, c’est surprenant mais énorme parce qu’il sent le vent tourner, il sent le truc arriver. En France c’est que le début, on sent qu’il y a un gros public. Après c’est un manque d’organisation, mais ça vient tu vois. Comme le Hardkaze, le Chronicle, le Day One, le Nördik Impact, le Panoramas, le Cosmos… Là on voit que dans tous les festivals, il y a une place pour le hardcore et pour la hard music en général. On voit bien que le public français est demandeur, et c’est très bien !

Depuis quelques années, une scène hard est présente sur le plus gros festival électro de France : l’Electrobeach Music Festival. Apporter de la hard dans des événements aussi grand public : penses-tu que c’est nécessaire pour le développement du genre ou plutôt que ça risque de dénaturer le mouvement ?

Et on voit que la scène hard à l’Electrobeach marche grave ! C’est un buzz incroyable, eux ont compris aussi ! Je pense que c’est super bien parce que ça va permettre à plein d’organisateurs et de clubs d’oser la hard music. Ça sert à rien de se dire “ouais c’est underground, faut rester underground”. Non, pour moi la hard music a toute sa place avec les musiques populaires. Le public est demandeur donc je vois pas pourquoi il faudrait se priver de cette mise en avant. Pour moi, c’est de la logique.

Quels sont tes projets à venir ?

Je suis sur mon prochain album, j’ai pas mal de featurings avec de gros DJs sur le label Hardcore France notamment. Je suis qu’au début parce que j’ai arrêté de travailler à côté, donc là je suis vraiment à fond. Je m’occupe de mon label, de ma musique et des organisations. À fond !

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Un dernier message à faire passer ?

Écoutez tous du hardcore, c’est tout, rien à fou*re (rires) ! Merci à Valliue !

 

Réalisation : Valso / Préparation : Valso / Retranscription : Valso

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