
Toulouse est réputée pour être l’une des capitales de la scène drum and bass française et internationale, c’est donc naturellement que le mastodonte de l’événementiel Bass Music Rampage a choisi Toulouse et son Zénith pour leur tout premier événement en France ! Récap d’une soirée qui restera dans l’histoire des événements Bass toulousains :
Créé en 2009 par l’artiste Murdock, Rampage devient rapidement un incontournable des événements du paysage Bass européen avec notamment la création d’un festival Open Air sur plusieurs jours depuis 2019, considéré comme un des plus gros rassemblements bass music au monde. Et c’est l’asso Regarts qui a l’honneur de ramener ce projet sur le sol français et toulousain, double cocorico !
Malgré la surprenante décision préfectorale de dernière minute interdisant de dépasser les 3h du matin sur une soirée initialement prévue pour durer jusqu’à 5h30, on ne peut que souligner la réactivité de l’organisation qui a su s’adapter en si peu de temps. Difficile de ne pas pointer du doigt une nouvelle discrimination envers la musique électronique et ses clichés sous-jacents… En parallèle ce jour-là, se déroulait justement la techno parade à Paris, plus que jamais nécessaire pour faire reconnaître nos musiques électroniques et faire évoluer les mentalités, notamment auprès de nos instances politiques.
Nous arrivons sur place sur les coups de 22h, un peu en retard puisque l’événement a débuté dès 19h40 suite à l’arrêté préfectoral. C’est sur les chapeaux de roue qu’Imanu démarre son set devant une foule déjà bien compacte. On ressent immédiatement une atmosphère festive et un public connaisseur. Plusieurs festivaliers, venus de toute la France pour l’occasion, arborent fièrement du merch’ Rampage et les pogos emblématiques des plus grands évents Bass sont déjà de la partie.
Quant à Imanu, on ne présente plus le natif français joué par les plus grands artistes Bass internationaux. Enchaînant drop ravageur et breaks aux synthés plus mélancoliques, il plante le décor de la soirée en proposant un set hybride entre dubstep et Drum. Une belle entrée en matière, le tout sous un Zenith reconfiguré en mode club pour l’occasion. C’est sans compter sur un Light show impressionnant, entre néons entourant la scène tout autour allant jusqu’à former un cercle et stroboscopes immersifs, le tout couronné par les visuels caractéristiques des différents artistes grâce à la présence d’un écran Led géant derrière la scène.
Puis, vient (déjà) la fin set d’Imanu sous un tonnerre d’applaudissements massifs et ininterrompus du public pour saluer sa performance avant d’accueillir l’une des têtes d’affiche de la soirée : l’Anglais Zomboy. Assez rare en France, ce dernier démarre son set d’entrée de jeu par un des gimmicks vocaux les plus légendaires du dubstep : le fameux « Welcome to Mayhem », tout en annonçant au micro sa présence, permettant d’emblée de faire monter l’ambiance d’un cran. L’effervescence se fait sentir lorsque les premiers jets de flammes de la soirée font leur apparition sur le drop, prouvant que la qualité de la scénographie des soirées Rampage fait clairement partie des plus gros festivals européens. Musicalement, tous les classiques de sa discographie y passent : d’« Archangel » en passant par « The Beast », « Like A Bitch » ou encore son indémodable remix de « Follow » de Bro Safari, notamment longtemps joué par DJ Snake. Il joue d’ailleurs également sa collaboration avec le français intitulé « Quiet Storm », rendant la foule en délire. Enfin, Zomboy n’hésitera pas à lancer le premier Wall of Death de la soirée aux alentours de 23h avant de finir en apothéose sur son nouveau « Monsters ».
Après cette énergie folle, courte pause le temps de préparer la scène pour le duo français Dirtyphonics. C’est sur une intro bien rodée à base de battements de cœur s’accélérant progressivement qu’ils démarrent, permettant de faire monter la tension crescendo avant l’explosion du premier drop du set : leur track « Revenge », malheureusement interrompue par un problème de platine. Cependant, malgré ce souci technique, c’est sans compter sur l’un des membres du groupe prenant le micro ironisant sur la situation : « À chaque fois qu’on vient ici y’a une cou*lle technique , on s’en fout on veut du p*tain de bruit ! ». La foule suit et l’ambiance ne redescend pas lorsque le set redémarre. Dès cet instant, c’est une avalanche de drops quasi sans interruption qui débute. Entre Dubstep, Bass House (avec notamment l’incontournable « Murdah » de Knock2 sur lequel la foule n’hésite pas à improviser un pogo), des gros classiques comme des remixes à la sauce Bass des Daft Punk notamment « One More Time » et « Aerodynamic » et même une pointe de Techno dont le désormais classique « Push Up » de Creeds. Aucun répit pour un set alliant originalité, tracks emblématiques du duo et technique de mix de haut vol.
À 0h30, c’est au tour de Murdock et de Macky Gee d’entrer en scène. Initialement prévus tous deux en solo, le Belge et l’Anglais livrent une performance en b2b explosive. Ces derniers n’ont jamais mixé ensemble : c’est leur tout premier set en commun. Un résumé ? C’est simple : presque aucun break et les bangers drum and bass et dubstep s’enchaînent toutes les 30 secondes. Une performance de Djing impressionnante et une alchimie réelle qui se ressentait derrière les platines. Le tout accompagné de quelques édits bien accrocheur, sous couvert de mêmes TikTok comme le récent « What the Fuck DJs actually do » ayant récemment retourné toute la communauté DJ à l’échelle internationale, sans oublier quelques titres emblématiques de la scène électronique comme « Satisfaction » de Benny Benassi ou encore « Sweet Dreams » de Steve Angello. Le public ? En furie tout au long du set face au duo et qui aura su montrer qu’à Toulouse, on ne rigole pas avec la Bass Music. Définitivement le coup de cœur et la claque de cette soirée. On en redemande !
Sans transition, Modestep démarre son set spécial Rampage uniquement calibré de classiques ayant marqué l’histoire de la Bass Music. Nero, Rusko, Flux Pavilion ou encore le remix indémodable d’Avicii « Levels » par Skrillex… Une bonne façon de se remémorer, ou de découvrir pour les plus jeunes, l’ensemble des titres clés du style. Suite aux changements d’amplitude horaires, le set durera seulement une trentaine de minutes environ, dommage car on en demandait encore, un peu frustrant donc. Du côté du public, pas de baisse de régime avec les pogos s’enchaînant à plusieurs reprises, sous notre œil aguerri depuis les gradins du Zénith.
2h15 arrivants, et sonnent déjà l’heure du dernier set : celui de Mollie Collins, en pleine ascension. C’est un set placé sous le signe de la drum que se clôturera cette première édition de la Rampage France. Entre drop Rollers , Neuro et Liquid plus mélodique, l’Anglaise nous fait vibrer et voyager en enchaînant les bangers, le tout saupoudré de doubles drops ravageurs permettant de finir la soirée en apothéose.
Une réussite pour cette première édition et un public de connaisseurs qui a répondu présent dès quatre coins de la France : on attend déjà la suite avec impatience. Merci à Rampage d’avoir posé ses valises chez nous, à Regarts pour l’invitation, aux artistes pour leur énergie et à tous les festivaliers qui sont venus faire la fête avec nous !
