
Le 21 octobre dernier, Valliue était invité par bitbird, le label de San Holo, dans le cadre de son évènement à l’Amsterdam Dance Event au Melkweg. Retour sur une soirée qui restera dans les annales !
On ne présente plus bitbird. Piloté par l’artiste néerlandais San Holo, le label s’est imposé comme une référence dans la sphère de la musique électronique mélodique et indépendante. Après avoir célébré ses 10 ans lors de l’édition 2024, le label était de retour au Melkweg avec une superbe line-up. Nous y étions et avons passé une magnifique soirée. Voici, sans plus attendre, notre compte-rendu.
Khamsin et Sensu, pour commencer en douceur
Après un petit passage bien obligé et somme toute fort agréable dans les rues très animées de la capitale néerlandaise, nous arrivons impatients devant les portes du Melkweg. L’endroit grouille de monde. Alors que l’évènement n’a pas encore débuté, une grande file s’est formée devant la salle de concert. Nous y rencontrons quelques Français qui ont fait le déplacement pour soutenir Khamsin, chargé de chauffer l’Oude Zaal.
Après avoir été très bien accueillis et avoir placé nos affaires dans les casiers, nous écoutons les premiers sons de la soirée. Connus pour ses remixes devenus viraux sur SoundCloud, Khamsin mélange UK Garage, House, et se permet même de passer quelques tracks Drum & Bass. Une chouette entrée en matière, malgré quelques transitions un peu hésitantes et une salle encore relativement vide.
Cette dernière se remplit cependant presque totalement lors du set de Sensu, qui débute par une partie House assez posée et mélodique. Elle transitionne ensuite vers de l’UK Garage et sa track « Put It Down », très bien reçue par le public. Au fil d’une sélection bien pensée, le set se clôture par des rythmes Bounce et Bassline, avec notamment l’excellent « Big Mad Banger » de Zero.
DROELOE, l’incontournable
Place à la première tête d’affiche de la soirée, et ce n’est autre que DROELOE qui prend place derrière les platines. Sans attendre, il commence par un classique : l’intemporel « Big Catzz » de Rustie. Histoire de se mettre les fans de Trap à l’ancienne directement dans sa poche.
Quelques sons plus tard, voilà qu’il passe déjà son morceau le plus connu, « Sunburn ». La foule entre en liesse et est propulsée dans un set d’une musicalité rare. Au fil d’un excellent mélange de vieux classiques et de morceaux plus récents, DROELOE construit progressivement un voyage sensitif et émotionnel. A l’image de l’une de ses chansons iconiques, « Bon Voyage ».

On se prend à chanter avec une bonne grosse dose de nostalgie les paroles de son remix de « Crashing » d’ILLENIUM ou à découvrir une version revisitée de « Sunburn ». Dans une logique de progression très bien amenée, DROELOE amorce une fin de set percutante et dynamique. D’abord avec le très intense remix par Hex Cougar du titre « Chemicals » de KRANE, puis un passage Drum & Bass où il invite Tantron sur scène.
Diversité, musicalité, qualité. Révélé au grand public par bitbird il y a déjà 10 ans, DROELOE a assumé avec brio son statut de figure majeure du label. Le tout accompagné de très beaux visuels. Chapeau.
San Holo, la masterclass
Après cette belle claque, on s’attend d’autant plus à en prendre une encore plus grande lors du passage de San Holo, patron du label et icône mondiale de la Future Bass. Spoiler alert : ce fut le cas, et c’est peut-être l’un des meilleurs sets auxquels on a eu la chance d’assister cette année.
Passé maître dans l’art de tant surprendre son public que de l’émouvoir, San Holo nous aura gratifié d’un moment exceptionnel, brassant large dans un répertoire bien fourni et ne laissant aucun répit à une foule totalement acquise à sa cause.
Très honnêtement compliqué de résumer une heure de tel survol, outre le mélange parfait entre les grands classiques de l’artiste (« We Rise », « bb u ok? », « Lift Me From The Ground »…) et ses morceaux plus récents issus de son dernier album « TRUE LOVE IN A MADE UP WORLD ». Preuve que s’il évolue et a changé sensiblement de style, San Holo garde la même identité et s’en sert pour créer des sets diablement variés et flirtant avec la perfection.

Créateur d’un genre fait de Future Bass, Trap, Dubstep Mélodique et Future Riddim (qu’il appelle lui-même « Wholesome Riddim »), l’artiste aura déchaîné le public à coups de plusieurs mashups incroyables, notamment entre « Sad Machine » de Porter Robinson et « Mr Brightside » de The Killers ou « Crank That » de Soulja Boy et…« Poetic Pit » de HOL! (oui, oui, on est bien loin de l’époque de « album 1″, mais qu’est ce que c’est efficace !). Ou encore d’un remix totalement fou de Zombie Nation – « Kerkraft 400 » qui déclenchera un bien beau pogo !
Ayant pris l’habitude de jouer de la guitare même lors de ses DJ sets et de chanter avec de l’autotune, San Holo représente si bien cette authenticité créative qui manque cruellement à l’heure actuelle, ce qui lui permet d’ailleurs de créer une connexion unique avec ses fans. La preuve avec ce closing magique sur son tube planétaire « Light ». Inoubliable.
What So Not, la belle surprise du chef
Après une petite pause bien méritée, nous poursuivons la soirée avec le set de What So Not, grand habitué de l’Amsterdam Dance Event. Révélé pour ses tubes Trap dans les années 2010 (d’abord en duo avec FLUME), le projet de l’Australien Emoh Instead a beaucoup évolué et continue à être l’un des plus consistants au sein de la scène Bass Music globale.
Dans la continuité son dernier EP « I SAW A TRAP DJ AND IT CHANGED MY BIO CHEMISTRY », What So Not livre un set ultra-complet. On retiendra plus particulièrement ce passage totalement fou où il joue l’incroyable « Soma » de Skrillex et Nitepunk, puis « Killswitch » de Trolley Snatcha et Annix.
Transitionnant ensuite vers la Drum and Bass (et notamment sa collaboration avec Buunshin, « Threads »), le Baile Funk puis un remix Metal de son morceau « Tell Me » avec RL Grime avant de clore sur plusieurs classiques, What So Not nous aura agréablement surpris. On savait que ça allait être bien, mais là, c’était énorme !

Avant le set de clôture, bitbird nous avait réservé une petite surprise, avec un petit B2B exclusif entre les DJ’s de la soirée et d’autres artistes du collectif. L’occasion pour nous de voir le Belge Maze (et son remix totalement dingue de « Lift Me From The Ground »), Fresh Stuff ou encore Sam Day à l’oeuvre. Et aussi d’assister à San Holo qui se met à jouer les sons Heavy Dubstep bien énervés de Samplifire !
ALIGN, la révélation
Après ce moment bien sympathique, place donc au dernier artiste de la soirée, ALIGN. Encore relativement peu connu, l’artiste américain connait une belle ascension, avec un EP sorti récemment sur bitbird et des dates en tant que première partie de San Holo, Levity et INZO.
Pour sa première apparition en Europe, ALIGN livre un set de pur Dubstep 140 moderne très dynamique avec quelques excellents changements de rythme et de style (passant par moments au Dubstep « wook style » très en vogue aux USA). Mention spéciale à sa tracklist, avec du SVDKO, du Hamdi ou encore la collaboration explosive entre NGHTMRE et Viperactive, « Cyanide ».
En fin de set, ALIGN joue plusieurs morceaux qui laissent supposer qu’il a peut-être une très belle carrière devant lui : un remix de Slayyyter ainsi qu’une collaboration avec Big Gigantic. Nous, en tout cas, on a été convaincus !
Notre verdict : bitbird et San Holo, toujours au top !
Le moment est venu de donner notre verdict, qui sera sans surprise extrêmement positif. Difficile en effet de trouver des points négatifs.
Si nous avons déjà parlé en long et en large des sets de la soirée, nous complétons en précisant que le son de la « Oude Zaal » du Melkweg était d’excellente facture. Comme d’habitude. Cette salle, avec ses 700 places et son balcon, dégage décidément un esprit assez intimiste et pourtant très festif. Les visuels étaient quant à eux de qualité et conséquents, avec un grand écran LED et quelques lasers.
Rien à dire concernant l’organisation de la soirée. Tout était fluide, que ce soit à l’entrée, au bar, au fumoir, aux WC ou aux vestiaires. Le public était, comme attendu, extrêmement passionné, enthousiaste et bienveillant.
Bref, le genre de soirée qui confirme que l’Amsterdam Dance Event reste le festival à absolument faire pour les fans de musique électronique. Dont le Melkweg est indéniablement l’un des temples. Concernant bitbird, il ne fait aucun doute que ce label reste une référence et qu’avec des évènements de cette qualité, il a encore de très belles années devant lui. Surtout s’il peut compter sur un artiste de la trempe de San Holo dans ses rangs.
Un très grand merci à bitbird et à San Holo pour l’invitation. N’hésitez pas à les suivre sur les réseaux pour rester au courant de leurs dernières actualités. A très bientôt pour de nouvelles aventures !
