
À l’occasion de la sortie de son récent EP « Silver Lines » sur Purified Records, on a posé quelques questions à Sinca ! De sa carrière de DJ/productrice aux difficultés du métier d’artiste, en passant par les effets thérapeutiques de la musique… Retrouvez ci-dessous l’ensemble des propos de la talentueuse québécoise :
Salut Gabriela ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Hello ! Alors, je suis DJ et productrice originaire de Montréal et moitiée péruvienne, née en France. Je produis de la musique house depuis quelques années sous le nom de Sinca, avec des influences allant de la house progressive à des sonorités mélodiques et organiques. Mon univers musical est très inspiré par mes émotions et mes voyages, avec une volonté de créer des moments d’évasion à travers mes tracks.
C’est la question de base de notre site… Quelle est ta définition de la musique électronique ?
Pour moi, la musique électronique est une forme d’expression sans limites. C’est une musique qui évolue constamment et qui crée des connexions profondes entre les artistes et le public, que ce soit sur un dancefloor ou simplement à l’écoute dans un moment introspectif.
Tu as vécu un peu partout dans le monde ! Est-ce que ton passé de globetrotter a été une source d’inspiration pour ta musique ?
Oui, absolument. J’ai eu la chance de voyager très jeune, et je pense que ça a influencé ma curiosité et mon ouverture à différents styles de musique. Chaque culture a sa propre manière d’aborder la musique.
Nous avons eu l’occasion de te découvrir dès tes débuts sur Anjunadeep avec “Mancora”. Depuis, tu en as fait du chemin avec des productions pour All Day I Dream, ou Bedrock par exemple. Si tu faisais un point sur ta carrière aujourd’hui, comment la décrirais-tu ?
Je dirais que c’est une progression naturelle mais qui a demandé beaucoup de travail, de patience et de passion. Chaque label sur lequel j’ai signé représente une étape importante pour moi, parce qu’ils ont tous marqué des moments d’évolution dans ma musique. Je suis vraiment reconnaissante du chemin parcouru, mais je sens aussi que ce n’est que le début (enfin, j’espère !).
Tu as entièrement bouleversé ta vie pour devenir productrice à temps plein. Avec le recul, considères-tu que tu as fait le meilleur choix de ta vie, alors qu’il ne semblait pas si évident à ce moment-là ?
Oui, sans hésiter. Ce n’était pas une décision facile parce que j’avais une carrière stable dans le marketing, mais je sentais que je devais suivre cette passion. Il y a beaucoup d’incertitudes dans ce métier, mais la liberté de créer et d’être alignée avec ce que j’aime profondément n’a pas de prix.
Tu viens très récemment de franchir une nouvelle étape, avec ton EP “Silver Lines” qui marque tes débuts sur le label de Nora En Pure : Purified Records. S’agissant d’un premier EP, as-tu changé ton processus créatif ?
Oui, j’ai vraiment abordé cet EP différemment. Même si chaque morceau raconte une histoire distincte, mon objectif était aussi de créer un équilibre entre une chanson plus orientée vers l’écoute, avec des sonorités plus émotionnelles (Silver Lines), et une autre pensée pour le dancefloor, plus énergique (Told U So). Cette dualité reflète bien l’univers dans lequel j’aime évoluer.
Est-ce que cela te donne envie d’aller plus loin, peut-être avec un album à l’avenir ?
C’est définitivement quelque chose que j’aimerais faire. Un album permet de raconter une histoire plus complète et d’explorer différents univers sonores dans un tout. C’est un projet qui demande du temps et une vraie vision, mais je pense que je suis prête à m’y consacrer (qui sait, peut-être l’année prochaine!).
Tu as évoqué l’importance du son pour toi, en particulier le facteur émotion qu’il te fait ressentir. Penses-tu que la musique a un effet thérapeutique ?
Oui, je crois profondément que la musique a un pouvoir thérapeutique. Elle peut apaiser, libérer des émotions, ou même nous aider à mieux comprendre ce qu’on ressent. Que ce soit sur le dancefloor ou seul chez soi, la musique permet de se connecter à soi-même et aux autres d’une manière très puissante.
Dans ce cas, quel serait le plus beau compliment que l’on pourrait te faire, artistiquement parlant ?
Qu’un de mes morceaux ait accompagné quelqu’un dans un moment important de sa vie, ou qu’il ait aidé quelqu’un à se sentir mieux. Savoir que ma musique a créé une émotion ou une connexion chez quelqu’un.
Lors d’un vlog récent avec Radio Canada, tu as confié faire un métier de rêve, mais qu’il fallait en payer le prix pour vivre cette vie-là… Quelles sont les principales difficultés dans la vie d’un DJ/producteur ?
La solitude et le fardeau sur son corps peuvent être difficiles, surtout avec tous les voyages. Il y a aussi beaucoup de pression pour toujours être présent et actif sur les réseaux sociaux et maintenir une certaine visibilité et un momentum. C’est un métier où on donne beaucoup d’énergie aux autres, mais il faut apprendre à se préserver pour ne pas s’épuiser.
Depuis la triste disparition d’Avicii, il y a quelques années, les artistes prennent de plus en plus la parole sur cet aspect négatif. Certains headliners font des pauses et pointent du doigt le surbooking, d’autres alertent sur les dangers de faire la fête sans protéger nos tympans. Selon toi, est-il important qu’un artiste endosse le rôle de personnalité publique pour faire de la prévention auprès de son public ?
Je pense que chaque artiste a une responsabilité, surtout dans notre industrie où la fête et les excès peuvent parfois être normalisés. Il est important d’encourager des comportements sains, que ce soit pour la santé mentale ou physique, et de rappeler que la musique doit rester une expérience positive avant tout.
Quelle est ta vision concernant l’évolution de la scène électronique mondiale ces dernières années, notamment si on considère l’impact des réseaux sociaux, du streaming et de l’IA ?
Les réseaux sociaux ont permis à beaucoup d’artistes émergents de se faire connaître, mais ils ont aussi créé une énorme pression pour produire du contenu constant. L’IA et le streaming changent aussi la manière dont on consomme la musique, mais je crois que l’humain restera toujours au cœur de la création musicale. Les artistes qui arriveront à rester authentiques se démarqueront toujours.
Quels sont tes projets à venir pour la suite de cette année ?
Je vais continuer à travailler sur de la nouvelle musique, avec l’idée de développer mon premier album. J’aimerais aussi lancer un label, organiser des événements et créer des collaborations artistiques à Montréal et ailleurs.
Merci d’avoir répondu à nos questions. As-tu un dernier message à faire passer ?
Merci à vous pour l’interview ! Petit mot de la fin: Fuck Trump.
Interview préparée par : So & Valso

