Interview – Hushkin (EN + FR)

© Facebook de Hushkin

Jeune prodige de la Techno, Hushkin a pris le temps de répondre à nos questions. Entre ses débuts difficiles, ses releases reconnues par les plus grands et son talent qui ne demande qu’à être exploité, le producteur reste humble, accessible et naturel. Voici l’intégralité de ses propos :

(english below)

Salut Hushkin ! Peux-tu présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Hushkin. J’ai commencé à faire de l’Acid Techno mais avec un aspect mélodique. Avec ce style de musique, je ne pouvais pas aller jusqu’au bout de mes idées. J’ai donc commencé à écouter d’autres genres très mélodiques… Et petit à petit, j’ai produit de la musique très minimaliste. C’était le temps où mon projet s’appelait Lumo. Mais pour revenir à la question… Je ne suis qu’un Belge qui produit de la musique dans sa chambre (rires).

C’est la question de base du site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?

La musique électronique, c’est mon style de musique. C’est la musique qui me nourrit. J’aime en parler avec le monde, je peux en parler pendant des heures… Et surtout au sujet de la production. De nos jours, tout le monde produit de la musique électronique et peut parler pendant des heures, expliquer ses techniques et son processus.

Avant ton projet Hushkin, tu étais connu sous le nom de Lumo qui a connu une très belle ascension. Pourquoi avoir changé si vite de projet ?

A l’époque, j’étais un petit producteur. Et quand je me suis cherché sur Google, j’étais assez difficile à trouver sur le Web. Si vous utilisez Google et que vous cherchez Lumo, vous ne trouverez que des vidéos de gaming. De plus, sur Spotify et Beatport, il y avait déjà un autre Lumo. À ce moment-là, je n’y avais pas pensé lorsque j’ai inventé mon nom. Mais ensuite, j’ai commencé à publier des trucs et c’est devenu un problème. Alors je me suis dit « ouais, mettons juste un point derrière ». C’était donc «Lumo.», mais je me suis dit « ce n’est pas ça… mon nom n’est pas Lumo. C’était Lumo sans un point … » (rires)

Alors je me suis dit : « si je veux changer de nom, il faut que ce soit maintenant et non des années plus tard ». Et j’ai vraiment eu du mal à le faire car ça demande beaucoup de réflexions. Il faut certain de son coup ! “Devrais-je changer de nom ?”. «Est-ce que cela aura également sur mon processus créatif ?». Mais je devais faire ce putain de choix. Et puis j’ai dit « D’accord, je change de nom maintenant » ! J’ai donc changé de nom et j’ai tout recommencé à zéro. J’ai oublié Lumo et je pensais que les gens aussi l’avaient oublié. Mais apparemment non (rires) ! Cependant, je suis content que les gens sachent que j’étais Lumo avant car cela signifie qu’ils me suivent depuis le début.

En peu de temps, tu as su te créer ta véritable patte artistique. Quelle est l’histoire de ton univers musical ?

Je commence toujours de la même façon. D’abord, par l’intro de mon morceau. Quand je compose, je fais en sorte que ça soit un morceau que je pourrais écouter moi-même. Je me mets à la place de l’auditeur. C’est de cette façon que je suis le plus créatif.

En écoutant tes sons, on est rapidement transportés par les émotions qu’ils dégagent. Est-ce important d’inclure des émotions dans la Techno aujourd’hui ?

Pas toujours. C’est pas comme ça que ça fonctionne pour moi. Si quelque chose de mauvais m’arrive, cela ne se ressentira pas dans ma musique. Mes émotions n’influencent pas ma musique, je suppose… Enfin, j’espère.Vous me faites douter maintenant (rires) !

« Hoba« , « Mimas« , sont des sons très riches ! Quel est ton processus créatif pour obtenir une telle variété sonore dans tes morceaux ?

« Hoba » est l’un de mes meilleurs morceaux. Je souhaite en faire un meilleur parce que je veux évoluer dans mon son. Je l’ai fait en très peu de temps, j’ai fait la piste en une journée, puis je me suis occupé du mix, etc. Les bonnes tracks sont toujours faites en une journée. Donc c’était vraiment rapide.
« Mimas » a été conçu pour Inner Symphony. J’ai commencé à leur envoyer des démos avant de décrocher un deal. Ensuite, le responsable m’a contacté sur Facebook. Il voulait m’ajouter non pas à cause de la démo, mais parce qu’il aimait ma musique en général. Il m’a dit que ma musique n’était pas vraiment faite pour Inner Symphony, car le label désire des musiques qui s’écoutent et non des sons pour faire la fête. Mais j’étais déjà content de son feedback. Après cette discussion, je me suis dit “Faisons quelque chose de plus profond”. Et « Mimas » était né ! Je ne voulais pas faire de musique de fête, des trucs comme ça. Ce n’est pas moi, ce n’est pas Hushkin…

Alors que ta carrière sous Hushkin est encore jeune, tu donneras bientôt un masterclass sur Ableton à Bruges, est-ce important pour toi de partager tes connaissances ?

J’étais assez excité par l’événement ! Je venais pour présenter ma vie de producteur. C’étaient des amis qui organisaient l’événement. C’est même un de ces gars qui m’a initié à Ableton. Je suis allé le voir et je lui ai dit : « bon, je veux me lancer aussi dans la musique ». Il a dit « Ok, mais tu n’as pas besoin d’être un Dj ! Créé d’abord ta propre musique ». J’ai raconté cette anecdote durant le workshop car elle représente bien mon histoire. Peut-être que le public va s’en inspirer, je ne sais pas trop (rires).

Il n’y a pas encore de vidéos de tes lives sur le net. Hushkin en live, c’est comment ? Retravailles-tu tes morceaux pour le live ?

Actuellement, je ne fais plus de liveset parce que je n’étais pas satisfait avec ma façon de jouer en live. Pour moi, ce n’était pas assez complet… Quand je jouais de l’Acid Techno, je créais ma musique dans la section Live de Ableton. Mais ensuite, quand j’ai composé sous Hushkin, j’ai changé de style, comme je vous l’ai déjà dit. Et avec ce nouveau projet, je ne veux jouer que mes morceaux, les retravailler pour le live etc. Je veux un show 100% Hushkin ! Pour moi, appuyer sur des boutons, ce n’est pas assez créatif. Je suis occupé à repenser la façon de jouer en live et je n’ai pas encore trouvé le truc qui me manque. Donc, je joue actuellement des dj sets et je laisse le live de côté.

Quels sont tes projets à venir ?

J’ai beaucoup de morceaux dans mon laptop que j’hésite à envoyer à des labels. Je ne suis jamais satisfait et je me pose toujours cette question : « Est-ce suffisant » ? C’est mon plus gros problème, je remets toujours tout en question, ça peut être embêtant… (rires)

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Un dernier message à faire passer ?

J’espère jouer plus souvent en France parce que je pense que la musique mélodique est très écoutée en France. Merci d’avoir écouté ma musique et de me soutenir. J’espère vous voir bientôt !


Hi Hushkin ! could you introduce yourself for those who might not heard about you ?

My name is Hushkin. I started making acid techno but I always tried to make melodic music. With acid techno, I could not to make it. I started listening more melodic music, there are a lot of music that changes my mind, like Max Cooper – Micron. I was totally crazy with that track that I wanted to do stuff like that.  Then I started making more Deep minimalistic music. And then I started Lumo.  I’m just a normal Belgian guy who produces music in his bedroom. I’m a real bedroom producer.

This is the basic question of our website : what’s your definition of electronic music ?

Electronic music is my kind of music. It’s the music that feeds me. I like to talk to people about music and I can talk hours about electronic music, especially about the production part. These days, everybody is producing electronic music and they can talk for hours to people, explaining their techniques and their process…

Before being Hushkin, you were known as Lumo that had a little success, why did you change to your actual project ?

I was like a small producer. And when I googled myself I was pretty hard to find on the web. If you Google Lumo, you only find videos of gaming.  And on Spotify and Beatport, there was already another Lumo. At this time, I didn’t thought about that when I invented my name. But then I started releasing stuff and it became a problem. So I thought “yeah, let’s just put a dot behind it. So it was “Lumo Dot” But I thought “that’s not it…my name is not Lumo Dot. It was Lumo without a dot…

So I thought : If I want to change my name, it needs to be now and not years later. And I really had a hard time about that the fact “Should I change my name?”. “It really had an effect on my creative part too”. But I had to make this fucking choice. And then I said “Okay, I change my name right now” ! So I changed my name and started over again. I’ve forgot about Lumo  and I felt like most people forgot but they didn’t. It just happened and now I’m working on it. But I’m glad that people know that I was Lumo because it means that they are following me since the beginning.

It was easier to be found. Nowadays, everybody is producing music and want to be a deejay and a producer. So if I wanted to be found in the big sea full of fish, I need to be the good fish and need to be the fish who is gonna be found.

You have created your own fingerprint in few time. What’s your creative process?

I always start the same way. At this moment, I always start with the intro of my track. So when I make a track, I can make it like you listen to it. And then it makes me like the listener. That’s how I can be easily creative, I just start it with some basic loop and then I feel it. When I make it like you should listen to it. 

When we listen to your songs, we feel many emotions. Is it important for you to add emotions to today’s techno tracks ?

Not always. It’s not like : “If I have something bad happen to me, is make my music bad in the feelings.” My feeling doesn’t influence my music I guess… So, I don’t know (rires).

Hoba and Mimas are very good tracks ! What was you creative process for such a good musical diversity in your tracks ?

Hoba is one of my best tracks, I think. I wish to make a better one because I want to be evolving in my sound. I made it in a really short time, I made the track in one day and then came the mix down stuff and rethinking about it and listening it in the car. I always have the car reference. The good tracks are always made in one day. So it was really quick. 

Mimas was made for Inner Symphony. I started to send some demos to them before I sent it to do a deal. And then the A/R Manager contacted me on Facebook. He wanted to add me not because of the demo, but because he liked my music. He told me that my music was not really for Inner Symphony because they want more listening music, not party music. But I was happy about that. So then, I wanted to make some music for Inner Symphony, I thought about “Let’s make something deeper” !  And Mimas was born! I didn’t want to make partying music, stuff like that. It’s not me…

You gave a masterclass for Ableton in Brugge. Is it important for you to share your knowledge ?

 I was pretty excited for the event !  Actually I needed to talk about what was going on but there are friends of me who were organizing the event. One of the guys introduced me to Ableton. I went to him and I said hey I want to deejay too. He said No you don’t need to be a deejay, make your own music.  If you say so, I do so because It was a good friend of me .And I did it and he introduced me to Ableton when I still wanted to make acid. And now he and his friends are doing the project (workshops) and he invited me.

There are no livesets of Hushkin on youtube. How is Hushkin in live ? Do you rework your tracks for the liveset ?

Currently I’m not doing any livesets anymore because I wasn’t feeling okay with the way I play live because I thought it wasn’t really live enough. When I played Acid techno, I made my music in the live section view from Ableton. But then, when I made Hushkin music I changed my way like I told you before in the arrangement view. And that made it hard for me to put it from the track in the live section because I wanted to play my own tracks live. But it wasn’t live enough for me. It was too many pressing buttons but not creative enough. So now, I’m rethinking how to play live and make it more live. And I didn’t find it till now. So I’m currently playing Dj sets. so I can rethink my liveset and focus on producing music.

So what are your next projects.

I have a lot of music that I don’t have any plans with because I had some time that I was doubting about every track I made. “Is this good enough? Is this as good as is the thing I made is this or is this better or is this?” That’s my biggest problem, I’m thinking about everything….(rires)

Thanks for answering our questions ! Do you have one last word to share ?

I hope to play sometimes in France because I think that melodic music is very big in France. Thanks to listening to my music and supporting me. I hope to see you soon !

Réalisation : Remicrd, Pierre / Préparation : Remicrd & Valso / Retranscription : Remicrd & Pierre / Traduction : Remicrd / Montage : Remicrd

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