© Oce-B / Valliue

Afin de promouvoir l’édition 2025 du Garosnow, on a passé quelques minutes en compagnie de Ludovic Larbodie, fondateur du géant festival Garorock. De ce qui est prévu en janvier, à son amour pour la musique électronique, en passant par l’état d’esprit de la marque « Garo »… Retrouvez l’intégralité de ses propos ci-dessous :

Bonjour Ludovic ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Salut, moi c’est Ludo ! Je suis le fondateur et programmateur du Garorock depuis maintenant 29 ans. Je travaille à côté sur d’autres événements comme le Garosnow, que j’ai créé il y a 22 ans. On va dire que c’est le petit frère de Garorock, sur les pistes, plus convivial et accessible à toutes les personnes qui aiment skier ou non.

C’est la question de base de notre site : quelle est ta définition de la musique électronique ?

Pour moi, c’est tout simplement faire danser les gens !

Lancé en 2003, le nom Garosnow a pris son appellation en 2013, un an après que le mastodonte Garorock ait quitté le Parc des Expos pour la Plaine de la Filhole. Est-ce que cette période a été un tournant pour la marque “Garo” dans la conscience collective ?

Tout à fait ! Justement, je voulais créer une marque et un état d’esprit. La fête, la convivialité, l’amour de la musique et de la danse… Je voulais créer une communauté autour de la marque Garorock / Garosnow. C’est là aussi où on a mis en place les “RFID” (ndlr : les puces des bracelets festivaliers) avec la récupération de la data, afin de créer une vraie communauté qui se retrouve autant l’hiver que l’été pour faire la fête et danser. Le tout dans de superbes endroits, que ce soit montagneux ou de la verdure sur la Plaine de la Filhole.

Le Garosnow est souvent à consonance électronique. Est-ce un choix fait par rapport aux festivaliers ciblés, un plaisir personnel de ta part ou pour des raisons de logistique ?

Les trois (rires) ! Mon kiff perso forcément, parce que j’adore la musique électronique. La logistique, certes. Ce sont des lieux qui ne sont pas forcément des salles de concerts, donc plus ou moins adaptés. Même si on essaye quand même de faire du live avec Breton dans le passé ou encore Manudigital cette année. Quand on peut, on le fait. Après, je pense que c’est le bon format aussi en hiver. Il faut que ce soit festif. Le ski, c’est les vacances… Tu viens t’amuser !

Cette année, le festival se déroulera début janvier aux Angles, puis à St-Lary courant janvier. Dans le passé, d’autres stations mythiques ont été servies comme Ax, Peyragudes ou encore Cauterets. Comment sont choisies les stations ?

Sachez que nous, on ne choisit pas les stations. Par exemple les Angles, c’est un appel d’offres. Puis maintenant, c’est aussi une histoire d’amour ! Saint-Lary, c’était grâce à Nathan Exposito qui a travaillé là-bas avec Red Bull, qui avait envie d’un événement musical pour renouveler un peu l’image de la station. Après, on s’est fait jeter par Luchon. En général, ce n’est jamais nous. Bon maintenant, je pense que l’on a quand même établi nos bases avec les Angles. Saint-Lary, j’espère qu’on ne va pas bouger de sitôt parce qu’on y est très bien ! Les bases sont bonnes, ce sont deux belles stations.

Est-ce que le Garosnow te permet de tester les artistes avant de les programmer au Garorock ?

Tout à fait ! Même souvent, ils font les deux. Mais oui, c’est un tremplin. C’est aussi le fait de se rencontrer ! J’aime bien connaître les artistes. C’est hyper convivial, on est ensemble pendant trois jours. On mange ensemble, on skie ensemble, on dort ensemble… Non, je déconne (rires) ! Ça permet vraiment de créer une connivence comme avec Mosimann, Popof, Feder, Vitalic ou tous les autres. À la fin, on devient amis et ça nous permet aussi de passer de meilleurs moments tous ensemble.

Est-ce qu’organiser ce festival à taille humaine est nécessaire pour toi, afin de plus en profiter, en parallèle du Garorock ?

Ouais, même si Garorock je le vis comme à taille humaine parce que je m’éclate avec les festivaliers, j’aime bien les gens (sourire). Ce que j’adore à Garosnow, c’est que tu es sur les skis… Et à côté, tu as Vitalic qui va faire une descente. Ça, tu peux pas le faire à Garorock ! À Garorock, le mec est sur scène, il prend son tour bus et s’en va. Toi tu es fan, tu passes deux jours avec tes artistes que tu kiffes, c’est une grande colonie. Tu vois, cette année, Perceval m’a demandé de rester deux jours de plus, Dirtyphonics aussi, pour faire du snowboard. Donc tu vas peut-être en faire avec eux alors que ce sont des artistes que tu kiffes ! Franchement, aucun autre festival ne te le permet. C’est vraiment ultra convivial, ultra festif, et ça permet de rencontrer tes artistes préférés. Du moins, les gens que tu aimes !

Garosnow, Garoparty… Est-ce que tu as déjà pensé à un autre format, par exemple proche du littoral à la mi-saison (Garocéan, Garosurf…) ?

Le problème est qu’on y a déjà pensé, mais je me dis que Garorock est déjà au mois de juin/juillet… Refaire un Garorock au mois d’août n’a pas vraiment d’intérêt. Je pense que l’on a vraiment les deux bons formats. On a essayé Garospring mais ça ne nous a pas vraiment rendu service. Au mois de mars, on a déjà trop la tête dans le Garorock. Mine de rien, l’organiser représente quand même six mois de boulot intensif. On rentre dans le dur à partir de février environ. La programmation se fait de septembre à novembre, les plans techniques etc. Et à partir de février, on est à fond sur l’organisation parce que le montage attaque en mai. Ça va très vite !

On connaît évidemment ton amour pour le rock ! On aimerait savoir quel est ton rapport avec la musique électronique ?

Alors je viens du rock, mais aussi du reggae, du dub. J’ai rencontré la musique électronique il y a environ 30 ans. J’adore aussi le hip-hop. Je viens donc de tout ! J’aime beaucoup tous les styles musicaux, avec aujourd’hui un penchant fort pour la musique électronique forcément, mais sans m’éloigner du reste. Je dirais que pour moi, l’électro c’est mon histoire. La danse, les teufs, les premières raves que j’ai organisées en 1995… C’est quelque chose qui fait partie de mon ADN, mais comme le reste. Je n’arrive pas à donner un genre qui me représente ! Sauf la chanson française, j’en ai rien à fo*tre (rires).

On sait que tu aimes dénicher des pépites, mettre en avant des artistes émergents. Si tu peux souffler à nos lecteurs quelques artistes électros qui méritent une attention particulière ?

En ce moment, ce qui m’éclate, c’est un peu la hard techno ! J’aime bien Eczodia, Nico Moreno, Perceval… On a fait Trym, on fait I Hate Models que j’adore, c’est un local en plus, un Agenais (sourire). Après dans les pépites que l’on va retrouver à Garosnow, il y aura Leblanc. J’adore sa musique très minérale, très Paul Kalkbrenner, avec un côté un peu classique à la Worakls. Il me tarde de le voir ! Perceval, forcément, parce que c’est un phénomène qui me fait rire. Popof, c’est mon chouchou, ça doit faire peut-être vingt fois que je le fais jouer (rires). Il me tarde aussi Manudigital, Canelle Doublekick, Mosimann… En fait, j’ai envie de tous les voir, ils ne sont pas là par hasard (rires) !

Avec toutes ces années événementielles que tu as faites, as-tu une anecdote électronique, qu’elle soit insolite ou non, à nous partager ?

En 1995, au bord d’un lac, je fais venir les Spiral Tribe que j’avais rencontrés à Londres. Ils ont installé leurs camions et tout ce qui va avec. J’étais jeune, je ne me rendais pas compte de qui je faisais venir. Ils sont restés mixer dix jours. On était là pour trois jours, et ça a duré dix jours. Impossible de les virer, ils en avaient rien à fo*tre (rires) ! Sauf que le 18 juin 1995, c’étaient les élections et mon père était le premier adjoint du maire. Forcément, celle liste a sauté à cause de moi, parce qu’il y a eu le b*rdel pendant dix jours (rires) ! Ils ont voté contre les élus, et le festival n’a pas perduré. La preuve, ils nous ont foutu dehors, ainsi que mon père et ses copains (rires) !

On approche de la fin. Quartier libre pour la promo de Garosnow 2025 ! Quels sont tes arguments pour convaincre les festivaliers ?

Il y a 1m50 de neige, du Ricard, des artistes de fou… Je ne sais pas, il n’y a pas mieux (sourire) ! Si tu trouves mieux à faire que Garosnow au mois de janvier, tu m’appelles. À mon avis, c’est mort ! Par contre, il faut se dépêcher parce qu’on est déjà à plus de 80% de réservations. C’est incroyable, mais franchement je pense qu’il faut venir, si vous me faites confiance !

Merci d’avoir répondu à nos questions ! As-tu un dernier message à faire passer ?

Bonnes fêtes, amusez-vous bien et bonne année ! J’espère que 2025 sera meilleure que 2024. Et arrêtez d’écouter les médias télévisés et toutes leurs conn*ries (sourire). Bonnes fêtes et bonne année les copains !

Préparation, réalisation et retranscription par Valso

Pour en savoir plus sur Garosnow 2025, rendez-vous sur le site officiel !

By Valso

2 thoughts on “Interview : Ludovic Larbodie (Garorock / Garosnow)”

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