Interview : Arno Cost & Norman Doray

© Antoine Gutowski / Valliue

Nouvelle interview sur Valliue ! Cette fois-ci nous avons rencontré Arno Cost et Norman Doray lors de l’Elektric Park Festival 2019. L’occasion de discuter de leur passé, avec déjà plus de 10 ans de carrière, et de leur futur. Voici l’intégralité de leurs propos :

Salut Arno Cost, salut Norman Doray, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ? 

Norman : On est Arno Cost et Norman Doray, un duo français, mais nous sommes aussi des artistes solo. On fait de la house music et on a commencé à percer entre guillemets avec “Magenta” et “Apocalypse

Arno : Vers 2007-2008 et depuis on fait de la musique non-stop, on fait notre petit bout de chemin quoi.

C’est la question de base de notre site. Quelle est votre définition de la musique électronique ?

Norman : C’est une question très difficile je crois. C’est de la musique qui s’est inspirée de beaucoup de genres, avec un beat régulier et un peu plus élevé. De la musique qui fait bouger les gens en club.

Arno : Ouais, c’est ça. À la base, la musique électronique c’était Giorgio Moroder. Donc je pense la définition de base de la musique électronique, parce que maintenant c’est un peu différent, c’est qu’elle est vraiment faite avec des synthétiseurs. Contrairement au rock avec la guitare par exemple, ça partait de ca à la base, de mémoire.

Un des titres nous ayant le plus marqué en 2014 est la sublime “Strong” release sur Size Records. En réécoutant le son aujourd’hui, on le trouve toujours aussi percutant et audacieux. Quels sont les ingrédients pour qu’un titre marche dans la durée ?

Norman : Je pense que clairement si tu veux un morceau qui va marcher sur la durée, c’est de jamais copier le style du moment. C’est à dire que si tu vas faire un morceau qui correspond à ce que t’entends à ce moment-là, tu vas sûrement marcher sur cette petite période. Mais quand les styles vont évoluer, ton morceau ne perdurera sûrement pas. Alors que si tu fais de la musique pour te faire plaisir avec quelque chose que toi tu aimes sans vraiment copier, il y a des chances que le morceau puisse durer.

Après une longue période de Big Room / Trap, on sent que la Progressive House reprend le dessus dans le monde de la musique électronique. Comment analysez-vous le marché aujourd’hui ?

Arno : C’est compliqué, il y a tellement de tendances, tellement de mouvements, tellement d’artistes, tellement de gens qui veulent faire des choses et qui les font bien aussi ! Le niveau de production des artistes a augmenté depuis 10 ans… Enfin, je me rappelle quand on avait commencé, ça n’avait rien à voir. Maintenant, tous les tracks qui sortent à 90%, ça sonne de ouf. Donc c’est compliqué de définir ce qui se passe en ce moment. J’ai l’impression qu’il y a un gros retour de la House, ça tout le monde est d’accord là-dessus. Une perte de vitesse de l’EDM aussi et ça j’en suis personnellement bien content, on en a vraiment beaucoup mangé. Et puis un retour de la Progressive House, mais pas comme à l’époque, quelque chose d’un peu plus techno. Des mecs comme Prydz ont toujours tenu leur ligne artistiques et aujourd’hui les gens reviennent vachement sur ça. Donc je trouve que c’est assez positif ce qui est en train de se passer, et toute cette musique un peu difficile EDM qui tournait un peu en rond est en train de descendre donc ça c’est vraiment cool ouais.

En écoutant vos dernières productions, on sent une réelle envie de revenir à un son plus groovy et proche de vos débuts : est-ce que vous vous considérez comme des héritiers de la French Touch ?

Norman : C’est quelque chose de difficile à mettre sur nos épaules. La French Touch était un courant tellement proche et qui n’a pas duré si longtemps que ça finalement avec des artistes hyper talentueux. Jamais on pourrait se comparer à ces artistes-là, maintenant on est français et on fait de la musique house donc voilà… Sûrement qu’on est plus connecté à ces gens-là qu’à des gens qui font de la house mais qui viennent d’Australie par exemple, parce que nous c’est dans notre culture en tant que Français. Mais ce serait la plus belle chose de nous dire qu’on est des héritiers parce que c’est vrai qu’on a grandi avec ça, qu’on a écouté que ça, et on est encore inspiré chaque jour par des morceaux qui ont été fait à l’époque. Et qui, comme tu disais avant, sont des morceaux qui ne bougent pas et qui seront toujours incroyables. Nous, c’est la musique qui nous a donné envie de faire ce qu’on fait aujourd’hui.

On vous sait très proche l’un de l’autre et ce depuis de très nombreuses années, est ce que vous arrivez encore à vous surprendre musicalement parlant ?

Norman : Ouais, je pense qu’on se surprend sur plein de choses parce qu’on est quand même hyper réactif. C’est-à-dire qu’on peut s’envoyer parfois des idées et on pensait pas qu’on aurait fait de cette façon là. Puis parfois, on envoie un morceau et on pense pas qu’on aurait « tilté » sur ce morceau. Même en terme de sets quand on veut y intégrer des nouveaux morceaux. On aime bien se chercher comme ça, c’est-à-dire qu’on découvre des trucs dont on se parle pas forcément et c’est au moment de parler du set où on se fait découvrir des trucs où on se dit “ouais c’est pas mal”. On est toujours sur ce côté réactif et ça c’est cool.

Considérez-vous votre duo comme un projet à part entière, ou plutôt comme un lien entre vos deux projets respectifs ?

Arno : C’est une bonne question ça !

Norman : Moi je dirais que c’est la base et c’est ce qui nous permet en solo de graviter autour.

Arno : En fait, c’était pas réfléchi du tout quand on a fait Arno Cost et Norman Doray, c’était juste une suite logique de nos deux carrières qui convergeaient vers un même style musical, vers une complicité. Et je pense qu’aujourd’hui on prend à 90% du plaisir à faire des morceaux ensemble, à être en studio. Même quand il est pas sur Paris, on est sur Skype toute la journée en partage d’écran et on bosse. On a vraiment bossé beaucoup seul pendant des années, et c’est pas très rigolo. Je pense que bosser en équipe avec un pote c’est ça le plus important. Donc Arno Cost et Norman Doray pour moi sont les projets de base et après si il y a des morceaux Arno Cost seul ou des morceaux Norman Doray seul, ce sera du bonus.

Justement, quels sont vos projets à venir ?

Arno : Ah bah il y a un plein de choses ! Il y a le follow up de “Together” qui va sortir sur le label Positiva d’ici je pense fin d’année, début 2020. Il y a le “Morning Light” qui vient de sortir sur Spinnin’ sur lequel on a des super feedbacks, on en est vraiment très content. Et puis c’est un morceau qui nous représente vachement, c’est vachement disco house avec une voix des 70s des divas black. Pour moi ce titre est génial.

Norman : Et il y a aussi un morceau qui arrive sur un label australien en novembre.

Arno : Donc plein de nouvelles choses, on arrête pas !

Réalisation : Wag / Préparation : Wag, Mike & Valso / Retranscription : Wag

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