Interview : CONTREFACON

© CONTREFACON

A l’occasion de la sortie de leur premier album, Mydriaze, nous avons interviewé le groupe parisien CONTREFACON. De leurs influences,à leur rapport à l’image, en passant par ce qui fait de CONTREFACON un groupe à part, découvrez leurs propos ci-dessous :

Salut les CONTREFACON, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ? 

On est CONTREFACON, groupe de musique-vidéo parisien composé de June qui fait de la musique, Pierre qui fait la vidéo, Etienne qui travaille aussi sur l’image, Mike Doe sur le son et on est accompagné aujourd’hui d’Antoine qui est l’acteur principal

C’est la question de base de notre site. Quelle est votre définition de la musique électronique ?

Mike : C’est de la musique fait a priori avec un ordinateur et des machines électroniques, tout simplement. 

Etienne : C’est le principe de composer de la musique avec des sons enregistrés ou des sons synthétiques. Donc aujourd’hui, on a une vision de la musique électronique assez étroite mais clairement elle touche à tous les styles. Que ce soit le rap, le rock aujourd’hui tout est électronique, donc la musique électronique ça veut tout dire et rien dire en fait.

On sent les influences de grands artistes de la French Touch comme par exemple “Stress” de Justice dans “Deter” ou Daft Punk dans “STAV”. Vous considérez-vous comme les nouveaux porte étendards de la French Touch ?

Pierre : Alors attends t’as vu du Stress dans “Deter” toi ? L’énergie oui mais le clip n’a rien à voir avec Stress. C’est un parti pris qui n’a rien à voir, même la musique il y a un truc d’énergie mais bon…

Etienne : C’est vrai que ça fait monter la tension et t’attends le break ça monte ça monte ça monte…effectivement dans Stress il y a un peu ce truc là.

Mike : On aimerait bien faire partie de ce mouvement sachant qu’on est français et qu’on fait de la musique électronique. Maintenant, la French Touch c’est un mouvement, pas un style de musique. La Femme a été comparé à d’autres groupes qui font partie de la French Touch, donc nous pourquoi pas mais c’est pas une vocation non plus.

À l’image de la société actuelle, l’industrie musicale crie au plagiat à tout va… De votre côté, vous avez décidé de vous nommer CTRFÇN, et même de pousser encore plus loin le concept en écrivant CONTREFAÇON en gros sur vos merchandising. Votre but était principalement de provoquer, ou de dénoncer ?

Etienne : Carrément les deux et s’amuser aussi, assumer.

Mike : On en joue aussi, on en parlait avant. Le plagiat, la contrefaçon, les inspirations font que tu vas toujours être associé à quelqu’un qui avant toi a marqué la scène. On a parlé de nous en disant Justice, en disant Daft Punk, Gesaffelstein…On a jamais cherché à faire la même chose qu’eux c’est juste que CONTREFACON effectivement il y a une connotation qui fait qu’on peut croire qu’on cherche la merde en essayant de copier les autres. Mais c’est pas forcément le cas et quand tu fais un mix de toutes nos influences forcément les gens vont chercher à identifier quelque chose qui les rassures, qu’ils connaissent déjà.

Etienne : C’est surtout qu’on assume nos influences

Pierre : Et puis la sur l’album ça va se voir que ce sont beaucoup d’influences beaucoup plus diverses que sur les EP ou le fait qu’il y ai peu de morceaux sur le projet permettait moins de montrer le panel.

Mike : Parce qu’effectivement sur le premier EP, on nous affiliait beaucoup aux sonorités French Touch. Alors que sur le deuxième EP, c’était beaucoup plus difficile parce qu’on prenait des libertés qui s’inspirait beaucoup plus du Hardcore, du Jumpstyle aussi, qui sont loins de la French Touch. Nous on revendique les deux et on cherche pas à se cantonner à l’un ou à l’autre.

Etienne : Même le Frapcore, Casual Gabberz ils ont un peu tiqué quand on a sorti “R Max”, parce qu’ils ont reconnu un peu les inspirations et on s’en cache pas franchement, ils ont fait partie de nos inspirations.

On se retrouve aujourd’hui pour la sortie de votre premier album “Mydriaze”. Le voyez-vous comme un accomplissement ou comme le début de quelque chose de plus grand ?

Mike : Ça fait du bien de le sortir après 2 EPs. Après un accomplissement… Je pense qu’on peut toujours accomplir plus. Nous, on a surtout fait un album qui est aussi un court métrage. C’était aussi une façon pour nous d’affirmer la vidéo plus que jamais en fait, et de dire qu’on est vraiment un groupe de musique vidéo, on est pas juste un groupe de musique cherchant à faire de belles images. On peut toujours faire plus, tu nous donnes de la thune on peut faire plus qu’un court métrage. Donc non c’est pas un aboutissement, c’est un accomplissement. C’est le début.

Etienne : C’est un premier gros truc, même niveau vidéo de faire un court métrage avec des scènes de jeux et des acteurs. Maintenant ça peut être que plus gros que ça. Donc ouais, on attend la thune !

June : C’est pas les banquiers hein !

Pierre : On attend que ça marche, on attend pas qu’elle nous tombe du ciel. On attend que les gens aiment bien l’univers, on espère en tout cas mais oui c’est le début.

17 titres, 3 featurings, une durée de plus d’une heure… Vous ne faites pas les choses à moitié ! Combien de temps vous a pris la production de ce projet ? 

Etienne : Disons deux ans, ouais il faut compter deux ans. Après on s’est pas non plus précipité, on a pris notre temps pour faire l’album c’est ça qui est cool. Du coup, ça nous a permis de sélectionner une palette de sons et de faire le court métrage en parallèle. 

Pierre : Le court métrage on l’a commencé il y a pile 1 an. Alors il a pas mis 1 an à se faire mais on a fait un agenda calculé avec la sortie de l’album. On a dû faire 2 mois de tournage mais qui, par contre, ont été étalés sur 1 an.

“R max” est une de vos productions les plus délirantes, avec le refrain “Je te nique ta mère en Air Max”. Ma question est simple, pourquoi pas en Air Jordan ?

Mike : C’est moins emblématique.

Pierre : En fait, les Air Max font partie de la tenue du gabber, c’est pour ça qu’on avait prit les Air Max nous à la base. Même si maintenant elles sont extrêmement présentes dans toute la France, l’Europe même, nous on l’avait prise par rapport à la tenue des gabbers qui avait des survet’ et systématiquement des Air Max.

CTRFCN est composé de 4 membres. On vous a vus au Point Éphémère il y a quelques mois et seuls 2 d’entre vous étaient présents sur scène. Votre complémentarité représente t-elle votre force ?

Pierre, Mike, Etienne, June : Ouais, carrément.

Pierre : Le Point Éphémère aussi c’est tout petit et même si on voulait être 4, on aurait pas vraiment pu. Après dans le futur on a plein plein d’idées pour développer plus gros le live, mais c’est pareil ça dépend du succès, de la réception du public. Aujourd’hui, c’est optimisé pour deux personnes sur scène, pour foutre le bordel sur « R Max« . Et après derrière, il y a l’écran qui permet de faire voyager les gens dans notre univers, même ceux qui nous découvrent par exemple en festival et qui n’ont pas vu les clips.

Est-ce que vous considérez de faire de la musique sans la vidéo, ou est ce que l’un sert l’autre ?

Pierre : Avec CONTREFAÇON en tout cas on fera jamais ça non. Le groupe c’est ça.  

Vous apportez une très grande attention à vos clips. On y retrouve par exemple des objets et des acteurs récurrents ainsi que des ambiances uniques. Pour vous, avoir une forte identité visuelle c’est aussi important que l’identité musicale ?

Mike : Comme on l’a dit tout à l’heure, on est un groupe de musique et vidéo. On pourrait même dire un groupe de vidéo et musique, les deux c’est 50/50. Si on devait être qualifié de groupe de musique électronique, toute notre originalité viendrait de la vidéo, par le fait qu’on ait un univers visuel, des acteurs et une continuité dans les scénarios. La vidéo apporte du liant à tout notre projet musical. 

Etienne : Il y a une recherche musicale ET esthétique.

En parlant des clips, ces derniers sont repris lors de vos lives. Est-ce que lorsque vous tournez un clip, vous le pensez directement pour la scène ?

Pierre : Ça dépend des fois, quand on tourne un clip et qu’on voit qu’il y a une image qui va servir pour du live, alors on tourne un plan très très long, un plan qui va pouvoir être exploité en live en gros. 

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Un dernier message à faire passer ? 

Etienne : Achetez notre vinyle, il y a des stickers dedans !

Mike : Ouais et quand vous écoutez une track, allez voir le clip c’est important parce les mecs se sont fait chier à faire un visuel sur la musique. 

Pierre : Et dansez-pensez !

Mike : Et nique ta mère en Air Max !

Réalisation : Wag / Préparation : Wag / Retranscription : Wag & Elbiizz

Mydriaze est disponible sur toutes les plateformes ICI

Les places pour leur concert à la Gaité Lyrique sont disponibles ICI

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