
Le dernier week-end de juillet s’est déroulé la 5ème édition de la nouvelle grande messe Hard Music et Hard Techno, à savoir l’Eskape Festival ! Retour sur cette édition aux allures d’Alice aux Pays des Merveilles, qui signe encore une fois une évolution impressionnante du festival de Hardcore France !
Une évolution des scénographies absolument bluffante !
Premier constat à notre arrivée en ce vendredi après-midi : les scénographies sont à couper le souffle et notamment la scène No Time (Techno/Hard Techno). Sous ses allures de grand château à la Disney, celle-ci se hisse sans conteste dans le haut du panier, que se soit pour son esthétique, son mapping ou son Sound system. La scène Madland (Hard Music) sous la forme d’un palais de la Reine de cœur est certes moins impressionnante mais dispose tout de même d’un bon rendu notamment de nuit. Quant à la 3ème scène, à savoir le Terrier, celle-ci se veut plus minimaliste, mais n’en reste pas moins efficace dans sa direction artistique

Une programmation folle pour ce premier jour !
Nous attaquons notre reportage avec le set de Tromatyk du Label 7 sur la scène No Time. Celui-ci démarre très fort, combinant Hard Techno, Acid et Hard Music, avec des bangers comme « F The Police » de Malaa’s Alter Ego et Samuel Moriero, « Lotus Noir » de Ascendant Vierge, « 303 101 » de Marie Vaunt mais aussi ses propres titres comme « Welcome ». Un set varié aux diverses sonorités qui nous annonce un séjour grandiose.

Nous passons ensuite sur des sonorités plus violentes. D’abord Darktek sur la scène Madland. Il commence son set par un hommage à Mat Weasel Busters, décédé la veille de l’ouverture du festival. Beau moment surtout qu’on se rappelle encore de sa venue à l’Eskape il y a quelques années, mais sa musique résonnera toujours ! Pour continuer son set, il choisit de partir sur des notes plus violentes autour de sonorités Rawstyle et plus crues que ses prestations habituelles. Il confiera ensuite sur ses réseaux que ça annonce sûrement un changement de direction pour lui… à suivre, on aime quand les artistes se renouvellent !

Juste avant la fin du set, nous prenons le temps d’aller voir la scène Terrier pour voir écouter dernières notes du scène de Unicorn on Ketamine. En très peu de temps, on se prend piep kicks sur piep kicks, entre des remix de ses collabs avec GPF et des edits de Dimitri K, c’est vraiment pas pour les fragiles ! Ce tour sur le Terrier aura été très intense vu la violence de son successeur, tourné autour du Zaag et des bruits de micro-ondes (oui oui) : on parle bien sûr de Equal 2 ! Après des collabs avec The Straikers, Noiseflow, Invaderz ou encore Lil Texas, il fallait effectivement s’attendre à une boucherie. Pour vous donner un petit exemple, écoutez notamment « Turn On The Microwave » qui a littéralement soulevé la foule lorsqu’il l’a joué autour de 17h30, sympa pour l’apéro !
Avant de retourner vers les scènes principales, nous nous délectons du set incroyable de N-XD. Sa performance est un pur plaisir à écouter, tant par rapport à l’enchaînement des tracks que par ses kicks magnifiquement bien construits. Et tout ça c’est sans compter la ferveur du public : il est en pleine symbiose avec toute la foule, on sent que tout le monde kiffe et ça fait vraiment très plaisir à voir. Cet homme est à suivre, on vous le dit ! Il maitrise parfaitement les enchaînements ente bouncy, zaag et et slowtempo sans jamais qu’on se lasse de quoi que ce soit. Il termine d’ailleurs par un edit de Blauwburgwal de Vald en slowtempo qu’on avait jamais entendu auparavant et même si ce n’est pas forcément ce qu’on préfère, c’était très bien amené, bravo à lui, magnifique set !

Il est l’heure pour nous d’assister au Live Set du monstrueux Teksa ! Combinant influences Tekno et Hard Techno, le producteur se veut brutal dès le début, face à un public de plus en plus nombreux. Nous avons bien évidemment la majorité de ses titres mais aussi ceux en collaboration avec son acolyte le plus fidèle Vortek’s, notamment « Soldiers », « Never Give a F**ck » ainsi que « Bring It Back ». Véritable déferlante sur la scène No Time, l’artiste français aura su mettre tout le monde d’accord du début à la fin.

Place à la Hard Techno dans toute sa splendeur ! Le phénoménal BYORN est prêt à prendre le relais pour une heure bien épileptique entre Hard Techno, Indus, et même Hard Bounce. Avec un DJ booth et une fosse de plus en plus remplie, pas de doute que le DJ influenceur sait mettre l’ambiance, avec des titres aussi bien puissants qu’euphoriques comme « DLMD » de Darren Styles & TNT ou « Inside World » de Jason Little. Le DJ sait également s’adapter à son public grâce a beaucoup de morceaux populaires remixés à la sauce Hard Techno comme Habits (Stay High) de URI et « Bangarang » de Skrillex.

Le Terrier nous rappelle à présent puisque c’est au tour de Lekkerfaces, le virtuose de l’uptempo, de faire vibrer les enceintes. Il enchaîne énormément de ses classiques comme « Machinery » avec Dual Dammage, « BKJN » ou encore son remix de « FATICO » qui fait cabler tout le monde sur les scène Hollandaise depuis le début de la saison des festivals, un pur plaisir ! Son set est aussi evidemment tourné vers son projet « Hyper » qu’il complète toujours de mois en mois. Mention spéciale pour « Hyperworld » et surtout « CodeBreaker« , pur banger du moment à écouter sans modération. Un des meilleurs sets du festival selon nous, en tout cas pour les fans d’uptempo bien sûr et surtout du style si particulier de Lekkerfaces !

La nuit tombe sur le site de l’Eskape Festival, et il est l’heure de retourner sur la scène Madland pour assister au set d’un des plus imposants producteurs Rawstyle : Radical Redemption ! 2ème édition à son actif, le Hollandais séduit d’office grâce à sa direction artistique singulière et fidèle. En compagnie de Tha Watcher, celui-ci n’hésite pas à prendre le micro tout en envoyant ses titres comme « Movin On », « Renegate Master » mais surtout différentes déclinaisons de son banger phare « Brutal », dont la version 5.0 qui transcende le public de la Hard Stage. Un producteur qui malgré les évolutions de la Hard Music, ne trahit aucunement sa patte artistique pour notre plus grand plaisir !

Terminons ce premier jour avec le closing de la scène No Time du plus que célèbre I Hate Models, inaugurant son set de 1h30 avec « Who Let The Dogs Out » de H! Dude. Et la couleur n’est qu’à peine annoncée : en plus d’un mapping montrant le plein potentiel de la scène, le DJ de renom devient inarrêtable enchainant vitesse grand V ses multiples influences Hard Techno, Trance, Dubstep, Indus et Hardcore, face à une scène pleine à craquer. Allant de « Satisfaction » signé BEAUZ jusqu’au cultissime remix de « Whoops » par Dimitri Vegas et Junkie Kid, l’énigmatique personnage survolté de la Hard Techno pousse tous les curseurs au maximum pour satisfaire son public, au point de prendre le micro pour ne laisser aucun temps mort. Fin du set pour notre frenchie avec en guise de clôture son récent « Forever Melancholia », et qui nous aura montré que celui-ci évolue toujours vers le plus impressionnant, qu’on aime ou pas la Hard Techno et la direction prise par cette dernière.

Une 2ème journée qui monte le ton encore d’un cran !
2ème et dernier jour pour notre équipe, et en ce milieu d’après-midi, retour sur la scène No Time pour assister au set d’une des plus talentueuses artistes de la scène Techno : Roüge. Une productrice bien connue du milieu tant son univers futuriste tranchant entre Techno Berlinoise, EBM, Acid, Indus et Schranz sait combler les amateurs de Techno plus Underground. Mais cette fois-ci, c’est sans conteste l’Acid Techno qui ressort le plus pendant cet heure de mix absolument folle, et ce avec des titres comme « Dirty Dirty Acid » de RENY, « Acid Blood » de FLKN et 999999999 mais aussi de vrais classiques de la musique comme « Voodoo People » de The Prodigy. Puissant, varié et entraînant, voila ce qui qualifie ce set passé à la vitesse de la lumière et qui montre que la Techno plus conventionnelle a parfaitement sa place dans un évènement de cette ampleur.

Direction la scène Le Terrier pour changer à 100% d’atmosphère. L’influenceur et inventeur de style atypique qu’est la Techno Gauloise, à savoir Bardix le Gaulois entre en scène. Un show démesuré débutant avec « Bienvenue en Gaule », mais qui nous montre également l’attitude effarante du personnage, enchainant pas de danse loufoques, et utilisations d’instruments de l’époque comme un tambourin. L’influenceur au-delà de jouer exclusivement ses titres, se permet même d’inviter Roland Cristal sur scène pour interpréter leur dernière collaboration « La Dégustation de feuilles ». Côté public, entre des participants habillés en gaulois ou même des chenilles humaines dans la fosse, pas de doute, l’ambiance générale dépasse le stade de la folie. Une prestation pour le moins unique se terminant par le remix de « Dañs Gwadek 1 » des Ramoneurs de Menhirs.

On reste dans le déjanté avec un duo tout droit venu de Caen : Le Son Vert. Adeptes d’une Techno surpuissante et humoristique, les 2 membres débutent les hostilités avec leur titre « ALLEZ LAAA ». Intervenant à plusieurs reprises au micro que ce soit pour nous captiver ou pour interpréter leurs propres titres comme « Gros Kick Gros Kiff » ou « Lunettes de Vitesse », ce duo sait y faire au travers de sons absolument assassins, des kicks Tekno jusqu’aux Zaag Kicks. Les 2 membres complètement fous n’hésitent pas à également à tacler la scène électronique mainstream comme le récent mashup de Novah devenu viral ou encore le « Left & Right » de la Hard Music au travers d’un titre exclusif. Communicatif avec son public, prestation démesurée et hilarante, Le Son Vert a su nous tenir en haleine sans une seule seconde de lassitude.

Reprenons encore plus de démesuré, avec l’un des artistes les plus décalés de ces dernières années, Roland Cristal, qui nous transporte directement dans son univers avec « Ma Petite Pierre Préférée » et le très célèbre « Vendetta ». Entre tours de magie loufoques propres au personnage, chorégraphies effectuées par le public, ou encore envoi d’avions en papier dans la fosse, pas de doute, c’est un festival complètement délirant qui se tient sous nos yeux. En plus de titres exclusifs, Roland Cristal met tout le monde d’accord avec son cultissime « Les Petits Cailloux » mais aussi « Cornepoil » en collaboration avec Perceval, pour terminer sur « La Panthera ». Jusqu’au bout, ce personnage déjanté a su donner le meilleur de lui-même cette prestation qui a réussi à nous donner le sourire.

Après avoir terminé nos petites danses malicieuses avec Roland Cristal, on retourne serrer les dents sur la scène Madland puisque ce n’est autre que la légende Angerfist qui va faire résonner ses classiques. 3e édition de l’Eskape pour lui, toujours autant de plaisir à le voir jouer : Entre « Incoming« , « Pennywise », « Solid Stigma« et on en passe, ces bangers absolus ne cesseront jamais de nous donner des frissons. C’était un très bon set, très bien rythmé avec une montée en puissance super intense sur toute la durée de la performance. Mention spéciale pour « Gathering Of Gods » et pour toute la foule qui crie « DEEEFFFQQQONNNNN OONNEE », c’est toujours génial à entendre (même si ça laisse un petit arrière goût désagréable cette année compte tenu de son annulation..).

On passe à une ambiance beaucoup plus sombre pour le coucher du soleil. Retour sur la scène No Time avec le réputé Mad Dog. Dire que le changement est costaud serait un doux euphémisme : l’italien retourne littéralement l’Eskape Festival au travers d’une performance destructrice combinant Indus et Hardcore. Des titres comme « S6TP » de Klofama et SLVL ou sa collaboration avec Vieze Asbak « Swipe The Funk » démontrent toute l’entendue de la scène Techno que ce soit niveau sonore ou visuel, impossible de rester stoïque face à ce déferlement. Après avoir su parler au public Hard Techno avec « Euphoric Night » de Onlynumbers, le DJ italien revient à ses sources vers la fin de son heure de mix, et donc au travers des titres bien plus orientés Hardcore.

Encore plus énervé que Mad Dog ? Il est dorénavant l’heure de passer en plein cœur du Darkside. Rebekah, icône de l’Hard Indus est prête à achever ce 2ème jour sur la scène No Time, et dès le début, l’artiste britannique montre les crocs ! Entre style Industrial démesuré et Hardcore qui nous fait tomber de haut, pas de doute nous sommes sur un closing complètement lunaire. Les titres comme « Get That » de Luca Agnelli et Chaos Project, « Resurrection » de Dark Phoenix ou encore « Speaker Attack » de Catscan s’enchainent sans aucun temps mort, poussant chacune transition à l’extrême. Avec également un mapping foudroyant ainsi qu’un public en feu, le set de Rebekah fait clairement l’unanimité pour cette fin 2ème jour de l’Eskape Festival. Cerise sur le gâteau, cette dernière nous comble de la plus belle des manière : l’envoi du cultissime « Wanna Play?« de The Prophet en guise de dernière track.

Pour terminer en beauté, la patron du festival, Maissouille, se joint au légendaire Billx pour un set dansant destiné à toutes et à tous venus passer les derniers moments de ce jour 2. C’était très abordable car on a pu entendre beaucoup de sons connus comme « La mort avec toi », « Rolling Paper », « La Grande Embrouille » ou encore « Halibo » chantée en choeur par toute la foule. Quoi de mieux pour terminer en douceur qu’un bon set de frenchcore avec deux kiffeurs de légende ? Et bien on a la réponse puisque c’est arrivé juste après ! Le méga feu d’artifice qui, comme à son habitude, fait briller les yeux des Eskapers. Ils ont encore mis le paquet cette année, c’était génial à voir. Encore beaucoup de frenchcore pour terminer mais ça n’a pas fait de mal comme il y en a peu pendant la journée. C’est ainsi que s’achève notre 5e édition de ce festival qui ne cesse d’étendre ses limites. L’Eskape ramène un public entre fidèles et néophytes qui apprécient tous évoluer avec l’événement d’années en années.

Un festival en perpétuelle évolution !
2 jours sur 3 de couverture médiatique pour notre équipe et que dire… le festival continue d’avancer pour devenir l’un des plus importants sur le plan européen. Avec un total de 65000 personnes (annoncé récemment par Maissouille lui-même), aucun doute que l’Eskape est passé dans une autre dimension et a bel et bien projet de voir toujours plus haut. Même si quelques petites choses sont à améliorer, l’organisation globale a su tout de même se montrer à la hauteur en rattrapant les erreurs des années précédentes. Avec ses différentes scénographies, des artistes qui auront tous mis le paquet pour satisfaire le public et une offre artistique revue grandement à la hausse grâce à l’ajout une scène supplémentaire, le bilan de cette édition « Wonderland » est plus que satisfaisant, promettant un avenir radieux pour l’évènement phare de Hardcore France. Nous tenons à remercier encore une fois toute l’équipe de l’Eskape Festival pour l’invitation sur ces 2 premiers jours qui nous auront comblés de la première à la dernière minute.

© Arthur Ranzy
