
Lors du grand retour de Daily Dubstep au Vooruit de Gand, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Emalkay. L’artiste anglais, présent dès les débuts du Dubstep, s’est ouvert sur sa carrière longue de plus de 20 ans. Et a déposé un très bel indice en fin d’interview…
(english below)
Bonjour, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Je suis Martin, aussi connu sous le nom de Emalkay. Je suis un artiste Dubstep. Je fais de la musique depuis 2003. C’était avant le Dubstep, mais à un moment j’ai décidé que le Dubstep était fait pour moi. J’ai eu énormément de chance, j’ai pu jouer dans des salles, des lieux et des pays incroyables.
C’est la question de base du site : quelle est ta définition de la musique électronique ?
Je suis un peu pédant avec ce genre de choses… Donc, la musique électronique, c’est de la musique faite par voie électronique – si on parle de Dance Music, “EDM”. J’aime écouter de la musique électronique, mais ma playlist préférée n’est pas de la Dance Music : c’est plutôt de l’alternatif/expérimental/lent. Je pense que lorsqu’une musique est faite électroniquement, il y a quelque chose de très intéressant là-dedans, ça résonne vraiment en moi. Je n’aime pas vraiment quand c’est de la musique acoustique. Je trouve ça ennuyeux, je n’ai jamais aimé. C’est pour ça que quand j’ai commencé, j’écoutais de la Jungle, du Lo-fi avec de gros amen breaks écrasés, des synthés totalement fous, des lignes de basses… C’est beaucoup plus intéressant selon moi. Ça me fait bouger. Et pour moi, c’est ça qui distingue la musique électronique.
Comment es-tu tombé amoureux du Dubstep ? Quelle a été ta porte d’entrée vers ce genre ? Quelles ont été tes plus grandes inspirations ?
Je pense que c’était grâce à la Jungle. Je devais avoir environ 10 ans ; avec mes amis, on s’échangeait des cassettes dans la cour de récré. On avait des potes dont les grands frères étaient DJs Rave/Hardcore. Un jour, mon père m’a acheté un pack de cassettes rempli de nouvelles musiques underground. J’ai aimé, et je n’ai jamais regardé en arrière.
Quand j’ai commencé à mixer dans des raves locales à Birmingham, je jouais du Garage et ça a progressivement évolué vers la Grime. La musique est devenue beaucoup plus sombre, plus minimale. Il y avait quelque chose qu’on appelait “Easy Bass”, parce que c’était plus instrumental, artistique – une sorte de Grime mélangée au Garage. Et c’est ensuite devenu le Dubstep. J’ai un peu suivi ce mouvement ; je n’ai jamais vraiment réfléchi à “rejoindre” la scène, parce que j’y étais déjà. J’ai un peu vu le truc évoluer à partir de rien.
Mes plus grosses influences à cette époque étaient Vex’d, MRK1, Plastician, Skream et Benga. J’ai eu leurs toutes premières sorties. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir partager de la musique avec eux, d’aller à Londres… J’ai décidé d’apprendre à les connaître, puis Plastician a joué un de mes morceaux dans son émission Radio 1 en 2006, puis ça a été signé sur Boka Records. C’était ma première sortie Dubstep.
Comment était le Dubstep dans les années 2000 ? Le son, l’esprit de la scène, la communauté ?
La scène était vraiment petite, c’était littéralement une bande de potes où tout le monde se connaissait. Au club Plastic People, aux soirées FWD>>, tout le monde était là, juste en train de chiller – tu voyais tous ces artistes comme Skream ou Hatcha. J’ai appris à connaître les gars de Dub Police (ndlr : le label de Caspa) et j’ai commencé à les rencontrer. C’était un réseau très intriqué, très soudé. Et c’est devenu vraiment bizarre parce que, tout d’un coup, on se faisait tous booker aux États-Unis, en Europe… On se disait : “Pourquoi ça arrive ?”.
C’était vraiment cette époque où c’était principalement une scène UK qui bouillonnait depuis quelques années. Puis ça a été diffusé sur Radio 1 par Mary Anne Hobbs (ndlr : dans “Dubstep Warz”). Je pense que ça a énormément joué, parce que Radio 1 avait un lecteur web et les gens du monde entier pouvaient écouter. Ça a aussi coïncidé avec l’explosion des réseaux sociaux, comme Facebook ou MySpace. Tout ça est arrivé en même temps que l’expansion rapide de ce réseau. Donc je pense que c’était le bon timing, n’est ce pas ? Je pense que c’était le premier genre à vraiment exploser grâce à une évolution quasi entièrement digitale.
C’est bizarre, non ? C’est la première fois qu’on voyait ça. Et en même temps, le vinyle commençait à décliner. On est passé aux CDs digitaux. Et ça n’a duré que quelques années, puis d’un coup on a eu les clés USB et les ordinateurs portables. Et nous voila dans cette ère moderne qui est probablement le sommet du média digital. Tout le monde a un téléphone, tout le monde a son compte TikTok, tout le monde streame en permanence. On était un peu à la naissance de cette trajectoire vers là où on est aujourd’hui.
Parlons de ton plus grand tube : “When I Look At You” (2009). Quelle est l’histoire derrière ce morceau ? T’attendais-tu à ce qu’il devienne un classique ?
Quand je suis en Europe, c’est le morceau pour lequel les gens viennent me voir en mode : “Oh mec…”. Quand tu fais un titre comme ça, personne ne peut dire s’il va exploser. Il a eu une montée très lente, très progressive. Puis, je ne sais pas pourquoi, pour une raison ou une autre, tout le monde s’est mis à vouloir ce morceau. Mais ça restait une scène très underground. Je pense qu’une fois que l’Amérique s’en est emparée, une fois que les Américains l’ont adopté, là, c’est devenu un morceau global. Pareil avec l’Europe, une fois que la scène hollandaise, la scène belge, la scène française s’en sont emparées… Une fois que ton morceau prend là-bas aussi, oui, ça ne t’appartient plus. Et là, ça commence, ça explose. Mais je ne sais pas, j’ai l’impression que ce n’était pas rapide. Ce n’était pas soudain, du genre : “Oh, gros hit”. Et je ne savais pas. Je savais que c’était un bon morceau, mais je ne savais pas qu’il allait faire ça.
C’est intéressant parce qu’on parlait de la nouvelle ère digitale, mais ce morceau était déjà sur UKF Dubstep, qui a joué un rôle énorme dans l’expansion du Dubstep…
Exactement, le mouvement YouTube ! Quand j’ai fait ce morceau au départ, il y avait déjà de l’excitation autour. Les gens le découvraient en soirée – encore une fois, on parle d’une scène UK très soudée. Mais comme tu l’as dit, une fois que ça sort de ce cercle et que UKF s’en empare… Il faut leur rendre hommage : ils se sont un peu approprié ce morceau. Et je suis content qu’ils l’aient fait. Parce que je n’aurais jamais pensé… Qui aurait cru que simplement uploader ma musique préférée toucherait des millions de personnes ? Et j’en suis heureux. Je continue de sortir de la musique avec eux. Ça fait partie du même processus dont on parlait. Il y a eu d’autres genres depuis, à l’ère du numérique, qui ont en quelque sorte explosé puis disparu aussi vite qu’ils étaient apparus, mais le Dubstep a été le premier. C’était la première expérience qui a vraiment décollé.
En 2011, tu as sorti ton premier album, “Eclipse”. Certains titres comme “Crusader” ou “Fabrication” sont encore considérés comme essentiels dans l’histoire du Dubstep. Qu’est-ce que ça te fait de penser que tu as inspiré plusieurs générations de producteurs et de ravers ?
Je n’y ai jamais vraiment pensé. Je commence à apprécier cela maintenant que je vieillis et que j’ai le temps d’y réfléchir. Je suis très reconnaissant et j’adore toujours discuter avec les gens qui ont grandi avec ma musique. Je suppose que ça apporte un sentiment de satisfaction. C’est très satisfaisant parce que personnellement, je mets énormément de travail dans ma musique. J’ai probablement écrit environ cent mille morceaux et je ne sors pas la majorité de ce que je fais. Je suis très sélectif. Donc quand quelqu’un vient me dire : “J’adore ça”, ça veut dire que ça en vaut la peine. Mais je ne pense pas en termes d’influence générationnelle. Ça me fait peur. Pourtant je peux encore le faire en 2026 – jouer ces morceaux devant un nouveau public… C’est un peu bizarre, c’en est presque flippant. J’ai grandi avec Shy FX, je l’écoutais quand j’avais 10 ans. Pour moi, lui, c’est une influence générationnelle. Je suis allé à un de ses concerts récemment et la tranche d’âge allait de 18 à 50 ans, voire plus. Ça, c’est générationnel. J’ai l’impression de faire la même chose à une échelle moindre. C’est fou parce que je le connais et j’ai déjà parlé avec lui. Je suis toujours impressionné. Je connais ce sentiment. Et si je provoque ça chez des gens, ça me fait peur. Je ne veux pas trop y penser. C’est à propos de l’héritage, de la trace qu’on laisse. Je n’y pense pas vraiment.
À cette époque, le Dubstep changeait radicalement avec l’arrivée du Brostep. Dirais-tu que cette période a aidé le genre à grandir ou plutôt à s’affaiblir ?
Je n’ai pas d’opinion très tranchée là-dessus. Pour moi, le plus important en musique, c’est si j’aime ou pas. Si j’aime, je la joue, je la soutiens, je la produis. Si je n’aime pas, je laisse tomber. Je ne suis pas du genre à dépenser de l’énergie sur ce que je n’aime pas. Avec le Brostep, c’est drôle parce que quand j’ai commencé à tourner aux États-Unis et au Canada, c’était surtout du Dubstep plus lourd. La plupart du Heavy Dubstep – appelons-le comme ça – venait des Canadiens, comme Excision ou Datsik. J’y suis allé, des amis m’ont montré leurs démos, et j’ai pensé : “C’est différent”. On entendait leurs influences culturelles. En UK et en Europe, nous étions dans le Hardcore/Jungle, ce sont nos racines musicales. Aux États-Unis et au Canada, tu entendais ces grosses touches presque Rock/Metal. Je crois que Distance l’avait un peu fait, mais eux sont allés encore plus loin. C’était un peu “alien” pour moi. J’en ai joué un peu, mais j’étais arrivé à un point où c’était seulement quelques tracks. J’aime la musique énergique, mais je n’aime pas ce sur quoi on ne peut pas danser. L’agressivité, ça va, mais s’il n’y a pas de groove, je ne peux pas dire que j’aime. Donc voilà : j’aime certains morceaux, mais pas la plupart.
Oui, Skrillex a rendu ça énorme, et il a fait la musique qu’il voulait faire. Ce sont les gens qui ont “acheté” cela et qui sont venus aux événements qui ont vraiment façonné la scène. Si personne n’avait acheté sa musique ni assisté à ses shows, ça ne serait pas allé loin. Ça répondait clairement à une attente, une faim. C’était déjà là, un appétit qui ne demandait qu’à être comblé. Pendant longtemps, j’ai continué à en faire. J’ai fait quelques shows avec Skrillex et les gars de la brostep. Donc je respecte le travail, mais pour être honnête, même si j’ai joué des choses plus lourdes et que je ne fais pas de discrimination, dans l’ensemble j’ai tendance à préférer les morceaux plus dansants. Je suis plutôt un gars qui aime la Dance Music. Si ce n’est pas de la Jungle, c’est de la Trance, de la House ou de la Drum and Bass.
En 2023, tu as sorti ton premier album en 12 ans, “Flashpoint”, avec The Others et Subscape. En quoi a-t-il été un défi de produire un nouveau projet après si longtemps ?
On a fait ça pendant la pandémie. On s’ennuyait vraiment, donc c’était une super distraction. J’étais aux États-Unis et je suis revenu au UK. Ça avait plus de sens pendant le COVID. On s’est juste partagé quelques morceaux, et on s’est rendu compte qu’on en avait 3 ou 4. J’ai commencé à les envoyer à Deadbeats (ndlr : le label de Zeds Dead) et ça a fonctionné. Ce n’était pas vraiment planifié, c’était naturel. Je ne me suis pas dit : “Oh mon dieu, je reviens après tout ce temps”. Je dis toujours aux gens qui veulent se lancer dans la production et le DJing : tant que tu aimes faire cela, c’est le principal. Si tu prends vraiment du plaisir à le faire, toutes ces inquiétudes liées à la notoriété, à la pression, aux festivals ou quoi que ce soit d’autre deviennent secondaires. Peu importe le nombre d’années écoulées depuis ma dernière sortie, je suis toujours à l’aise avec le fait de faire de la musique. Cela faisait un moment (à ce moment-là) que je n’avais rien sorti, mais ça m’était égal. J’aime simplement faire de la musique. Au final, la sortie n’est qu’un bonus. Ça me permet de me produire en concert, les gens peuvent écouter et apprécier. Il y a une récompense financière, mais ce n’est évidemment pas énorme (rires) ! Ce n’est pas pour cette raison que je fais de la musique.
Comment décrirais-tu l’évolution de ton son au fil des années ?
Je préfère laisser les autres en juger, parce que je suis forcément biaisé. C’est une question difficile (rires) ! Tant qu’il y a assez de gens pour apprécier, ça me va. Comment le son évolue précisément, je ne m’en préoccupe pas trop. Tant que j’essaie toujours de nouvelles choses, c’est ça qui compte. Peu importe le succès que rencontre ma musique, j’aime penser que j’essaie toujours quelque chose – que ce soit un concept, un thème ou une nouvelle idée – et je suis assez fier de ne pas être resté bloqué sur un seul type de son. Oui, c’est majoritairement du Dubstep, mais différentes formes de dubstep. Différentes formes de dubstep plus “heavy” (rires) ! Je ne suis pas resté enfermé dans la même formule pour tous mes morceaux.
Tu reviens maintenant en Belgique avec Daily Dubstep pour leur premier événement en 12 ans. Quelle est ta relation avec ce pays ?
Beaucoup de choses…Une relation très heureuse et positive. J’ai énormément de souvenirs en Belgique, que ce soit à Gand, Anvers, Bruxelles… Les Pays-Bas ont été le premier pays européen où j’ai été booké, et je pense que la Belgique a été le deuxième ou troisième. Ils ont été là dès le début. Je suis toujours reconnaissant envers la Belgique. J’ai l’impression que ce pays a toujours eu une scène Bass Music saine, je pense qu’elle s’est toujours bien portée ici. Et j’aime tous les styles de la Bass Music. Pour cette raison, je suis un grand fan des Belges. Ça fait du bien de voir que c’est toujours en vie. Un peu différemment, mais c’est toujours là. Tu serais surpris de voir que dans certains pays, ça s’est pas mal essoufflé.
Tu as récemment tourné avec Modestep, sorti un morceau sur Circus Records, travaillé avec Chime sur un nouveau titre… Quels sont les artistes actuels ou émergents que le public devrait absolument suivre ?
Je reste en contact avec certains producteurs en ce moment parce que j’apprécie beaucoup la nouvelle musique qu’ils font. Pendant un moment, c’était un peu plus calme. Beaucoup de nouveautés ne m’excitaient pas vraiment. Tu sais, j’écoute toujours des démos et tout ça. Et je pense que je me suis un peu lassé de ce que les gens faisaient. Pendant un moment, beaucoup essayaient soit de se caler sur le Tearout, le Riddim, soit sur des trucs très deep. Mais maintenant, je suppose qu’avec l’évolution du mouvement 140 et le phénomène UKG qui revient, ça a un peu contaminé ces nouveaux producteurs de Dubstep et ramené cette énergie dont je parlais, une énergie plus dansante qui revient dans la musique et que les nouveaux semblent intégrer. Donc je suis vraiment fan de ça.
Ce soir, j’ai joué des sons de pas mal de nouveaux producteurs. J’aime beaucoup ça. Des gens comme Chime, par exemple. Il est là depuis un moment, mais pour moi c’était nouveau de bosser avec quelqu’un comme lui. D’habitude, je fais juste des morceaux avec mes potes, comme les gens de Dub Police etc. C’était quelqu’un que je ne connaissais pas très bien, mais on avait un respect mutuel. On avait un ami en commun qui nous a mis en contact. Je lui ai envoyé quelques idées et le lendemain on avait fini ce satané morceau (rires). Et ensuite on l’a sorti !
Pour moi, les nouveaux noms à suivre absolument sont Syxx, qui a sorti sur Deep, Dark & Dangerous (ndlr : le label de TRUTH). À chaque fois, je joue ses morceaux. Il est actif depuis un moment déjà, mais maintenant son son est en train d’évoluer et de se transformer. Il évolue vers une forme de Dubstep teintée d’influences UKG. On voit émerger cette nouvelle branche du Dubstep, et il s’y inscrit parfaitement. Il y a aussi un autre producteur, Pixelated Biscuit. Ce sont des projets récents et prometteurs – vous risquez d’en entendre parler davantage. Je voulais simplement faire un clin d’œil à ces deux artistes.
Des projets à venir ?
Oui, mais je ne peux pas en dire plus… Il y a un projet que je ne peux pas encore annoncer. C’est un projet multi-titres, quelque chose que je n’avais plus fait depuis 2011. C’est sur quoi je travaille en ce moment.
Merci d’avoir répondu à nos questions ! As-tu un dernier message à faire passer ?
Je n’ai pas vraiment de paroles pleines de sagesse ou quoi que ce soit. Je n’aime pas trop donner des conseils. Tout ce que je peux dire, c’est que chacun a son propre chemin. Je ne pense pas qu’il soit prédéfini ou magique. Et je ne crois pas que ce qui fonctionne pour quelqu’un fonctionne forcément pour un autre. Ne vous découragez pas si vous essayez de faire ce que j’ai fait et que ça ne se passe pas comme vous l’espériez. De mon côté, d’une certaine manière, je ne m’y attendais pas non plus. Et au final, ça a payé. Donc il faut simplement continuer. C’est un conseil un peu nul (rires), et c’est un cliché. Mais je pense que c’est le principal.
Hi ! Could you introduce yourself for those who might not know you yet ?
I’m Martin, also known as Emalkay. I’m a Dubstep artist. I’ve been making music since 2003. It’s been before Dubstep, but at some point I decided Dubstep is the one for me. I’ve been very very fortunate, I got to play some amazing venues, places and countries.
This is the classic question we ask on our site: how would you define electronic music ?
I’m a little pedant with things like this…So, electronic music is music that is electronically made, talking about dance music, “EDM”. I like listening to electronic music, but my favorite playlist is not dance music, it’s more alternate/experimental/slow music. I think that when something is electronically made, there’s something very interesting about that, it really resonates with me. I don’t really like when it’s acoustic music, to me it’s boring, I’ve never liked it. That’s why when I started I listened to Jungle, Lo-fi with big crushed amen breaks and crazy synths, basslines…That’s way more interesting to me. That gets me moving. And for me that sets electronic music apart.
How did you fall in love with Dubstep ? What was your gateway to this genre ? Your biggest inspirations ?
I think it was Jungle. I must have been about 10 years old, me and my friends used to pass around tapes in our school’s playgrounds, we had friends whose brothers were Rave/Hardcore DJs. One day, my dad bought me a tape pack full of new underground music. I liked it, and I never looked back.
When I started DJing in local raves in Birmingham, I used to play Garage and it kind of morphed into Grime. The music got a lot darker, more minimal. There was something that we used to call “Easy Bass”, because it was more instrumental, arty, kind of Grime but mixed with Garage, and that then became Dubstep. I kind of followed that, I never thought about joining it, because I was always there. I kind of witnessed it evolving from nothing.
My biggest influences at that time were Vex’d, MRK1, Plastician, Skream and Benga. I got their really first releases. I was really fortunate to share music with those guys, to visit London…I decided to get to know them, and then Plastician played one of my tracks on his Radio 1 show in 2006, and that got signed to Boka Records. That was my first dubstep release.
How was Dubstep in the 2000’s ? The sound, the spirit around that scene, the community ?
The scene was really small, and it was literally just a bunch of mates where everyone knew each other. At the Plastic People club, at FWD>> parties, they’d all be there, like, just chilling, you just see all these artists like Skream or Hatcha. I got to know the Dub Police (Caspa’s label, author’s note) guys and started to meet those guys. It was a very intricate network, a close-knit network. And it just, it got really weird because all of a sudden, we were all just getting booked in the USA, Europe,… We were like : “Why is it happening ?”.
It was really that era, when it was predominantly just a UK scene, that was bubbling for a couple of years. And then it got featured on Radio 1 by Mary Anne Hobbs (on “Dubstep Warz”, author’s note). I think it did a lot, because Radio 1 had a web player and people from around the world could listen to it. It also coincided with the social media explosion, like Facebook or MySpace. It just coincided with the rapid kind of expansion of that network as well. So I think it was good timing, right ? I think it was the first genre to kind of blow up that kind of almost like a digital evolution, really, predominantly.
This is weird, right ? This is the first time you’ve seen this happen, and then vinyls kind of start to fade at the same time. We’re moving to digital CDs. And it’s like, and that only lasted a couple of years, and all of a sudden we’ve got USBs and laptops. And here we are, this kind of modern era, what we’re in now, which is probably the peak of digital media. Everyone’s got a phone, everyone’s got a TikTok, everyone’s constantly streaming. We were kind of at the birth of that trajectory to where we are now.
Let’s talk about your biggest hit : “When I Look At You” (2009). What’s the story behind this track ? Did you expect it to become such a classic?
When I’m in Europe, it’s the one tune where people come up to me and say, “Oh man…” When you make a tune like that, nobody can tell if it’s gonna blow up. It actually had a slow gradual, very gradual kind of momentum about it. And then, I don’t know why, for whatever reason, all of a sudden, everybody wanted that tune. But it was still a very underground scene. I think once America caught on, once the Americans got it, then it became a global tune. Same with Europe, once the Dutch scene got hold of it, the Belgian scene, the French scene…Once your tune catches on there as well, then yeah, it’s out of your hands. And then it starts, then it blows up. But, I don’t know, I feel like it wasn’t quick. It wasn’t all of a sudden, like : “Oh, that’s a big tune”. And I didn’t know. I knew it was good, but I didn’t know it was gonna do that.
It’s interesting because we talked about the new digital era, but this song was already on UKF Dubstep, which played a huge role in the expansion of Dubstep…
Exactly, the YouTube movement ! When I made that tune at first, there was excitement about it. People would come out and hear it, so we’re talking about, again, it was a close-knit scene in the UK. But like you said, once it goes outside of that and UKF…Let’s give them props there, they kind of jacked that tune for themselves. I’m glad they did. Because I would have never thought to have just… Who would have thought that just me just uploading my favorite music would get millions of people. And I’m happy with that. I still release music with them. It’s a part of the same process that we talked about. There have been other genres since, during this digital age, that have kind of exploded and popped in and out of existence, but Dubstep was the first one. It was the first experiment that kind of just took off.
In 2011, you released your debut album, called “Eclipse”. Some songs, like “Crusader” or “Fabrication” are still considered as essential sounds of Dubstep history. How does that make you feel to think that you inspired several generations of producers and ravers ?
I never really thought about that. I’m starting to appreciate that now that I’m getting older and that I have the time to think about that. I’m very grateful and I always love talking with people that grew with my music. I guess it brings a sense of satisfaction. It’s very satisfying because I personally put a lot of work into my music. I’ve probably written about a hundred thousand tracks and I don’t release most of my work. I’m really selective about that. So when somebody comes on and says : “I love that”, it makes it worth it. That’s the feeling I get, but I don’t think about generational influence. That just scares me. But I could still do it, in 2026. You know, playing those tunes to a newer crowd…It’s a bit weird, it’s scary man. I grew up with Shy FX, I listened to him when I was 10 years old. To me, he’s a generational influence. I went to one of his gigs recently and the range of age was like 18 to 50+. That’s generational. I feel like I’m doing the same thing to a lesser extent. It’s crazy because I’ve known him and I spoke to him a few times. I’m still starstruck. I know the feeling, and if I’m causing that kind of feeling to people, it just scares me. I don’t want to think about it. That’s about legacy, about leaving a mark. I don’t really think about that.
At that time, Dubstep was radically changing and switching to the “Brostep” era. Would you say that this period helped the genre grow, or did it rather weaken it ?
I don’t have strong opinions on it. For me, the most important thing with music is whether I like it or not. If I like it, I’ll push it, I’ll play it and I’ll make it. If I don’t, then I’ll just leave it alone. I’m not one of those people that spend a lot of energy worrying about things that they don’t like. With Brostep, it’s funny because when I started touring in the USA and Canada, it was mostly heavier Dubstep. Most Heavy Dubstep – I’ll just call it that way – was coming from the Canadians. Like Excision, for example, or Datsik. I went over there and some friends showed me their demos, and I thought : “This is different”. You could hear their cultural influences. In the UK and Europe, we were into Hardcore/Jungle, that’s our musical roots. In the US and Canada, you could hear these big almost Rock/Metal touches. I guessDistance kind of did it a little bit, but they took it to the next level. That was a bit alien to me. I played a few of it, but it got to a point where, barely a few tracks, I like energetic music, but I don’t like anything that you can’t dance to, if something’s staggered. The aggression’s all right, but if there’s no groove to it, I can’t tell you that I like. So that’s what it is. Some of it I like, most of it I don’t.
Yeah, Skrillex made it big, and he made the music he wanted to make. It’s the people that bought it and went to those events that really shaped the scene. If no one bought his music and went to those shows, his music wouldn’t have gone anywhere. So it was obviously tapping into a hunger. That was already there, an appetite that was waiting to be filled. For a long time, I was still doing it. I did some shows with Skrillex and the Brostep boys. So I respect the craft, but to be honest, even if I played some heavier things and I don’t discriminate, but on the whole I tend to enjoy the more danceable stuff. I’m more of a Dance music guy. If it’s not Jungle, it’s Trance, House or Drum and Bass.
In 2023, you released your first album in 12 years, called “Flashpoint” – with The Others and Subscape. How was it challenging to produce a new project after such a long time ?
We did that during the pandemic. We were really bored, so it was a really nice little distraction. I was living in the USA, and I was back in the UK. It made more sense to do that during COVID. We just shared a few tracks, and we realised we had 3 or 4. I started sending them to Deadbeats (Zeds Dead’s label, author’s note) and it kind of worked. It wasn’t really planned, but it was a natural thing. I didn’t think : “Oh my god, I’m coming back after all this time”. I always say this to people who want to get into production and DJing : as long as you enjoy doing it, that’s the main thing. If you really enjoy it, all these worries about fame, pressure, festivals or whatever, they’re secondary. No matter how many years it’s been since I’ve released something, I’m still comfortable with making music. It has been a while (at that time) since I’ve released music, but I didn’t care, I just like making music. At the end of the day, releasing it is just a bonus. It allows me to play shows, people get to listen and enjoy it. There is a financial reward, but it’s not obviously much ! (laughs) That’s not the reason I make music.
How would you describe the evolution of your sound throughout the years ?
I tend to leave it to other people to decide, because obviously I’m a little biased. I don’t know, it’s a hard question to answer !! (laughs) As long as there are enough people around just to enjoy it, that’s all I care about. How the actual sound evolves, I’m not too bothered about. As long as I’m always trying new things, that’s all I care about. No matter how well my music’s doing, I’d like to think I’m trying something, whether it’s a concept or a theme or a new idea, and I’m quite proud of the fact that I haven’t stuck with just one sound. Yes, it’s mostly Dubstep, but different kinds of Dubstep. Different kinds of heavier Dubstep ! (laughs) I’m not stuck to the same formula for all of them.
You’re now coming back to Belgium with Daily Dubstep, for their first event in 12 years. What is your relationship with this country ?
A lot of things, a very happy and positive relationship. I’ve got to play a lot of memories from playing in Belgium, whether it’s Ghent, Antwerp, Brussels…Netherlands was the first country in Europe where I’ve been booked, and I think Belgium is the second or third one. They’ve been here at the beginning. So I’m always grateful to Belgium. I feel like this country has always had a healthy bass music scene, I think it’s always done well out here. And I love all kinds of bass music, so for that reason, I’m a big fan of the Belgians. So it’s good to see it’s still alive. In different ways, but it’s still there. You’d be surprised that in certain countries it’s died out a fair bit.
You recently toured with Modestep, released a track on Circus Records, worked with Chime on a new record… What are the currents/upcoming artists that people should absolutely follow ?
I keep in touch at the moment with producers because I’m enjoying a lot of the new music that they make. For a while, it was a bit dry. There was a lot of new stuff and new art that I wasn’t really excited about. You know, I always listen to demos and stuff. And I guess I got a bit bored of what people were doing. I guess a lot of people for a while were trying to either fit into Tearout, Riddim, or the really deep stuff. But now I guess with the 140 movement evolving the way it’s doing it, and the UKG phenomenon that’s coming back, that’s kind of infected these newer Dubstep producers and kind of getting this energy that I told you I really like, a more danceable energy that’s back in the music that the new kids seem to be incorporating into them. So I’m a big fan of that.
Tonight I played some stuff from a lot of newer producers. I really enjoy that. So people like Chime. He’s been around a while, but that’s a new thing for me to work with someone like that, because I’m normally just making tunes with my mates, like the Dub Police people and that. He was someone I didn’t really know too well, and we kind of had mutual respect for each other. We had a mutual friend who linked us together. And then I just sent him some ideas and the next day we finished the fucking tune (laughs). And then we released it !
For me, the new names to absolutely follow are Syxx, who’s got to release on Deep, Dark & Dangerous (TRUTH’s label, author’s note). Everytime, I play his tunes. He’s been doing this for a while, but now his sound is morphing and changing. It’s growing to a kind of UKG-infused Dubstep. You’ve got this new strand of dubstep that’s forming and he’s fitting into that nicely. There is another lad called Pixelated Biscuit. These are new, fresh projects, probably you’ll see more of them. I just wanted to give those 2 guys a shout out.
Any upcoming projects ?
Yes, but I can’t say…There is a project that I can’t announce. It’s a multi-track project, something I haven’t done since 2011. That’s what I’m working on at the moment.
Thanks for taking the time to talk with us ! Any final message you’d like to share ?
I don’t have any words of wisdom or anything like that. I don’t like to give advice. All I can say, is that everybody has their own path. I don’t think it’s pre-written, magical or something like that. I don’t think that one thing that works for someone necessarily works for another. Don’t be disheartened if you try to do what I’ve done and it’s not going the way you expected. And with me, in a way, I never expected. And it paid off in the end. So you’ve just got to keep doing it. That’s terrible advice (laughs), and it’s a cliche. But I think that’s the main one.
