Interview Tha Trickaz


tha trickaz

Le 19 mars, les Tha Trickaz jouaient au Bikini pour notre plus grand bonheur ! A l’occasion, nous avons rencontré le duo dans leur loge, afin de réaliser une interview pour vous. Nous en profitons donc pour remercier Romain de Regarts Asso, qui a fait en sorte d’organiser cette rencontre. Lors de ces quelques minutes passées, le groupe nous a, entre autres, parlé de leur complicité, de leur vision de l’EDM ainsi que de leurs influences.

Bonjour Tha Trickaz ! Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Salut moi je suis Phô, et moi Dj iRaize et nous formons Tha Trickaz. On est originaire du 18e arrondissement de Paris. Cela fait un petit moment qu’on fait de la musique ensemble et que l’on vit ensemble. On a créé ce projet il y a une dizaine d’années environ et on en est là aujourd’hui.  Notre musique est à mi-chemin entre  grosse basse qui fait trembler les murs et de la musique de cinéma.

C’est la question de base du site… Quelle est votre définition de la musique électronique ?

On pense que c’est difficile d’établir ce qui est électronique. En fait même nous dans notre processus de musique électronique, on enregistre plein de choses, on utilise de vrais instruments. A un moment donné, on n’a pas trop de limite, on ne va pas se dire « A tiens ! On va faire que de la musique électronique ou utiliser que des instruments ». On utilise un peu de tout et cela reste de la musique électronique. Après tout est centralisé sur ordinateur c’est pour cela qu’on appelle cela comme ça. Aujourd’hui les groupes de rock s’enregistrent de la même manière que les producteurs produisent leur album. C’est une utilisation différente. Il y a des  gens qui font du très bon hip-hop acoustique ou de la musique électronique en live avec de vrais instruments. On pense qu’il n’y a vraiment plus de frontière.

Je pense que vous êtes le parfait exemple pour montrer que la musique électronique est un art parmi tant d’autres. Vos masques, votre matériel sur scène (différents instruments, pads…) Mais quand avez-vous décidé de créer Tha Trickaz ?

On l’a fait il y a dix ans, le projet on lui a donné un nom parce qu’on voulait faire des instrus pour des gens qui rappaient et puis à force de ne pas trouver de rappeur, on a décidé d’étoffer notre musique. On a mis autre chose, des synthés, des basses. En étoffant, on a expérimenté. Nous dans notre tête on commence toujours une nouvelle chanson comme un beat, on a toujours ce côté hip-hop qui est resté et qui est notre base en fait. On a appris avec le beatmaking. Cela a évolué vers d’autres musiques parce qu’on est curieux, entre le fait de sampler en fait ce soit à la base de la soul comme le hip hop de notre jeunesse ou bien des choses plus anciennes, ou aller vers des synthétiseurs ou des NPC. C’est des choses qui s’apprennent catégorie par catégorie. On a évolué en découvrant de nouveaux styles de musiques. En fait, Tha Trickaz cela a été toujours ça. On essaye de ne pas se limiter à un seul style, on aime bien évoluer avec les musiques qu’on écoute et qu’on découvre et on espère que dans 10 ans on ne fera pas la même musique, mais toujours en gardant  notre patte.

Vous vous connaissez depuis le collège… Vous vous qualifierez plutôt comme « meilleurs amis » ou « petit couple se chamaillant comme chien et chat » ?

Un peu des deux. De toutes façons, on est en tournée ensemble, maintenant on travaille ensemble. On se supporte depuis 20 ans en tournée, la journée quand on fait de la musique… Il y a un peu de tout. C’est un peu la même pour tous ceux qui passent du temps avec l’un de ses potes, qui travaillent avec. Quand tu te retrouves dans des situations bêtes… T’es pas avec un pote traditionnel.

Vous avez chacun d’entre vous un projet musical parallèle. Pho est membre de Dirtyphonics, et Dj iRaize de Tha New Team. Ce n’est pas trop compliqué niveau travail pour combiner vos deux groupes ? Cela doit prendre du temps, autant niveau production que performance live !

On ne voit pas les choses comme cela. On voit ça comme une ouverture pour pouvoir souffler côté créatif parce que mine de rien, ces deux groupes, c’est pas toi qui décide de tout. Quand tu regardes les grands jazzmen, ils jouaient souvent avec beaucoup de personnes différentes, ils se sont tous croisés. C’est une bonne vision de la musique qui nous permet de découvrir autre chose qui peut justement  nous inspirer à faire autre chose pour ton projet et inversement.

Il y a presque un an, vous avez publié une vidéo sur votre compte YouTube, appelée « Pushing More Buttons ». Vous nous donnez l’impression de jouer à votre place ! Quel sentiment vouliez-vous procurer à votre public en partageant cette vidéo ?

La découverte. Montrer ce qu’on fait sur scène, comment on peut créer notre musique, comment on peut s’amuser en studio. A la base, cela venait d’une envie de montrer que quand on joue une de nos chansons, dont la majorité ne sont pas des hits internationaux, les gens ne se rendent pas compte de ce qu’on joue et de ce qu’on joue pas.  Quand on joue les classiques en faisant cette routine qui mélange 64 cent coups, que ce soit le hip hop de notre enfance, le break beat de Fatboy Slim, la dubstep de Noisia. Tout cela nous a bercé et on sait que les gens connaissent aussi ces samples, du coup il y avait ce côté ludique dans ce qu’on fait parce qu’on se sert de nos machines manuellement comme un piano en fait. Sauf qu’à la place des touches,  on met les sons de notre musique et on joue à travers cela. C’est comme un instrument percussif, et c’est vrai qu’on se rend pas obligatoirement compte quand ce sont nos morceaux, mais avec cette routine c’est vrai que c’est ouvert aux gens.

Que ce soit Tha Trickaz, Tha New Team ou Dirtyphonics, on a pu assister à 2 lives de chaque groupe ! La première fois, c’était lors du Festival Garorock 2012. Pour chacun de ces shows, deux mots nous viennent à l’esprit : énergie et complexité. Vous ne faites pas les choses à moitié, et le public ne peut que le ressentir. Que pensez-vous de ces DJs qui mixent les bras levés devant des milliers de personnes ?

Cela fait partie de la culture. On n’est pas contre en fait. On évolue dans la musique électronique tout en respectant les codes et honnêtement il y en a qui ont les bras levés mais s’ils ont réussi leur mix tant mieux. On sait apprécier un dj qui mixe de manière conventionnelle, qui fait une bonne sélecta, qui enchaîne, qui double ses drops s’il le faut. De toutes manières, il y a de très bon Djs dans tous les styles. Il y a une sorte de popularisation de l’électro qui fait que les gens ont l’impression que les Djs sont des gens avec les bras en l’air alors que dans tous les styles, il y a des pionners. Il y a des gens qui ont pérennisé les styles que ce soit en house, en dubstep, drum’n bass. Il y a des tueurs. Et au lieu de regarder ces gens-là, on regarde ceux qui ont les bras levés. On trouve cela un petit peu dommage.

Votre musique est basée sur un mélange de dubstep et de hip-hop. Ecoutez-vous d’autres styles musicaux à côté ?

Heureusement ! Un peu de musiques électroniques différentes, beaucoup de musiques de film, de la musique de jeu vidéo pour l’inspiration, les samples. Comme on est issu du beatmaking, on sample beaucoup et quand tu samples beaucoup, tu recherches beaucoup de choses et tu écoutes beaucoup beaucoup de choses divers et variées, tu écoutes des discours, des chants, des chants grégoriens. Notre culture, c’est de trouver des samples qui tuent et du coup des fois on a des morceaux jamais samplés qu’on connaît par coeur et qu’on se repasse et ça devient le bon moment, les bonnes harmonies que ce soit du classique, de la musique de films, des vieux trucs japonnais des années 50, de séries. On est amateur, on aime aller chercher les trucs, c’est un peu une chasse au trésor.

Quelle est la place de la musique électronique en Asie, plus particulièrement au Vietnam ?

C’est en développement. Nous on y va depuis 2010 et cela monte en flèche. C’est grâce à internet. Cela fait plaisir. A Singapour et Bangkok, c’est déjà en place depuis plusieurs années et au Vietnam c’est en train d’arriver, et heureusement en train de grossir.

Quel est votre meilleur souvenir sur scène ? Et avez-vous une anecdote insolite à nous partager ?

Un jour iRaize a voulu sauter dans le public et il a pas vu la poutre. Du coup, il s’est pris la poutre et il a finis aux urgences avec un nez bien amoché et de belles tâches de sang sur la scène.

Merci d’avoir répondu à nos questions ! Un dernier message à faire passer ?

On joue dans cinq minutes et on va tout défoncer !

Interview réalisée par Valso, et retranscrite par So’.

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