© Lane 8

Le jeudi 29 octobre dernier, Valliue était invité à l’Ancienne Belgique pour assister à la prestation de Lane 8. Retour sur un moment suspendu en compagnie de l’artiste américain.

Une date évènement pour l’un des leaders de la scène Deep House et Melodic House mondiale

Commençons par présenter Lane 8. De son vrai nom Daniel Goldstein, Lane 8 est un DJ et producteur né en Californie et résidant actuellement à Denver. Révélé en 2013 grâce à une sortie indépendante intitulée « Every Night », il publie ensuite plusieurs projets sur le label d’Above & Beyond, Anjunadeep.

En 2015, il sort son premier album, « Rise », toujours sur Anjunadeep. Déjà bien installé et bénéficiant d’une renommée internationale, il lance l’année suivante son propre label, This Never Happened.

En plus d’une décennie de carrière, Lane 8 aura sorti 7 albums. Via ses très nombreuses collaborations et son label, il aura mis en lumière et boosté la carrière d’artistes tels que Sultan + Shepard, Le Youth, EMBRZ, MYRNE,

Pierre angulaire de la scène Deep House, il a également offert à la Melodic House ses plus belles lettres de noblesse. Conférant à sa musique une très forte touche émotionnelle et sensible, teintée d’Indie Pop et de Progressive House, Lane 8 possède un statut prestigieux : celui d’un artiste à part dans la musique électronique.

Son passage à l’Ancienne Belgique, pour les 10 ans de This Never Happened et dans la foulée de son deuxième album collaboratif « Cross Pollination II », était un évènement à ne pas manquer.

Lane 8 à l’Ancienne Belgique : notre récit de la soirée

Lors de notre arrivée devant l’Ancienne Belgique, nous nous rendons d’ailleurs compte de l’ampleur de ce concert. Preuve de l’engouement qu’il reçoit, nous nous trouvons face à une file assez impressionnante. Après un temps d’attente qui fut finalement assez court, nous nous précipitons vers la grande salle de l’AB pour profiter des ultimes sons du set de Quentin Quivera. Etabli à Bruxelles, l’artiste a collaboré avec Lane 8 sur le morceau « Candy », sorti sur son dernier album. Le Belge et l’Américain font un d’ailleurs un rapide B2B afin d’assurer la transition.

Nous regardons autour de nous et observons, en nous imprégnant de l’ambiance. Uniquement la fosse a été ouverte, tandis que les gradins et le balcon ont été cachés par des draps. La régie, quant à elle, rangée au fond de la salle. Le cadre est intimiste, mais avec un esprit cependant assez club, presque boîte de nuit. Nous remarquons également que personne ne sort son téléphone pour filmer. Ce sera le cas pendant toute la durée du concert. En effet, c’est dans le concept même des soirées This Never Happened de poser des petits autocollants sur les appareils photo à l’entrée. Pour que tout le monde puisse vivre le moment à fond, sans en manquer une miette.

Alors que la disposition lumineuse se dévoile, Lane 8 choisit de passer son remix du classique de RÜFÜS DU SOL, « Innerbloom ». Ce qui ne manque pas de déclencher quelques réactions enthousiastes dans la foule. Le début de set est très progressif, fait de House feutrée et légèrement euphorique. On remarque de très chouettes jeux de lumières qui se déploient sur les draps qui entourent le parterre. On s’émeut à l’écoute du très doux « Brightest Lights » avec le groupe de Synth-Pop POLIÇA, puis on partage la liesse du public sur le remix de « The Rope » par Le Youth.

Lane 8 passe quelques sons aux inspirations Trance (notamment le remix de Jerome Isma-Ae de « You »), avant de monter en intensité et en émotions. Basant ses sets sur son impressionnante discographie, il se permet également de jouer de nombreux morceaux sortis sur son label (Teho – « Pursuit », Robby East – « Marula« ,…).

Lane 8 à l’Electric Daisy Carnival 2021 (© Insomniac)

En tant que fans de Trance et de musique intensément mélodiques, il faut admettre que nous restions un peu sur notre faim…avant que Lane 8 nous offre un moment de survol complet pour la fin de son set. D’abord sur sa majestueuse collaboration avec Massane, « And We Knew It Was Your Time », puis « Leave A Light On » avec Le Youth, et enfin l’excellent « Little Voices ». Devant une foule en transe, Lane 8 clôt sa prestation par l’un de ses titres phares : « World Is Mine », avec Kasbo.

Après cette apothéose émotionnelle, nous ne pouvons que reconnaître la maîtrise quasi parfaite de l’artiste en ce qu’il s’agit de construire une narration par le biais de la musique et de nous amener à en profiter pleinement. Au bout de 2 heures d’un DJ set soigné, Lane 8 nous aura donc plutôt convaincus et nous aura laissé une très bonne impression. Au niveau de la scénographie, même si on peut regretter l’absence d’un écran LED ou de visuels pour accompagner la prestation, il faut insister sur la qualité de la production lumineuse, dans une disposition assez inédite dans le cas de la grande salle de l’AB.

Il est déjà temps de clore ce compte-rendu, en remerciant Lane 8 et son équipe pour cet agréable moment. Une fois encore, un grand merci à l’Ancienne Belgique pour l’invitation. N’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil à leur très éclectique programmation !

By Antoine