Interview : RavenKis & Tristan Garner


Il y a quelques semaines, nous étions présents à Elektric Park ! Alors que nous devions uniquement rencontrer RavenKis, un véteran de la scène Electro-House s’est joint à nous pour notre plus grand plaisir : Tristan Garner ! Voici l’intégralité de leurs propos :

 

Salut RavenKis et Tristan Garner, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Je m’appelle Tristan Garner. Je suis un artiste français qui fait de l’électro house depuis 2006. J’ai ouvert mon label qui s’appelle Xtralife. Je suis un artiste et je voyage entre Paris et Nice depuis quelques années.

Moi c’est RavenKis. Cela fait six ans que je fais du son. Je suis plutôt axé progressive house et c’est grâce à M. Tristan Garner que je suis là aujourd’hui. Il m’a coaché depuis mes débuts.

On se retrouve ici à Electrik Park. Que pensez-vous de ce festival et de ce qu’il est devenu par rapport à la dernière fois où vous y avez performé ?

Tristan Garner : J’ai joué ici en 2014 avec mes potes de Reepublic. C’était vraiment bien et je vois que cela prend de l’ampleur. Je suis vraiment heureux qu’existe et grossisse un tel festival de musique électronique. C’est important à la fois pour les jeunes talents français mais aussi pour des talents venant d’un peu partout dans le monde. Je trouve que cela manque en France. On n’a pas assez de gros festivals qui nous représentent. En France on a à la fois de très bons festivals underground et de très bons festivals grands publics mais entre les deux, on n’a pas grand-chose. Je suis très fier de l’équipe de Joachim Garraud et de ce qu’il fait aujourd’hui avec l’Electrik Park. On est fier d’être là !

Cette question est plus pour toi RavenKis. Tu as choisi de faire, comme tu l’as toi-même décrit, un “guitare show” à Electrik Park. Qu’est ce qui t’as motivé à proposer une performance pareille ? As-tu d’autres idées pour faire grandir ce show par la suite ?

RavenKis : En fait, je suis guitariste depuis 10 ans maintenant et cela faisait un moment qu’en club, je m’embêtais derrière les platines pour être honnête. Je suis plus producteur et musicien que DJ donc je voulais trouver un moyen de pouvoir m’exprimer sur scène et de m’amuser. Là, le show est composé de 15 tracks, dont une majorité qui ne sont pas encore sorties et qui sont en mashup avec des vocaux. Je pense qu’à terme, j’aimerais compléter le set qu’avec des titres à moi.

Justement, il est assez rare de voir les DJs s’essayer à d’autres styles de live qu’un set classique derrière les platines. Est-ce une mauvaise chose selon toi ?

Ravenkis :  Pour moi, c’est très bien (rires). Après j’ai beaucoup de respect pour le djing, quand tu vois les DJs techno qui mixent encore en vinyles c’est super impressionnant. C’est un univers que je respecte énormément. Mais je pense qu’aujourd’hui, c’est important aussi d’apporter de la nouveauté et jouer d’un instrument que ce soit un synthé ou un “vrai” instrument, cela apporte vraiment une plus-value.

Tristan, cela faisait un moment qu’on ne t’avait pas vu jouer à Paris. Qu’est-ce que ça fait pour toi de revenir ?

Tristan Garner : Ecoute, je suis très content de revenir parce que je pensais arrêter en fait. Il y a deux ans, j’étais au bout du rouleau. Un ras le bol s’était installé. Je suis pro depuis 2006 et je n’ai cessé de tourner. J’étais arrivé à la fin d’un cycle. J’en avais marre de la musique, je n’y arrivais plus, j’avais perdu le goût de la musique. Je ne me reconnaissais pas dans la musique qui se faisait en ce moment. Et c’est grâce à mes potes, grâce à RavenKis, à mes fans aussi qui m’ont remotivé que j’ai remonté la pente et là je suis regonflé à bloc. Je travaille sur un nouvel EP en ce moment, que j’espère proposer pour cet hiver.  Je vais d’ailleurs tester un nouveau truc aujourd’hui.

Vers quel style sera-t-il orienté ?

Tristan Garner : Ça restera dans mon style, plutôt de l’électro-house, en suivant mes influences telles que Justice, Daft Punk et tout ce qui est French Touch en y ajoutant des éléments plus modernes. Il y aura toujours ce côté un petit peu punk sur les bords, un peu hors format. J’aime bien, cela me correspond, des gros synthés avec de grosses distorsions sur les basses. Voilà, c’est ce que j’aime.

Cela pourrait ressembler à la collaboration que tu avais faite avec Klosman et Albyn Myers  “Pressure” ?

Cela fait partie de ma discographie, c’est quelque chose que j’ai kiffé produire mais je vais revenir à des bases, des choses du type “Homework” de Daft Punk, plus brutes et ainsi enlever tout ce qui est superflu pour revenir à l’essentiel. Pour moi, l’essentiel de la musique c’est de grosses basses.

Ravenkis, en avril dernier, tu as sorti le magnifique track “Stellar” sur le label Size Records de Steve Angello, qui fut supportée par certains poids lourds de l’EDM comme Don Diablo, David Guetta ou bien Steve Angello lui-même. Où as-tu trouvé l’inspiration pour produire cette pépite ?

RavenKis : Je me suis inspiré de “Magenta” d’Arno Cost et Arias ainsi que de “Discopolis” de Lifelike et Kris Menace qui est un classique de la French Touch. Et cela tout en essayant d’y ajouter mes propres sonorités et les solos de guitare que je joue justement. J’ai essayé de faire un petit mix de tout ça.

On connait ton admiration pour la Swedish House Mafia, « Stellar » aurait d’ailleurs pu faire partie d’une de leur setlist, mais d’après toi qu’est-ce qu’a de plus l’école suédoise que l’école française ?

RavenKis : Bah il y a la Swedish House Mafia ! Dis comme cela ça paraît simple mais en réalité chacun de membres avait son propre label et ces labels sont aujourd’hui devenus des institutions dans le marché EDM. C’est une vraie famille, ils se connaissent tous, ils se soutiennent. Je pense qu’aujourd’hui en France, on a une scène de jeunes talents qui commencent à faire surface bien comme il faut dans une multitude de styles. Je pense à Tony Romera, Madskies qui va jouer juste avant moi, Thomas Feelman, Antoine Delvig qui vient de rentrer chez Axtone avec sa track Disciples, Damien N’Drix aussi. On commence à avoir beaucoup d’éléments qui se positionnent et je pense que, si on s’entraide tous, il y a pas de raison que cela ne fonctionne pas pareil dans quelques années.

Est-ce que vous avez des collaborations franco-françaises de prévues ?

Tristan Garner : Je voudrais absolument bosser avec RavenKis. Cela fait des années que l’on se connaît, qu’on essaye de faire un track ensemble. On s’est vu en janvier dernier, on essaye de faire un album ensemble. On a fait au moins 15 bonnes démos ensemble et maintenant il va falloir mettre de l’ordre.

RavenKis : Forcément on va se faire un track ensemble.

D’ailleurs en parlant de collaboration entre vous deux, j’avais lu sur internet que vous aviez collaboré professionnellement il y’a quelques années et que Tristan Garner aurait été ton patron à une époque, tu peux nous en parler ?

RavenKis : Alors non ce n’était pas mon patron mais plutôt mon “Maître Jedi” de la production (rires).
Tristan Garner : En fait, moi j’étais artiste chez Pool E Music, je travaillais avec Antoine Clamaran et il cherchait un petit jeune pour bosser chez nous. J’ai tout de suite pensé à RavenKis et  c’est comme ça qu’on a commencé à bosser ensemble.

En 2016, tu as joué sur la beachstage de l’Electrobeach. Bientôt une mainstage d’un festival qui s’offre à toi, tu as déjà des propositions ?

RavenKis : Pas pour le moment. Je t’avoue qu’on a beaucoup capitalisé sur le show de tout à l’heure (ndlr : Electrik Park) en termes de vidéo. Le but étant d’exporter le show et de le vendre en club en France, à l’étranger et en festival également.

Quel(s) club(s) ou  festival(s) te ferai(en)t rêver que ce soit en France ou bien à l’étranger ?

RavenKis : Pour moi ce serait Coachella. Après personnellement, j’ai de plus en plus l’impression que le genre de scènes qui correspondrait le mieux  à ce que j’aimerais sont les salles de concert. Le public y est plus attentif à la musique. Aujourd’hui, en France, la majorité des  clubs sont des clubs “VIP” où il y a des tables et pas de dancefloor sauf pour les clubs techno. Je pense qu’aujourd’hui, le format de musique que l’on produit est plus adapté à des salles de concerts comme ce qu’a fait Madeon à l’Olympia à une moindre échelle bien-sûr. Ce serait plus vers des choses comme cela que j’aimerais me tourner.

La dernière fois qu’on t’a vu, c’était pour l’anniversaire de l’Opium Club, avec qui nous sommes partenaires ! Que penses-tu de ce club ? Aurons-nous la chance de t’y revoir bientôt ?

RavenKis : C’est un très gros club qui a une programmation vraiment top et c’est bien qu’il y  est des clubs comme ça en France. On en manque. Après on ne m’a pas proposé d’y rejouer pour l’instant. Mais pourquoi pas, en tout cas je reste ouvert à toute proposition (rires).

Tristan nous t’avions vu mixer lors de la Techno Parade à Paris, il y a deux ans. Cela représente quoi pour toi la Techno Parade ?

Tristan Garner : C’est symbolique pour moi parce que quand je suis arrivé sur Paris, la première chose que je suis allé faire, d’ailleurs c’est marrant qu’on en parle, c’est d’aller à la Techno Parade 2005. J’étais derrière le char de Joachim Garraud. J’étais présent en tant que fan, à ce moment-là je commençais à peine à produire. C’est symbolique parce que cet événement m’a toujours marqué, je suis toujours fier de jouer à la Techno Parade, qui est l’un des plus gros événements de musique électronique en France, tout simplement. J’aimerais bien y rejouer même si je ne suis pas programmé pour cette année. J’aimerais bien l’année prochaine.

Vous disiez l’un comme l’autre que l’on manquait événements consacrés au style de musique électro qui nous intéresse. Donc, est-ce que cela ne vous tenterait pas d’organiser votre propre évent électro sur Paris à la manière d’Arno Cost avec sa soirée When In Paris ?

Tristan Garner : Si si, évidemment qu’on aimerait bien mais c’est assez compliqué d’organiser un tel événement d’autant que moi je n’habite plus Paris mais Nice donc je ne connais plus vraiment la scène parisienne. C’est un investissement, un gros risque même et je ne suis pas sûr que l’on ait les reins assez solides pour monter ce genre d’événement. Mais, demain on me propose une salle avec uniquement des artistes french touch, moi je signe direct (rires).

Merci d’avoir répondu à nos questions, un dernier message à faire passer ?

Tristan Garner : Continuez à écouter de la musique électronique. Éteignez votre radio et allez fouiner sur Soundclound, voir ce qui se fait chez les jeunes talents français. Soyez ouvert d’esprit, écoutez ce qui se fait de nouveau et le plus important : ne vous faîtes pas formater par les radios et la télévision.

RavenKis : Merci à Valliue pour l’interview. C’est bien d’avoir des blogs français qui font le taff, merci à vous !

Crédit Photo : Lila Azeu / Valliue

Réalisation : isaguyx / Retranscription : So, Isaguyx / Préparation : Isaguyx, So, Valso, Wag

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