© John Liwag

Fer de lance de la nouvelle génération de producteurs Trap, ISOxo teasait la sortie de son premier album depuis des mois. C’est à l’aube de la fin d’année que l’Américain nous livre « kidsgonemad! », un long format de 13 titres où il s’affirme comme un artiste complet !

Cet album ambitieux narre tout le processus menant à l’émancipation personnelle, avec ses hauts et ses bas, s’appliquant autant à la sphère privée qu’artistique de son auteur. En effet, après la hype cristallisée autour de son EP « Nightrealm », Julian Isorena s’est parfois senti piégé par un public grandissant, redoutant les désapprobations du noyau dur ou les retours des nouveaux venus.

C’est surement pour ça que l’album s’introduit sur le couple formé par le titre éponyme et « dontstopme! » : on retrouve la Trap dévastatrice qui a fait sa réputation, aux sonorités identifiables entre mille et retournant les foules en un rien de temps. Un moyen de reprendre les choses là où il les avait laissé et de mettre sa fanbase en confiance, avant de très belles explorations.

Si « MOONSPELL » captive par sa guitare ensorcelante, la surprise est de taille lorsqu’on découvre ces sonorités UK Bass qui sont inédites pour l’artiste. Des sonorités nerveuses et variées, mais d’une subtilité contrastant avec l’explosivité des titres précédents. Ça s’accélère pour la suite, assurée avec « VOXCUTR », qui lorgne vers des rythmes Speed House tout en ayant une ambiance plus intrigante grâce à des vocaux finement découpés. « PRESSURE » prend le relais sur l’intro, avant de surprendre l’auditeur en revenant frontalement à cette Trap percutante. Une belle feinte avant une plongée plus mélodique …

C’est en guise d’interlude que « fragile » nous enveloppe dans un cocon, avec cette progression mélancolique et ces pianos d’une légèreté plus que bienvenue. Il sert également d’introduction à « how2fly », mêlant à merveille rythme effréné pour les clubs et mélancolie teintée d’espoir sur le plan mélodique. « STARsound » reprend le flambeau, avec une haletante montée en pression avant un drop nerveux et syncopé, mais aussi une fin plus organique aux surprenantes sonorités Indie Rock mettant en valeur à merveille la voix de fussy.

« SKYLIT » poursuit sur ce chemin enchanteur, mais détonne en ramenant des sonorités Trance et Future Rave. Un titre beaucoup plus club qu’à l’accoutumée, qui pourrait même trouver sa place dans des sets d’Armin van Buuren ou de MORTEN ! Cependant, la récréation sonore prend fin avec un nouveau combo Trap idéal pour les moshpits : « IGNORANT » nous replonge avec plaisir dans l’énergie de l’ère « Nightrealm », tandis que « OK!OK!OK » en compagnie de Wavedash est dopé aux lazer synths frénétiques. Épileptiques, abstenez-vous !

L’ambiance se veut moins démonstrative sur la fin de l’album, tout en renouant avec des ouvertures. En compagnie de Ninajirachi, il livre un surprenant mélange entre Hyperpop, Techno et Drum & Bass sur « SHYPOP ». La clôture se veut sous le signe d’une sérénité retrouvée avec l’Hyperpop nostalgique de « growing pains », apportant une touche plus contemplative à l’ensemble.

C’est donc un véritable voyage musical et personnel qui nous est ici proposé, d’une grande cohérence malgré la diversité exposée. Mention également aux transitions, renforçant la fluidité de l’écoute et consolidant encore plus les morceaux. ISOxo s’affirme définitivement en tant qu’artiste, et rentre dans la cour des grands avec la manière !

By Mike

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